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10 ans Prévention Cancer Environnement


Symposium “10 ans Prévention Cancer Environnement” du Centre Léon Bérard



J’ai créé le département Cancer Environnement en 2008 avec Béatrice Fervers.

A l’occasion de cet anniversaire, j’ai utilisé le diaporama ci-joint pour expliquer le pourquoi de cette création et comment les choses avaient évolué pour aboutir à ce grand département de 50 personnes aujourd’hui.

clic diapos

Pour plus de détails   clic lien

Troisième épisode


Qu’ajouter à tout ce qui a été dit sur le confinement lors des deux premiers épisodes ?

Peut-être faut-il maintenant tout simplement se taire et accepter que la mort fasse partie de la vie ce que rappelle les attentats et les pandémies …

J’aime beaucoup ce qu’écrit Elian Cuvillier, professeur de Théologie à l’Institut protestant de théologie-Faculté de Montpellier. Je partage donc aujourd’hui cette citation de James Baldwin qu’il aime à citer :

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« La vie est magique simplement parce que la terre tourne et que le soleil se lève et se couche inexorablement et parce ce que le jour viendra pour chacun d’entre nous où le soleil descendra pour la dernière fois. Peut-être l’origine de toutes les difficultés humaines se trouve-t-elle dans notre propension à sacrifier toute la beauté de nos vies, à nous emprisonner au milieu des totems, tabous, croix, sacrifices de sang, clochers, mosquées, races, armées, drapeaux, nations, afin de dénier que la mort existe, ce qui est précisément notre unique certitude. Il me semble à moi que nous devrions nous féliciter de l’existence de la mort - nous décider à gagner notre mort en faisant passionnément face au mystère de la vie. Nous sommes responsables envers la vie. Elle est le petit point lumineux dans toutes ces terrifiantes ténèbres desquelles nous sommes issus et auxquelles nous retournerons. Il nous faut négocier ce passage aussi noblement que nous en sommes capables par égard à ceux qui viendront après nous ».

Hommage au Prince PHILIP


Le duc d’Édimbourg photographié par Allan Warren en 1992.

Le Duc d’Edimbourg né Prince de Grèce et de mère allemande était d’abord un marin et un vrai héros de la 2ème Guerre Mondiale (il a sauvé ses hommes par un stratagème, seul bateau non coulé par une flotte allemande).

Le grand-père du côté de sa mère est un Mountbatten, nom de famille qu’il adoptera pour épouser Elizabeth, mariage qui va durer 74 ans.

En 1952, il devient Prince Consort, “roi des gaffes” dit-on mais aussi père de 4 enfants et soutien constant de la Reine malgré les nombreuses maîtresses qu’on lui prête.

Comme l’a écrit un journal britannique, il reste la Reine qui ce jour de sa mort refermera la porte du 20ème siècle. Philip en a été un acteur.

Retour à Izieu


Par Stéphane Nivet, délégué général de la LICRA

Se rendre à la maison d’Izieu, aux confins de l’Ain, de la Savoie et de l’Isère, c’est déjà comprendre une partie du sujet auquel on s’apprête à être confronté. C’est mesurer, chemin faisant, l’immensurable abîme entre la vie innocente de 44 enfants, âgés de 4 à 17 ans, et une haine mondialisée – l’antisémitisme – venue les rattraper un matin de printemps 1944. C’est être pris par cet effroyable jeu d’échelles qui en permanence vous oblige à relier deux niveaux d’observations différents, celui de la dimension d’un enfant à celui de la dimension d’une extermination de masse. C’est de cette difficulté, de cette incapacité à sortir de cette mécanique contradictoire qui a écrasé les distances avant d’écraser les individus, que naît probablement le sentiment d’un drame impénétrable mais aussi celui d’un drame universel. Aller à Izieu, c’est être placé devant un contraste permanent, à un clair-obscur déchirant qui vous porte sans cesse de la lumière aux ténèbres, du bonheur au malheur, de la beauté à l’abjection, du paradis à l’enfer.

