facebook_icon twitter_512x512 mail

Catégories

Commentaires récents

Sites Amis

Mes coups de coeur

Presse lyonnaise

Archives

Syndication

Il faut continuer à les applaudir !


Trois infirmières témoignent de leur métier à l’Institut Curie.

cache_202110_capture-trio2_20211008113122

clic video

La parole à … Carlos Tavares



image16 A l’heure où l’Europe s’apprête à durcir sa réglementation anti-pollution, Carlos Tavares, le patron du groupe automobile franco-italien Stellantis a une nouvelle fois renouvelé ses interrogations concernant la voiture électrique.

Carlos Tavares (patron de PSA)

“Le monde est fou. Le fait que les autorités  nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électronique, est un gros tournant.

Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électroniques de la batterie en situation de recharge ?

Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ?

Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ?

Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ?

Comment trouver suffisamment de matière première rare pour faire les cellules et les chimies des batteries dans la durée ?

Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ?

Qui aujourd’hui est en train de se poser la question de manière suffisamment large d’un point de vue sociétal pour tenir compte de l’ensemble de ces paramètres ?

Je m’inquiète en tant que citoyen, parce qu’en tant que constructeur automobile, je ne suis pas audible.

Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels. »


Une équipe à réaction


fbxdne7wqaawrx6

Encore une fois l’Equipe de France de Football nous a fait vibrer cette semaine.

D’abord, une victoire contre notre « meilleur ennemi » la Belgique (toujours n°1 mondial). Après avoir été menée 2/0 avec un trio d’attaque magnifique et un Theo Hernandez marquant un but exceptionnel pour sa 2ème sélection.

Et puis, Dimanche, menée 1/0 (30 secondes après avoir tiré sur la barre), la France égalise par Benzéma sur un but venu d’ailleurs, puis marque par MBappé un but qui a fait l’objet d’une interprétation très favorable à notre équipe par les arbitres.

Et Lloris qui fait deux arrêts exceptionnels dans les dernières minutes.

Il faut reconnaître que Benzema apporte vraiment quelque chose et que Deschamps a eu raison de le reprendre.

MBappé a l’air de vouloir simplifier son jeu ce qui le rend plus efficace et plus collectif.

Enfin, N’Golo Kanté manque tellement qu’on se dit que s’il n’est pas blessé pour la Coupe du Monde tous les espoirs sont permis.

“Octobre Rose”, l’Institut Curie se mobilise…


« Toute l’année, l’Institut Curie est mobilisé ! »

À l’occasion d’Octobre Rose, découvrez en images le message que les Prs Steven Le Gouill et Alain Puisieux, directeurs de l’Ensemble hospitalier et du Centre de recherche, ont souhaité adresser aux femmes atteintes d’un Cancer du Sein

clic lien video

Taux d’intérêt quand ?


maison-en-construction-et-de-credit-la-hausse-des-taux-d-interet-sur-les-prets-hypothecaires-et-crise-de-l-immobilier-awn1rh-2

C’est inéluctable la question n’est plus de savoir si les taux vont remonter mais quand ?

Quand et pour combien de temps vont-ils remonter dans un contexte entre croissance et inflation (aujourd’hui déjà proche de 3%) ?

Avec une économie mondiale en surchauffe et l’inflation, les taux devraient déjà être autour de 3% et probablement 5% pour les pays les plus endettés comme la France et l’Italie.

Or les taux sont toujours négatifs pour aider à la relance de l’économie. Les taux sont donc tout simplement subventionnés et la question est de savoir jusqu’à quand ?

Ça craque de partout et si vous voulez emprunter, dépêchez-vous ça ne peut pas durer …

Alors Messi ?



messi

J’ai eu la chance d’assister au match PSG/MANCHESTER CITY et donc de voir jouer Messi et aussi de le voir inscrire son premier but sous ses nouvelles couleurs.

