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Fuir ou réfléchir ?


Le PS va mal et à ce rythme, il ne restera bientôt plus grand monde…

C’est pourquoi, aujourd’hui, je désapprouve la stratégie de Benoît HAMON. Il a apporté des idées neuves dans le débat de la primaire mais  sa campagne pour la Présidentielle ne fut pas bonne. Et ce, malgré un magnifique meeting à Bercy.

Je regrette sincèrement aujourd’hui qu’il ait décidé de quitter le PS sans rendre des comptes sur ses responsabilités. Oui, pour moi, quand on a des responsabilités, on doit rendre des comptes aux personnes qui nous les ont données. Je ne peux m’empêcher donc de voir dans cette attitude un manque de courage.

J’avais, d’ores et déjà, désapprouvé les frondeurs. J’avais ensuite désapprouvé pleinement ses soutiens à des candidats qui s’opposaient aux socialistes pour les législatives. Pour autant, j’avais suivi une ligne, ma ligne, celle de la loyauté à un parti qui m’a, en partie, construit et qui nous a permis de gagner de belles victoires. Fuir, n’est jamais une solution pour régler les problèmes.

Rester, c’est donc mon choix mais, alors pour quoi faire?

Il me faut réfléchir à ces questions clefs :
Y a-t-il une différence entre gauche et droite ?
Si oui, peut-on travailler avec le centre et la droite dans certains cas ?
Si oui, lesquels ? Comment, désormais, se retrouver demain et pour quoi faire ?
Peut-on être dans un parti où coexistent des pros et des antis Europe ?
Si oui, comment se déclarer pro-européen avec des solutions différentes ?
Comment arbitrer ?
Comment gouverner avec des députés qui respectent l’arbitrage ?
Quelle est la position de la gauche sur la répartition des richesses ?
Comment mieux intégrer les 3e générations d’immigrés qui sont français et se reconnaissent moins que leurs parents dans la République ?
Comment se préparer aux migrations économiques et climatiques ?
Faut-il opposer liberté versus sécurité ?
Etc.
In fine, qu’est-ce qu’être de gauche au XXI siècle ?
Et surtout comment éviter les trajectoires trop individuelles alors que c’est un collectif cohérent dont on manque terriblement ?

J’espère sincèrement pouvoir répondre à ces questions après l’été. Elles  doivent restructurer le PS dans le cadre d’un congrès qui est une véritable urgence.

Commentaires

Commentaire de Patural
Date: 4 juillet 2017, 10:43

je ne suis plus seul , à suivre

Commentaire de agier
Date: 4 juillet 2017, 11:58

Bonjour Mr Philip, restez fidèle à vos idées, comme j’essaie de rester fidèle aux miennes.
Malgré tout, on peut approuver une décision ou une idée qui vient du camp adverse.
Je vous apprécie beaucoup.
Alors, je trouve indécent de quitter le parti en ce moment. Restons unis, il y a encore des beaux projets à écrire.
Je n’ai pas la carte du Ps, je suis sympathisant.

Commentaire de Brachet
Date: 4 juillet 2017, 22:36

Thierry, t en a pas mare de donner des explications qui ne servent pas beaucoup.
De temps en temps et à ton âge faut dire les choses simplement .
À toi de trouver la formule.

Commentaire de Thierry Philip
Date: 5 juillet 2017, 11:06

T’es un peu dure ;) ! A quand un déjeuner ?

Commentaire de Jean Philippe
Date: 5 juillet 2017, 13:30

Tout à fait d’accord avec ses propos ! Analyse juste. Il faut un collectif cohérent.

Commentaire de Laurent Bonnard
Date: 5 juillet 2017, 22:25

NE PAS SE RESOUDRE AU GLOUBI-BOULGA…

A chaque élection qui passe, le doute s’amplifie. Dans nos esprits, dans le mien chagrin. Nous essayons de démêler ces questions qui s’entortillent. Progressiste, le suis-je toujours ? Mon voisin est-il de gauche ? Le clivage droite-gauche : fake ou réalité ? Ah ces grandes questions ! Que faire pour enrayer ce délitement de nos valeurs, de nos principes soi-disant immuables… que répondre à ceux qui affirment que la société française s’est définitivement perdue ?

Non : trois fois NON.

Je ne m’y résous pas et j’ose croire qu’autour de moi d’autres ne se font pas à l’idée que tout serait noyé dans ce gloubi-boulga insipide servi par un rassemblement de néo-centristes avides de ne rien repenser en profondeur et expérimentateurs d’une nouvelle pratique politique : la purée médiatico-technocratique. Ou peut-être doit-on parler d’un nouveau rata préparé par les dépossédés de maroquins ministériels ou de strapontins bourbonesques ou par des militants privés d’investitures dans les « old parties »?

Mais ne versons pas dans l’acrimonie au risque de paraitre soi-même frustré et de donner à voir un visage méprisant.
Restons simples et engageons-nous plutôt à démêler ce qui s’entortille et à rassembler ce qui est épart.
Je propose de partager des choses simples qui m’apparaissent comme consubstantielles de la Gauche.