La maison d’Izieu est belle. Posée sur les contreforts méridionaux d’un chaînon calcaire du Jura dont elle arbore la belle couleur blanche, elle domine les lieux. Au loin les Préalpes et le Massif de Chartreuse, les lacets lascifs du Rhône, les cascades qui défilent vers lui. C’est un vrai havre de paix et de sérénité que tout portait à servir d’écrin au bonheur de l’enfance, jusqu’à son domonyme, « Villa Anne-Marie », renvoyant au prénom de la fille la propriétaire des lieux. Ses deux étages, son toit de tuiles arrondies à quatre pans, sa terrasse allongée embellie de fer forgé, sa fontaine élégante, la cloche du réfectoire, son allée de mûriers, l’imposante magnanerie héritée d’un passé séricicole, les pignons à redents de ses dépendances : tout devait paraître immense et merveilleux dans les yeux de ces enfants perdus dans la tourmente. Quand le sous-préfet de Belley de l’époque, Pierre-Marcel Wiltzer, fait visiter les lieux à Sabine Zlatin en 1943, il lui lance, serein : “Ici vous serez tranquilles”. Pourtant, le matin du 6 avril, alors que les habitants du lieu participent à la messe du Jeudi Saint, une unité de la Wehrmacht venue de Belley et accompagnée par la Gestapo de Lyon, sur ordre de Klaus Barbie, déferle sur la colonie, arrache 44 enfants et leurs 7 accompagnateurs à la liberté et à la vie.

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Sur la façade de la maison, la vie des enfants d’Izieu et de leurs accompagnateurs est désormais figée, gravée dans la pierre qui figure leurs noms sur le martyrologe inauguré par Laurent Casanova, ministre des Anciens combattants et des victimes de guerre, le 7 avril 1946. Il faudra attendre le 17 juin 1987 pour que cette abstraction froide reprenne vie, un instant, quand Me Serge Klarsfeld, dans sa plaidoirie contre Klaus Barbie, égrènera le cours de ces existences brisées. Cette évocation est bien davantage qu’une simple prosopographie dictée par la nécessité des parties civiles d’un procès. C’est l’arche des Juifs d’Europe qui d’un seul coup affleure dans la lumière. La liste de leurs villes natales suffit à le comprendre : Mannheim, Varsovie, Vienne, Bruxelles, Paris, Oran, Palikao, Anvers, Argenschwang, Odessa, Egelsbach. A Izieu battait, pour reprendre les mots de Romain Gary écrits en 1944 dans Éducation européenne, « le pouls de la liberté, ce battement souterrain et secret qui montait (…) de tous les coins de l’Europe ». C’est au centre de cette même Europe que ce pouls, pourtant, cessera de battre, pour la plupart des victimes de la rafle, à Auschwitz.

La maison d’Izieu, juchée sur la route de Lambraz, est désespérément vide. Les tables d’écoliers, le réfectoire, les dessins des enfants, les restes de leurs courriers à leur famille ne font que souligner, en creux, une irréparable absence. La mémoire tente d’y pourvoir depuis l’immédiat après-guerre. Mais une fois encore, le passant, qu’on invite à se souvenir à l’impératif est vite rattrapé par les pièges du passé. A dire vrai, le souvenir de ces enfants martyrs a toujours été entretenu, même de manière incomplète. Le 7 avril 1946, c’est tout un territoire qui s’unit dans une commémoration inédite : 3000 personnes sont là : des enfants, des élus, un ministre, les représentants de l’État, du clergé, de l’éducation nationale, des tirailleurs sénégalais. Rien ni personne, ou presque, ne manque pour évoquer le drame d’Izieu. Plus de 771 communes ont participé à une souscription pour financer le monument du carrefour de la Bruyère et la plaque apposée sur la maison. C’est un événement populaire et massif, composé à la manière de son époque : on chante « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine », les actualités évoquent une colonie « d’enfants de déportés et d’Alsaciens-mosellans », on parle des enfants mais leur judéité n’est pas mise en avant ou évoquée en filigrane. Gaston Lavoille, directeur du Collège de Belley où certains des enfants furent scolarisés, évoque des jeunes « de confession israélite ou catholique ». Aucune envie d’aller plus loin dans la qualification de la catastrophe. Aucune envie non plus de masquer quoique ce soit, encore moins les évidences, à l’image de l’étoile de David dessinée autour du visage des enfants par Sabine Zlatin au pied de l’obélisque de Brégnier-Cordon ou de la présence à la cérémonie du grand rabbin de Lyon, Salomon Poliakoff.