D’abord, il est vraiment petit ! et ensuite il n’est visiblement pas en forme physiquement. Pendant les ¾ du match il a marché, reculé et finalement eu très peu d’influence sur le jeu sauf en participant avec une certaine modestie au travail définitif.

Et puis …

Et puis il y a eu une action avec une récupération, une accélération, 2 passes dont la magnifique talonnade de Kilian Mbappé et d’un coup de pied gauche la balle dans la lucarne et le match plié.

Le journal « L’Equipe » a dit que c’était çà un génie !

En tout cas, c’est pour cela que si j’étais entraîneur… je ne sortirais pas Messi tant que j’ai besoin de marquer. Le génie peut arriver n’importe quand… !

La vérité sur le bilan d’Agnès Buzyn


mmb0ht

Le « Quotidien du Médecin » fait un bilan de la politique menée par la ministre et lui rend hommage en particulier sur la stratégie Santé 2022 qui n’est pas totalement mise en œuvre mais qui sur la direction va dans la bonne direction.

La ministre est mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » alors que tous les experts pronostiquent qu’elle sera acquittée malheureusement dans plusieurs années.

Il y a une forme d’injustice pour l’ancienne excellente présidente de l’INCa et de l’HAS, deux responsabilités où elle a fait l’unanimité et démontrer ses compétences.

Agnès n’est pas de mon camp politique mais je souhaite ici lui rendre hommage et dire publiquement qu’elle ne mérite pas cela. Je me réjouis que le débat à son sujet retrouve vérités et sérénité.

On peut débattre du bilan d’une ministre mais Agnès Buzyn est une femme respectable et honorable et il faut le dire publiquement.

clic article du \”Quotidien du Médecin\”

L’exposition sur André Philip - L’engagement d’une vie


Suite et fin de l’exposition  clic-

André Philip, le Résistant - suite de l’exposition


Pour visualiser la suite de cette expo clic

L’exposition sur André Philip


image21

Cette année, pour les Journées Européennes du Patrimoine, la ville de Lyon avait choisi le thème : «Patrimoine et Jeunesse».

A cette occasion, oganisées par le groupe « Portes ouvertes » au Temple Lanterne, une conférence et une exposition ont rendu hommage à André Philip.

Après vous avoir fait partager ma conférence «André PHILIP : itinéraire dans le monde d’un protestant cévenol (du non à Pétain à la République des jeunes)»,vous découvrirez les 14 panneaux de cette belle exposition.

Voici les premiers de cette série!

clic expo_1

L’Origine des MJC - Etape 4


mw52234- André Philip et les Jeunes

Je voudrais pour terminer revenir au début et à la fin de la vie d’André Philip.

Fils d’un militaire de carrière, né à Pont Saint-Esprit dans le Gard, il a été élevé par sa mère suite au décès de son père. Il raconte deux épisodes importants de sa vie :

  • Le premier, c’est dans son adolescence un jour où il prend le train. Il y avait à cette époque des porteurs et deux porteurs se battent pour obtenir de sa mère la possibilité de porter leurs valises. Le jeune André Philip se dit qu’il consacrera sa vie à faire en sorte que les gens n’aient pas besoin de se battre pour gagner leur vie.

  • Une autre fois, sa mère reçoit des amies pour le thé. C’est aussi le moment où l’on livre les sacs de charbons qui servaient au chauffage. Le jeune André Philip, adolescent, décide d’aider à porter les sacs de charbon en disant : « je préfère être du côté de celui qui travaille plutôt que de celui qui mange des petits fours… ».

Comme vous le montre l’exposition (voir mon prochain blog), quand il vote contre Pétain il est en fait, il le dit lui-même « dans une période de désespoir ». Il croyait que « tout était perdu » et il ne vote pas contre parce qu’il croit que cela peut servir à quelque chose mais « pour porter un témoignage » et dit-il « parce qu’il ne peut pas faire autrement ».