- J’aime entendre affirmer qu’être de gauche c’est donner la primauté à la Solidarité avec ceux qui n’ont rien ou pas grand-chose, ceux pour qui l’ascenseur social ne s’est jamais mis à grimper.

- Je continue à vouloir me placer du côté des plus faibles face aux déséquilibres patiemment organisés par ceux qui ont trop et ne veulent rien partager. A l’évidence pour moi, dans une société française toujours plus riche, il s’agit d’agir contre la pauvreté, de permettre l’accès aux soins, l’accès à l’Education tout au long de la vie, l’accès aux droits, à un logement décent : avec des services publics qui redistribuent.

- Je dis qu’il n’est pas démodé de penser que l’Emancipation de l’individu est favorable à une société plus équilibrée et plus heureuse.

- Je dis que cette émancipation passe par l’Education qui fait reculer les obscurantismes et les communautarismes de tous ordres et permet de rassembler une société imaginative qui n’exclut plus mais favorise l’accomplissement individuel et le bonheur (dont les critères restent néanmoins à définir).

- Je dis qu’une meilleure répartition des richesses n’est pas seulement un doux rêve et que la poursuite de l’accumulation libérale - non productive - fait prendre un bien trop grand risque social à nos sociétés fragiles.

- Je dis qu’il faut lutter contre l’idée que la liberté individuelle passe par l’accumulation de richesses… au risque de démantibuler notre contrat social déjà bien faiblard.

- Je persiste et je signe pour considérer que l’effet levier du collectif reste d’une extraordinaire puissance face à l’individualisme égoïste qui a, hélas, pris ses quartiers depuis plusieurs décennies dans nos sociétés fragmentées. Je crois aussi à la démocratie participative.

- Je me battrai toujours contre le racisme et toutes les formes d’exclusions : pour la Paix. En cela je suis aussi profondément Européen et internationaliste.

C’est très spontanément résumé mais c’est autour de ces quelques principes que je me reconnais comme citoyen de gauche et que j’aime à en rencontrer d’autres pour imaginer faire évoluer notre société.

Mais je reconnais aussi que certains points sont loin d’être aussi évidents et nous séparent idéologiquement. Certains débats nous divisent sur le fond, beaucoup d’autres nous séparent sur la forme et la méthode.
Par exemple, je crois en la valeur travail, tout en reconnaissant que philosophiquement nous pourrions dépasser le risque – toujours latent – d’une forme d’asservissement pour imaginer d’autres formes d’accomplissement personnel et collectif. Vers une société où l’Humain prime et où les indicateurs de niveau de vie ne soient plus le PIB ou le CAC40 mais plutôt le Bonheur national brut… Mais en l’état, je défends qu’il est prioritaire de permettre à chacun de vivre décemment de son travail.

Autre exemple de division : la social-démocratie serait une forme cachée et pernicieuse d’un libéralisme ravageur et il n’y a d’autres solution pour faire progresser l’Humanité que la lutte des classes et la révolution. Je crois au contraire que, sans perdre de vue l’essentiel, nous pouvons faire évoluer nos sociétés en inventant de nouvelles formes de rapports de force s’appuyant sur la fonction délibérative et la démocratie directe. En-cela les nouvelles technologies d’information et de communication doivent pouvoir nous aider sans pour autant oublier la puissance des agoras et de la rencontre humaine.

D’autres points nous divisent : société du « care » contre matérialisme, revenu universel contre droit au travail, services publics face au poids de la dette, réformisme contre révolution, code du travail contre flexibilité, 6ème République contre réformes des institutions et moralisation de la vie publique… Mais ces débats ne peuvent-ils pas trouver leur place dans un vaste mouvement de refondation de la gauche française réformiste qui formerait un « maul » pour porter à l’avant les questions essentielles ?

En guise de conclusion provisoire, je crains que l’hypothèse Macron ne nous mène à de grandes désillusions. Je crains qu’elle ne résiste pas très longtemps, fabriquée de bric et de broc et parcourue de tels antagonismes idéologiques qu’elle ne tardera pas à montrer son vrai visage : celui du prêt-à-consommer politique, d’un « drive » démocratique qui propose aux électeurs un panier « malin » de recettes toutes faites… mais dont l’aboutissement risque fort d’être la continuation des logiques précédentes sans grande imagination et au risque - déjà maintes fois redouté - de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite dans 5 ans.

Du coup, nous n’avons que peu de temps pour construire - à gauche - une vraie alternative, un vrai projet à la fois réaliste mais qui donne aussi envie de rêver. Mais nous avons les forces pour le faire : nos penseurs, nos intellectuels, le bon sens de nos militants et notre Humanisme n’ont pas disparus ! Faut-il seulement que quelques-uns, désintéressés, se rassemblent, se retroussent les manches en évitant soigneusement de retomber dans le jeu des courants, des écuries, dans les divisions infécondes.

Il y a du travail et c’est passionnant non ?
Laurent Bonnard

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