L’heure n’était tout simplement à rien d’autre qu’à regarder sans les distinguer toutes les victimes du nazisme avec les mêmes yeux, stupéfaits par un crime innommable, et à désigner dans un geste unificateur une catastrophe qui mettrait encore plusieurs décennies à devenir la Shoah. L’heure n’était pas encore venue pour expliquer pourquoi les nazis ont fait descendre de leur camion pour l’épargner le petit Marcel Wucher, seul enfant non-juif arrêté parmi les enfants de la colonie le 6 avril 1944. Il a fallu du temps, beaucoup de temps, beaucoup trop de temps sans doute, pour comprendre cette « tragédie juive » (Serge Klarsfeld), pour expliquer que différencier la nature du crime commis contre juifs n’enlevait rien aux autres victimes du nazisme et que mal nommer les choses, assurément, ajoutait aux malheurs du monde. Et à l’approche du procès Barbie, chacun a pu mesurer la difficulté de l’exercice qui, in fine, fut tranché par la Cour de Cassation, sur la question de savoir qui, parmi les victimes du « boucher de Lyon », était recevable ou pas au statut de victime d’un crime imprescriptible, d’un crime contre l’Humanité.

Les voix d’enfants qui résonnent aujourd’hui à la Maison d’Izieu sont celles des groupes d’élèves venus visiter le lieu. Car la maison d’Izieu est devenu un lieu de la Mémoire nationale depuis le décret du 3 février 1993 qui l’institue comme tel, aux côtés du Camp de Gurs et du Veld’hiv. Mais les élèves qui aujourd’hui visitent ce Mémorial font bien davantage. Ils visitent un « Lieu de mémoire » dans toutes les acceptions du concept forgé par Pierre Nora, à savoir à la fois un lieu matériel et géographiquement situé et en même temps un symbole, « abstrait et intellectuellement construit », grâce au travail des historiens, de l’antisémitisme. A Izieu, un objet porte la charge de ce double sens. C’est une cloche. Elle servait à l’appel des enfants lorsque l’heure des repas et des cours arrivait. Elle est toujours là. Elle résonne encore. Cette cloche est un lieu de mémoire. Elle symbolise autant l’objet qui rythmait la vie des enfants cachés que la cloche qui allait resurgir, un jour, à la face de leur bourreau. Au moment de prendre la défense de Barbie, le 1er juillet 1987, Me Jacques Vergès est interrompu dès ses premiers mots par les cloches de la primatiale Saint-Jean-Baptiste voisine du Palais de Justice et qui se mettent à sonner à toute volée de longues minutes durant, l’obligeant à se taire. Certains y virent un signe d’une providence goguenarde sommant la défense de se soumettre, un moment, au silence et à la volonté de Dieu. Chacun peut espérer ce qu’il veut. Mais Brégnier-Cordon, un indice nous met sur la piste pour répondre à cette interrogation. Il s’agit du début d’un vers du poète John Donne, choisi par Sabine Zlatin, la fondatrice de la Colonie, pour évoquer la tragédie du 6 avril 1944 : « Tout homme est un morceau de continent, une part du tout. La mort de tout homme me diminue parce que je fais partie du genre humain ». La fin de ce sonnet n’a pas été gravée, mais au regard de l’histoire de cette interruption de plaidoirie, elle aurait pu l’être : « aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne ».

77e anniversaire de la rafle d‘ IZIEU


Elus, personnalités de la région et membres de la maison d'Izieu étaient présent pour rendre hommage aux 51 déportés.