André Philip est d’abord un chrétien et un disciple du Christ. Il pense que son royaume n’est pas de ce monde mais qu’il doit être totalement dans le monde car il est envoyé dans le monde, dans la société pour essayer de faire avancer les choses et de prendre des responsabilités. Il dit « Nous sommes dans le monde intégralement avec toutes ses angoisses, toutes ses douleurs. Nous devons en accepter toutes les solidarités même les plus pénibles mêmes les plus douloureuses. Nous sommes dans ce monde mais pas de ce monde et c’est tout le problème de la contradiction de la vie chrétienne ».

J’en arrive à la fin de sa vie où quelques semaines avant sa mort il écrit cette lettre à un de ses petits-fils qui est affichée dans le temple et dont je voudrais citer quelques extraits pour terminer car c’est bien André Philip s’adressant à la jeunesse à la fin de sa vie. En fait, il s’agit de mon frère Guy. Je crois que ce message est toujours d’actualité au XXIème siècle.

« Nous sommes heureux de voir Mamie et moi que tu as traversé la première crise par laquelle on sort de l’enfance et prend conscience des responsabilités de l’adolescence. Tu as compris la chose essentielle. L’important dans la vie n’est pas de penser à soi mais aux autres hommes et parmi eux à ceux qui sont les plus malheureux, les plus humiliés ou les plus offensés. J’ai connu moi aussi cela tout jeune.

Te voilà donc vis-à-vis de tes responsabilités en face des autres hommes. Comment te donner à eux ? Comment les aider ? Pour le savoir, tu auras à suivre un long chemin de travail et de réflexion pour trouver toi-même la voie qui sera à la fois responsable et efficace et je voudrais à ce stade attirer ton attention sur certains problèmes et te demander d’y réfléchir :

1° - Tu m’exposes l’idée que l’homme est bon et généreux à sa naissance mais qu’il est happé par une société qui le conditionne et le pervertit. C’est la théorie de la bonté de la nature de l’homme développée par Rousseau que t’ont enseignés les professeurs de littérature. Le malheur est que cette conception est absente chez les malheureux du tiers monde qui constituent la majorité de la population de l’univers. Ils ont, eux, le sentiment que le monde est dominé par des forces mauvaises et que seule la création de groupes disciplinées, avec des règles et des coutumes, leur permet de se défendre contre l’univers. Si tu vas leur parler avec ce langage anarchique, ils ne te comprendront pas et aucun dialogue ne sera possible avec eux. Par ailleurs, je ne vois pas comment tu peux faire une opposition entre la société et les hommes comme si la société pouvait exister en dehors des individus qui la constituent. Une société quelle qu’elle soit, n’a pas d’existence en soi ; elle est constituée d’individus, en lutte ou associés, mais elle ne peut pas avoir d’autres caractères que ceux que lui attribuent les hommes qui la composent. En fait, chaque homme a sa personnalité et chacun tend à s’affirmer.

Je passe un peu plus loin…

2° - Tu as l’air de croire à la possibilité de créer une société nouvelle, fabriquée de toutes pièces et qui permettrait de créer un monde nouveau. Toutes les tentatives faites dans ce sens, dans l’histoire, ont abouti à des échecs terribles et ceux qui ont voulu créer, sur terre, le royaume de Dieu, n’ont abouti qu’à y généraliser l’enfer. On ne fabrique pas artificiellement une société juste : il faut à la fois susciter des hommes justes et créer des structures contraignantes qui facilitent leur évolution.

….

3° - Tu abordes le problème de la violence et tu l’affirmes nécessaire, après avoir posé la nécessité de l’amour. Cela me fait un peu penser aux gens de l’Inquisition au Moyen Age qui torturaient les corps afin de mieux sauver les âmes. Je crois pour ma part que la violence est toujours un mal. Il y a des cas concrets – Lutte pour l’indépendance d’un pays, pour la libération d’un groupe, pour la destruction d’un système féodal – ou dans un situation précise, à un moment donné de l’histoire où cette violence peut apparaître comme un moindre mal. Mais je crois qu’il faut, toujours, la détester. Dans l’action collective, ce n’est pas le but que l’on se propose qui est le principal, car il ne sera jamais atteint, c’est le moyen que l’on emploie, car c’est lui qui détermine le comportement psychologique par lequel les autres hommes se transformeront. Ainsi, celui qui lutte par la violence ne pourra-t-il créer qu’une société violente ; celui qui crée un groupe autoritaire pour imposer ce qu’il croit être la liberté, n’aboutira qu’à créer des institutions autoritaires. La violence ne peut avoir qu’un seul résultat, me semble-t-il : consolider le conservatisme, empêcher les modifications de structures indispensables.