Elus, personnalités de la région et membres de la maison d’Izieu étaient présent pour rendre hommage aux 51 déportés. © O. Michel / FTV


Dans des circonstances particulières mais en direct sur « youtu.be », cette cérémonie en petit comité a permis de revenir à la cérémonie du 6 avril 1946 qui est le début de la mémoire devant 3000 personnes.

J’ai partagé avec le sous-préfet, le président de la Région et celui du Conseil départemental cette cérémonie particulière mais intense.

Voici mon discours. On peut trouver beaucoup d’autres moments de cette belle journée sur le site.

clic video et discours

Bertrand par Thierry Frémaux


Je vous fais partager ce jour cet émouvant hommage rendu à Bertrand Tavernier par son ami Thierry Frémaud, directeur artistique de l’institut Lumière :


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Photos Progrès - Pierre Augros

“Bertrand Tavernier a été inhumé 30 mars, à Sainte-Maxime, à l’issue d’une cérémonie privée. Il a choisi de partir au début du printemps pour que les belles journées de soleil qui arrivent nous aident à tenir le coup. “Bertrand a été inhumé hier” : j’ai du mal à m’habituer à cette phrase, à cette idée, à cette tristesse.


J’ai rencontré Bertrand Tavernier à Lyon au Château Lumière lorsqu’il est venu annoncer qu’il serait le premier Président de l’Institut Lumière naissant. C’était l’époque de Coup de torchon, extraordinaire film, 2 millions d’entrées, de nombreux Césars. Son prestige était au zénith. Je l’admirais depuis toujours, j’étais devenu cinéphile avec le cinéma français des années soixante-dix dont il était une voix tonitruante et singulière. Comme j’étudiais les années lyonnaises de la revue Positif pour un mémoire de maîtrise d’Histoire à Lyon 2, j’en profitai pour l’interroger sur son compagnonnage avec la revue. C’était surtout un prétexte pour parler avec lui. Quand je lui ai proposé mes services pour être bénévole dans la future institution, il m’a dit : “On est très seuls. Bienvenue !” Puis, j’ai vu, ébloui, La Sortie des Usines Lumière. Il y a des jours qui comptent plus que d’autres, dans une vie. C’était en juin 1982. Je n’ai jamais quitté la rue du Premier-Film.


Nous sommes vite devenus amis. Après avoir passé quelques jours sur le tournage de La Vie et rien d’autre, je n’ai plus voulu m’éloigner de lui. Nous avons travaillé à Amis américains, son livre sur ses rencontres avec les réalisateurs et les scénaristes d’Hollywood qu’il avait connus avant de devenir réalisateur. Quand j’ai été nommé directeur de l’Institut Lumière en 1990, j’ai seulement demandé à Bertrand, qui était un homme plein de doutes : “Reste Président en étant toi-même, c’est comme ça qu’on a besoin de toi”. Il a toujours été là, des premiers jours aux dernières heures, en soutenant nos combats, la culture et l’engagement en bandoulière. Quand je le présentais, je disais : “Président depuis toujours et pour toujours.” Lui insistait : “Il faut aussi penser à l’avenir !” Mais non : “Cinéaste, cinéphile et lyonnais”, il était parfait.


Personne n’oubliera le cinéaste, son aisance à passer d’une mise en scène à l’autre, d’un sujet à l’autre (comme son ami Michael Powell), son utilisation de la voix off (souvent la sienne), du format scope, de la caméra à l’épaule, la façon qu’il aura eu de se battre pour chacun de ses projets, de n’avoir jamais fait un film pour de l’argent. Sa filmographie est impeccable. On a beaucoup revu ses films, ces derniers jours, les télévisions françaises ont été admirables de réactivité. Résultat : le temps bonifie son œuvre, il le fera encore.

Pour son premier film, L’Horloger de Saint-Paul, Philippe Noiret craignait un débordement référentiel, un déluge d’hommages et de citations. Il a vite été rassuré par la maîtrise du jeune réalisateur. Quand il était cinéaste, Bertrand n’était plus du tout cinéphile. Il était cinéaste. Attentif à chaque étape de la création, jusqu’à l’attention portée à la musique, comme tous les grands metteurs en scène, avec de belles collaborations : Philippe Sarde, Antoine Duhamel, Marco Beltrami, Bruno Coulais et les jazzmen Herbie Hancock, Louis Sclavis, Henri Texier. Il aimait tout de ce qu’était un film. Sur le plateau, il s’approchait des acteurs et leur parlait avec discrétion. Bertrand est quelqu’un qui choyait les autres, il les enrobait de son grand corps.


Tout le monde se souviendra de quelqu’un qui avait tout vu, tout entendu, tout lu. De la curiosité brandie comme l’un des beaux-arts et de sa gourmandise insatiable : l’érudition et la cinéphilie en armes de guerre – et de paix. Bertrand vous emportait dans un torrent d’affection pour les artistes et de passion pour les œuvres de l’esprit.
Il laisse des livres, des articles, des interventions en salles, des bonus de DVD. Son engagement, c’est aussi ça, comme celui de son copain Scorsese. L’Institut Lumière lui a aussi permis de structurer toutes ses envies, il était sa base arrière. Il disait : “Depuis la rue du Premier-Film, on peut rêver de tout !”. La naissance du festival Lumière lui a arraché des cris de joie : “L’histoire du cinéma honorée là où elle a commencé, on ne peut pas faire mieux !” Il était si heureux d’y accueillir Francis Coppola, Clint Eastwood, Frances McDormand, Quentin Tarantino, Catherine Deneuve, Milos Forman, Pedro Almodovar, les frères Dardenne ou encore Jane Fonda. Quand à mes débuts, j’avais attiré à Lyon Wim Wenders, Elia Kazan ou Joseph Mankiewicz, il avait été impressionné. On adorait tous épater Bertrand.


Si chacun avait une conscience aussi élevée que l’était la sienne, nous serions certainement dans un monde meilleur” a écrit quelqu’un dans un des milliers de messages que nous avons reçus depuis jeudi dernier.
Bertrand était populaire, c’est fou comme les gens l’aimaient, comme ils cherchaient sa compagnie. C’était un homme doux, à l’humanisme généreux et à l’intransigeance exemplaire. Dans les années 90, un Ministre lui a reproché de ne pas connaitre le “terrain”. Il en a fait un film, De l’autre côté du périph’. Avec son fils Nils, il y est allé, sur le terrain, c’était facile, il y allait toujours. Il allait partout. Et il ramenait de la nourriture, de l’alcool local, des produits, du foie gras, de la confiture.
Demeurera aussi, et ça tranchait avec la conscience politique qui était fondamentale chez lui, le souvenir de quelqu’un qui trouvait en toutes circonstances l’occasion de rire. On ne s’ennuyait jamais, il avait la faculté d’aimanter les fantaisies de l’existence, comme son ami Jean Aurenche. Fantaisies qu’il rendait plus drôles encore en les racontant à son tour, comme cette personne, ça devait tomber sur lui, qui un jour le questionna sur l’opportunité de prendre des cours de comédie par correspondance. Tête de Bertrand !


Ensemble, nous avons parcouru le monde. A l’étranger, il était adulé, on le considérait comme extraordinairement français. Quand je suis arrivé au Festival de Cannes, je connaissais déjà énormément de journalistes, car Bertrand me les avait tous présentés dans nos multiples voyages, et spécialement aux Etats-Unis. Là-bas, je sais que Todd McCarthy, Kenneth Thuran, Dave Kehr, Lisa Nesselson sont tristes, comme Julie Huntsinger, Tom Luddy et toute l’équipe du festival de Telluride, comme Richard Peña et Kent Jones à l’équipe du Lincoln Center. A l’annonce de sa disparition, de nombreux amis ont dit leur émotion : Quentin Tarantino, Jane Campion, Walter Hill, Roger Corman, Joe Dante, Thelma Schoonmaker, Phil Kaufmann ou Irwin Winkler qui avait produit Autour de Minuit. Le texte de Martin Scorsese est bouleversant, celui d’Harvey Keitel, que nous rendrons public, aussi. Comme les lettres de Russel Banks ou de James Lee Burke. Tous ces messages venus de France (et je regrette de ne pouvoir en faire la liste), du monde entier (encore Nanni Moretti, ce matin) disent bien la trace que Bertrand Tavernier va laisser. Elle est profonde, elle est belle, elle se verra de loin et aucun océan du monde ne pourra jamais la recouvrir.