4° - Enfin, tu dis qu’à cause de la structure sociale, l’homme n’est pas libre. C’est beaucoup plus complexe. Il n’y a jamais absence de liberté ni liberté totale. Il y a des déterminismes partiels, sur lesquels on peut s’appuyer afin de transformer les structures qui nous entourent, en pesant sur elles.

Voilà quelques points sur lesquels je voulais attirer ton attention pour que tu y réfléchisses, maintenant que tu es devenu adulte et que tu regardes la vie en face. C’est à toi de te construire toi-même, nul ne peut te remplacer dans cette tâche ; on peut seulement t’aider en te montrant quelques problèmes et en te demandant d’y réfléchir. Je voudrais cependant insister auprès de toi pour que tu suives quelques règles qui me paraissent fondamentales :

  • Toujours exiger de toi beaucoup plus que tu ne demanderas aux autres ;
  • Chercher à connaître le réel afin de pouvoir le transformer par des interventions successives, ce qui exige de ta part un travail acharné en particulier dans le domaine des connaissances techniques indispensables ;
  • Dans ton action, participer à des groupes qui varieront selon les moments pour en sentir la fraternité, partager leurs espoirs et leurs souffrances, mais en même temps ne jamais te laisser entrainer par leurs passions et te refuser à toute « sacralisation » d’un groupe collectif quel qu’il soit. Tu dois être totalement engagé dans un groupe pour l’action mais en même temps totalement dégagé de lui pour la réflexion et le jugement car c’est finalement toi, homme libre, qui dois prendre ta décision.

Voilà quelques idées auxquelles je te demande de réfléchir. Je serais très heureux de poursuivre la discussion avec toi mais je ne sais pas si je le pourrais étant donné mes ennuis de santé… ».

André Philip est mort une quinzaine de jours plus tard.

Je crois que cette lettre indique tout ce que André Philip a voulu mettre dans la République des Jeunes et les Maisons des Jeunes et de la Culture : cette notion de travail personnel, de travail collectif mais aussi de liberté individuelle.


J’espère vous avoir donné envie d’en connaitre un peu plus, peut-être que la meilleure façon de le faire serait de trouver (sur Internet) le Colloque du 13 et 14 mars 2003 qui s’est tenu à l’Assemblée Nationale et dont le titre était « André Philip, socialiste, patriote et chrétien ».

Je conclurai en disant : André Philip, socialiste, patriote et paroissien de la Paroisse des Terreaux.

Cette paroisse ne l’oubliez jamais était le symbole de la résistance protestante dès 1940. A ce moment de l’histoire, elle était l’honneur des Lyonnais et du Protestantisme français.

L’Origine des MJC - Etape 3


L’histoire entre André Philip et les MJC

Je voudrais maintenant entrer dans l’histoire des Maisons de Jeune et de la Culture, essayer de montrer que la question de l’éducation populaire est une des questions où se manifeste, avec le plus de force l’union d’André Philip - le chrétien et le socialiste - mais aussi d’André Philip, l’homme d’action et l’homme de réflexion.

La République des Jeunes, je l’ai dit tout à l’heure, se trouve confrontée à un certain nombre de difficultés lorsque, début 46, plusieurs mouvements de jeunesse veulent quitter le mouvement et le salut est venu en grande partie de la mise à disposition des mouvements et de cette République des Jeunes d’un homme Albert Léger.