Comment citer tous les films qu’il aimait ? J’en prends deux : Une question de vie ou de mort de Michael Powell et Emeric Pressburger ou Les Raisins de la colère de John Ford, parce que ce sont des titres programmatiques ! Mais demain ça serait deux autres et après-demain, d’autres encore. De lui, je citerais deux films méconnus, Des enfants gâtés (1977) où le personnage de Michel Piccoli ressemble au Bertrand de l’époque, à ses déambulations dans la nuit à parler de cinéma avec Christine Pascal ; et La Mort en direct (1980) avec Romy Schneider, Harvey Keitel, Max von Sydow et Harry Dean Stanton, distribution époustouflante, film annonciateur de l’arrivée de l’obscénité des images – en 1980 !
Et je citerais Autour de minuit, devenu rare. Pour le jazz (une musique que Bertrand m’a mieux fait connaître), parce qu’il a été tourné pour une bonne part à Lyon, que Martin Scorsese y tient un rôle électrique et parce que c’est un glorieux film de fin de vie, où un homme se souvient de ce qu’il a vécu. L’un des livres que Bertrand lisait à Sainte-Maxime était la biographie de Dexter Gordon, écrite par sa femme Maxine, qui vient de paraître en France. L’une des dernières musiques qu’il a écoutée, la veille, était celle du film, m’a dit Sarah, son épouse : “Ça l’apaisait, ça le rendait heureux, ça se voyait”. Lady Bertrand a sans doute déjà retrouvé le grand Dexter, il doit être content. J’ai revu Autour de minuit hier soir, je voudrais le revoir ce soir. Et le revoir toujours.
Son dernier film aura été Voyage à travers le cinéma français, l’accomplissement définitif, avec Amis Américains, pour évoquer les deux cinémas qu’il aimait le plus. “Ah non ! Il faut aussi parler de cinéma italien, de cinéma japonais, de cinéma anglais !” proteste-t-il à l’instant, penché sur mon épaule, comme je sais qu’il le sera souvent.
Il n’empêche. Un film-somme de plusieurs heures pour exprimer sa reconnaissance à ceux qui ont fait le cinéma français, n’est-ce pas le geste parfait pour refermer une existence de cinéaste-cinéphile, celle d’un lyonnais qui réalise son œuvre ultime en la commençant par Lyon-Montchat où il a grandi et en la terminant à Lyon-Monplaisir… rue du Premier-Film.


J’ai toujours eu le sentiment que la présence de Bertrand à mes côtés me protégeait – je ne serai pas le seul à le dire. Il était . Au-delà de grands moments d’affection qu’à la lyonnaise, il ne manifestait pas en moulinant des bras, il vous poussait à vous surpasser. Il n’y eut entre nous jamais le début d’un désaccord, la moindre dispute. Avec un homme comme lui à vos côtés, vous vous sentiez irrésistible. Il n’a pas joué au père de substitution, jamais au Président-Patron. Depuis quarante ans, nous nous parlions chaque semaine, parfois tous les jours. Son amitié restera comme un grand cadeau, un privilège qui est rarement donné à quelqu’un dans une existence. Ce privilège, je l’ai eu.


On a raison de mener les vies qu’on mène mais parfois ça fait mal. Depuis sa disparition, l’émotion est gigantesque, la tristesse est partout. C’est un géant qui est parti, un grand chêne qui s’est envolé vers le ciel. Quand certains hommes meurent, dit le proverbe, c’est comme une bibliothèque qui brule. Avec Bertrand, c’est plusieurs cinémathèques qui brulent, c’est beaucoup de choses qui disparaitront. Mais avec lui, beaucoup de choses renaîtront car même mort, il prendra les choses en main. La feuille de route est exigeante.


Outre deux enfants formidables devenus à leur tour des artistes, Nils et Tiffany, il laisse un héritage unique, infini. Un héritage prometteur car il sera comme lui plein de rires, de poings levés et de grandes ambitions.

Dans La Mort en direct, Romy Schneider, qui se sait condamnée, dit à Harvey Keitel : “Emmène-moi vers la mer.” Sarah a emmené Bertrand à la mer, dans le Sainte-Maxime de sa jeunesse, au bord de cette méditerranée qu’il a aimée, dans ces chemins d’enfance qu’il aura une dernière fois arpentés.


Et nous l’avons entendu, il l’a fait en chantant.

Adieu Bertrand ».


CQFD !


Voici deux courbes :

Population vaccinée en Italie …..et comparer la population générale et les salariés de l’AP-HP (50/10O vaccinés) en Ile-de-France.


  • L’une italienne

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  • L’autre provient de l’AP-HP.

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Elles montrent le nombre de contaminations dans la population générale versus la population vaccinée.


CQFD… Faites-vous vacciner !!!

Index égalité professionnelle à l’Institut Curie


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La réglementation a mis en place une obligation de résultats et de transparence sur ce sujet capital avec 5 indicateurs qui permettent de savoir où on en est et de progresser, si nécessaire.

On admet qu’en contrepartie on doit dépasser un score de 75/100 dans un délai de trois ans sous peine de pénalités.

L’Index de l’Institut Curie est à 88/100 ce qui est satisfaisant.

A y regarder de plus près, on est quasiment au maximum sur les critères 1 à 4 et à 0/10 sur le critère des 10 plus hauts revenus. Cependant il faut nuancer ce résultat pour deux raisons :

  • Beaucoup de femmes sont PU-PH ou INSERM ou CNRS et seul le salaire Curie compte, ce qui fausse le résultat ;
  • Même hors professeur et instituts de recherche, il y a 3 femmes sur les 10 plus hauts salaires de l’Hôpital, 2 sur 10 au Centre de Recherche et 4 sur 10 au Siège. Cependant les femmes sont à la fin des 10 et ceci explique qu’on ne marque pas de points.

On va quand même essayer de progresser sur ce point !

A Sciences-PO Lyon, je soutiens la Licra


Le Syndicat Solidaires étudiants-e-s et le Collectif Pamplemousse considèrent que la Licra Rhône-Alpes Auvergne est indésirable à Sciences-PO Lyon en raison « d’ambiguïté sur la question de l’Islamophobie ».

Voici ce que dit la Licra sur le terme de l’Islamophobie.

« Nous le récusons car ce concept a servi de justifications aux assassins terroristes islamistes de Charlie Hebdo et de Samuel Paty. Nous le récusons car en France, la loi protège les individus à raison de leur religion, pas les dogmes, même religieux. Chaque jour, la LICRA accueille dans ses permanences des musulmans victimes d’incitations à la haine, d’injures ou de discriminations à raison de leur appartenance religieuse. Mais il n’existe pas de délit de blasphème dans notre République laïque et devoir faire ce rappel à des étudiants d’un Institut d’Etudes Politiques, par ailleurs largement majoritaires dans les instances de l’établissement, est un motif réel d’inquiétude.

Nous tenons à alerter nos compatriotes sur la dérive qui, au sein de l’université française, conduit à refuser le débat et la confrontation des idées et à désigner à la vindicte, pour les disqualifier, ceux avec lesquels il existent des désaccords. Le pluralisme, dans le cadre d’une liberté d’expression déterminée par loi, est la garantie de notre vitalité démocratique et nous refusons de nous soumettre à ce type d’oukases uniquement fondés sur l’idéologie de la « cancel culture ».

La LICRA AURA a signé avec Sciences Po Lyon une convention prévoyant des formations à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ainsi qu’à la laïcité, des conférences-débat et des représentations théâtrales. Nous entendons poursuivre notre collaboration et nous demandons au conseil d’administration de Sciences Po Lyon d’adopter une position permettant de réaffirmer notre engagement mutuel, républicain et laïque »

Rien à rajouter si ce n’est que je suis du côté de la LICRA !