Il va structurer le mouvement et, au cours des deux années qui suivent, jusqu’à l’assemblée générale constitutive de la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture qui succèdent à la République des Jeunes en janvier 48, il s’appliquera à construire une véritable Fédération de Maisons de jeunes et de la Culture dotées de statuts type.

Le principe de base de ces statuts était que les usagers disposaient à tous les niveaux de la structure fédérale de la majorité des voix dans les instances, cependant les pouvoirs publics, les mouvements de jeunesse et les syndicats participaient aussi à ces instances ainsi que les directeurs salariés au nom du principe de cogestion. Ce principe découlait d’abord d’un état de fait : la nécessité de faire coexister différents partenaires, dont l’Etat et les collectivités locales, qui subventionnaient les Maisons, tout en assurant une gestion démocratique « participative » selon le terme de l’époque. « Il s’agissait de réfuter tout forme de paternalisme », toujours selon un terme de l’époque dont André Philip fait un abondant usage pour décrire ce qu’il refusait.

André Philip voulait promouvoir la démocratie comme forme de gouvernement et surtout comme art de vivre, ce qui - disait-il « supposait dans ces conseils d’administration la prise en compte de la diversité des partenaires dans une perspective de laïcité ouverte, active ou encore de laïcité entendue dans un sens positif ».

Cette nouvelle laïcité (dont on a compris les fondements tout à l’heure) était au cœur du projet des MJC qui s’inscrivait dans le courant de la laïcité spiritualiste de la Libération, c’est-à-dire d’un nouvel imaginaire éducatif et social, pluraliste, qui institutionnalise les groupements intermédiaires et les familles spirituelles et qui voit dans cette opération le fondement de la Liberté et de l’efficacité.

La philosophie d’André Philip concordait parfaitement avec cet état d’esprit.

Je cite à nouveau : « la diversité des opinions n’est pas un mal inévitable mais un bien nécessaire. L’opposant n’est pas un adversaire mais un ami dont les critiques nous aident ».

Ces propos, publiés dans une brochure à Alger en 44, furent repris tels quels par André Philip dans son allocution d’ouverture de l’Assemblée générale constitutive des Maisons des Jeunes et de la Culture.

André Philip voulait, avec les Maisons des Jeunes et de la Culture, s’éloigner des offices municipaux pour promouvoir une éducation populaire conçue comme une prise de responsabilités par la pratique associative démocratique.

André Philip, professeur d’économie affirmait la nécessité d’une formation économique destinée à faire prendre conscience par les travailleurs des mécanismes qui régissent leur vie quotidienne et les MJC multiplièrent à cet effet, dans les années 50 et 60, les Cercles d’Initiation Economique et Social. Elle s’efforçait aussi d’intéresser les syndicats à leurs actions. Il faut le dire avec relativement peu de succès.

Au cours des années 50, la Fédération connut un développement lent, les subventions n’étaient pas là, en tout cas pas à la hauteur des ambitions fixées par leur président, André Philip, dès l’assemblée constitutive.

André Philip avait dit dans son discours introductif « nous espérons que les MJC deviennent pour la 4ème république ce que l’école laïque a été pour la 3ème république ». En fait, ce fut la 5ème république qui réalisa certaines de ses ambitions même si André Philip (mais c’est une autre histoire) s’est opposé à l’arrivée du Général de Gaule et à la constitution de la 5ème république.

En effet, c’est Maurice Herzog, Haut-Commissaire à la Jeunesse et aux Sports qui met en œuvre une politique majeure de soutien à la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture à partir de 1959.

Il lança immédiatement après l’été dit des blousons noirs un appel aux Maires dans le Monde où il les incitait à construire des Maisons de Jeunes qui apparaissaient comme la solution.

L’expérience accumulée dans ce domaine par les Maisons des Jeunes et de la Culture, le sérieux de son organisation en ont fait un partenaire privilégié pour Maurice Herzog d’autant que le directeur de cabinet de Maurice Herzog – Olivier Philip – mon père (le fils d’André Philip) était en lien direct avec le président de la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture et, c’est une époque où des dizaines de Maisons des Jeunes et de la Culture étaient créées chaque année. Jusqu’au départ de Maurice Herzog et d’Olivier Philip, début janvier 1966, le soutien de l’Etat ne s’est jamais démenti.

L’appui moral et financier apporté aux MJC et à leur fédération peut être résumé par quelques chiffres : au milieu des années 60, près de la moitié des subventions du secteur Jeunesse et Education populaire allait aux seules MJC, près des 2/3 des équipements de type maison et foyer de jeunes construits dans le cadre de la première loi de programmation d’équipements 1961-65 avaient été confiés à des MJC. Enfin, le nombre d’animateurs professionnels des MJC avait été multiplié par 8 au cours de la décennie passant de 50 à près de 500.

André Philip se trouvait donc au milieu des années 60 à la tête d’une Fédération puissante. Il pouvait comme beaucoup de responsables nourrir l’espoir de voir se réaliser le rêve d’incarner le service public de l’éducation populaire par la voie associative.

L’heure était donc en 1966 à l’optimisme car la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture n’était pas seulement puissante elle tenait une place originale dans le monde associatif, singulièrement sous l’angle des rapports avec l’Etat. Aucune autre association ne percevait autant de subventions de l’Etat, tous ministères confondus. La Fédération demeurant sous le strict régime de la Loi de 1901 puisque l’Etat représenté par la Jeunesse et les Sports et d’autres administrations était membre de droit mais très minoritaire. L’Etat ne disposait d’aucun droit de véto sur les décisions souveraines des conseils d’administration. C’est cette indépendance de la Fédération par rapport à l’Etat malgré son soutien fort qui était au cœur de la vision d’André Philip.

La seconde partie des années 60 allait brutalement révéler la fragilité de la Fédération des Maison des Jeunes et de la Culture.

François Missoffe, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports à partir de janvier 66 est décidé à rompre avec la division du travail entre associations de jeunesse et Etat qui s’était imposé depuis la Libération. Missoffe craint que la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture se développe dans le domaine de l’éducation populaire comme une puissance analogue à celle de la Ligue de l’Enseignement et il pensait que l’heure était venue pour l’Etat de prendre à nouveau la responsabilité de l’animation de la politique de jeunesse. Il préparait en fait dans le plus grand secret une nationalisation de la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture qui avait, outre son poids financier, le tort d’avoir le « cœur à gauche » puisqu’André Philip en était le président.

André Philip eut très tôt conscience que Missoffe voulait la perte de la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture et de fait le Ministre multiplia les entraves à la marche de la Fédération retardant en 1967 le versement des subventions, ce qui mettait en péril une association qui se devait d’avoir une trésorerie saine car l’essentiel de son budget servait à verser des traitements mensuels.

Les difficultés financières de la Fédération ont entraîné une montée du pouvoir des techniciens directeurs professionnels et délégués en charge de l’encadrement au détriment des élus issus des MJC. La raison en était simple : les directeurs professionnels des MJC disposaient du fait de leur fonction de gestionnaire d’une expertise financière qui manquait à la plupart des élus. Au sein du conseil d’administration fédéral où ils siégeaient dans le cadre de la cogestion, les représentants du personnel ont pris peu à peu une importance croissante loin d’être toutefois exclusive. Ils estimaient qu’ils n’avaient pas à être sacrifiés sur le plan financier en raison des difficultés de la Fédération. Le fait qu’ils étaient issus pour l’essentiel de la CGT très largement majoritaire parmi les directeurs a fait évidemment qu’aggraver leur cas aux yeux de François Missoffe.

Au début 68, la situation de la Fédération devient catastrophique, principalement en raison de l’incertitude sur la politique du gouvernement à son égard. Des rumeurs de faillite circulent tandis que les menaces se précisent, bien que toujours à l’état de rumeur, André Philip mis tout son poids dans la balance, eut à deux reprises des entretiens avec le Général de Gaulle où il lui demanda d’imposer à François Missoffe des subventions destinées aux MJC.

Le Président de la République ne put qu’avouer son impuissance à faire accepter par le Ministre la rallonge budgétaire et le 31 mars 1968 au cours d’une séance du conseil d’administration, André Philip annonce brutalement sa démission de la présidence et lut une déclaration publiée le lendemain dans le Monde. Ce texte était un véritable réquisitoire contre le Ministre François Missoffe et le Syndicat des Directeurs accusé de pratiquer la politique du pire. Je cite André Philip : « Lorsqu’au lendemain de la libération à Lyon, j’ai pris l’initiative de créer ce qui est devenu la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture, il s’agissait en opposition au Régime de Vichy d’affirmer l’existence de l’éducation populaire permanente cogérée par l’Etat, les autorités locales, les utilisateurs jeunes et adultes. Nous avons pendant vingt ans accompli cette tâche avec un certain succès. Depuis deux ans, tout a changé : un ministère de la Jeunesse a été constitué considérant comme au temps de Vichy ce groupe d’âge comme une classe sociale séparé confiné dans son ghetto. J’ai tenté à deux reprises d’expliquer au Ministre les problèmes de l’éducation permanente. J’ai dû constater que rien ne l’intéressait en dehors de sa publicité personnelle ce qui ne me permet plus de le respecter. Les progrès même de la Fédération ont ossifié sa structure. Le Syndicat CGT du personnel renforcé par le mécontentement général suscité par l’attitude du Ministre, à substituer à la coresponsabilité gestionnaire un esprit de revendication et d’agitation permanente. Tout se passe comme s’il y avait objectivement une collusion entre un ministre désireux de détruire la Fédération et un Syndicat soucieux de profiter de cette destruction pour favoriser la propagande d’un parti politique. Ayant été appelé à des fonctions internationales importantes je ne dispose plus du temps nécessaire pour combattre à la fois un Ministre hostile et un syndicat irresponsable ». (André Philip venait d’être nommé à l’OCDE).

L’émotion dans la Fédération fut immense après la démission d’André Philip et les archives comportent encore quelques-unes des lettres envoyées par les différentes MJC pour demander au président Philip de reprendre son poste. Quelques voix moins nombreuses lui reprochèrent de « quitter le navire alors qu’il menaçait de sombrer » et tout cela se reconstruira après mai 68 et donnera les Maisons des Jeunes et de la Culture que vous connaissez aujourd’hui.

Au printemps 70, quelques mois avant sa mort André Philip était très amer. Avec le recul, certaines des critiques qu’il formulait à l’encontre de la Fédération à la fin des années 60 paraissent peu fondées voire injustes. Si la bureaucratisation était incontestable, la dérive technocratique était au moins le fait de certains des délégués à l’origine de la scission que des seuls directeurs. Elle provenait aussi de la difficulté des élus à adapter le projet des MJC aux transformations sociales que connaissait alors la société française.

Quant à la centralisation, elle n’était pas nouvelle. Le projet de la Libération, celui d’André Philip qui consistait à garantir la neutralité des MJC par un arbitrage fédéral national le portait au moins en germe puisqu’il y avait bien un étage national. De même en 52, l’avant-projet de loi sur l’éducation populaire préparé par ce même André Philip avait suscité d’extrêmes réserves dans les mouvements de jeunesse dont beaucoup dénoncèrent à l’époque l’étatisme et le centralisme dont il était porteur.

Voilà ce que l’on peut dire de cette longue histoire des Maisons des Jeunes et de la Culture qui ont survécu au XXème siècle et qui, aujourd’hui, sont des associations fortes jouant un rôle important, adapté aux évolutions de la société mais qui gardent les idées initiales d’André Philip, à savoir la Laïcité, la Démocratie et le Contrôle par les membres des objectifs de l’Association.