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Dépenses publiques : où est la cohérence ?


« Nous ne sommes pas à la recherche d’économies » a dit J.P.Delevoye à propos des retraites.

Par contre, les ministres des Finances et du Budget sont clairement à la recherche d’économies…

L’amélioration des remboursements pour l’optique et l’audition : c’est 1 milliard. Le Chef de l’Etat a promis une réforme ambitieuse pour l’Hôpital, le Service National Universel : c’est 2 milliards, la baisse de la croissance (Merci M.Trump), l’augmentation du dollar (Merci la Chine), ce sont plusieurs milliards. La réforme des retraites à budget constant c’est mal parti, sans compter la dette de la SNCF et nos 98% de PIB de dettes.

Comme d’habitude (Sarkozy et Hollande ont fait pareil), on a commencé les économies chez les autres et donc comme d’habitude dans les collectivités locales bloquées à 1,2% d’augmentation et que la Loi oblige à être en équilibre.

Pourquoi alors des économies drastiques ? Parce que l’Etat attend des excédents dans les collectivités pour équilibrer son budget !

L’Etat est censé ramener son déficit à 2,8% en 2017 et à 1,2% en 2022. Insuffisant pour atteindre l’équilibre budgétaire promis.

Alors, comme d’habitude, on fait des économies chez les autres (les collectivités locales). Où est la cohérence ?

Vers la 2ème étoile


Aujourd’hui je partage avec vous ce dessin réalisé par ma petite-fille…  allez les bleus !

2eme-etoile

300ème anniversaire


Quelle vieille structure a fêté ses 300 ans dans une indifférence quasi générale ?

C’est le Service de Santé des Armées qui n’a eu de cesse de se reformer depuis quelques années :

- En 2002, la fin de la conscription a bouleversé la médecine militaire qui a dû repenser son modèle de fonctionnement. Il s’en est suivi une politique de restructuration à marche forcée dont la fermeture du Val de Grace a été le point d’orgue ;

- Plus symbolique en 2017, une femme pour la première fois a pris la tête du service ce qui est logique pour le seul Service de l’Armée à prédominance féminine mais petite révolution quand même chez les militaires.

Elle met en oeuvre le plan SSA 2020 qui « civilise » les hôpitaux militaires qui collaborent à Brest, Metz, Lyon et Bordeaux avec les « Civils » pour se recentrer sur les théâtres d’opération, la médecine de guerre et sur la rééducation fonctionnelle.

Ce dispositif s’explique par la mondialisation des enjeux et le nombre d’opérations où nos militaires sont engagés dans le monde.

A Lyon, la collaboration Desgenettes/Edouard Herriot d’un côté et Desgenettes/Henri Gabrielle est engagée.

Nos meilleurs ennemis


Pompiers, SAMU, libéraux : friture sur la ligne


Le débat n’est pas neuf, mais la mort de Naomi MUSENGA à Strasbourg a permis de le relancer… car la jeune femme a eu plusieurs numéros pour appeler à l’aide (pompiers, SAMU, SOS Médecins).

Aux USA, le 911 gère tous les secours. En France, il y a le 15 mais aussi  13 (!) autres numéros d’urgence dont le 116 - 117 de la médecine de ville qui est plutôt pour la médecine non programmée que pour l’urgence.

La crainte de certains, c’est qu’un numéro unique mette l’accueil téléphonique dans l’état d’encombrement des urgences. On ne peut pas mélanger la “bobologie” et l’urgence vitale.

Peut-être qu’une simple inter-connexion entre les numéros permettraient à des médecins bien formés de dispatcher sans que le patient ne s’en rende compte ?

C’est une question d’importance d’autant que le tiers payant aux urgences est la première cause pour y faire arriver la “bobologie”.

A mon avis, 2 numéros suffiraient : le 15 pour pompiers, SAMU et police pour la vraie urgence et le 116-117 (16 ?) pour les interventions moins urgences.

La Ministre de la Santé a promis des décisions dans le courant de l’été.

Prévention et cancers : rien de neuf


Tout le monde sait que 35 à 40% des cancers peuvent être évités par la prévention.

Rien de nouveau dans la publication du Centre International de Recherche sur le Cancer à Lyon dont tout le monde parle. Tabac, alcool, alimentation, activité physique, surpoids, pollutions, tout cela est connu et archi connu.

Ce qui serait nouveau, c’est qu’on en tire des conclusions en augmentant CONSIDERABLEMENT l’argent mis dans la préservation de la santé, actuellement une des plus faibles proportions de l’Europe dans le budget de la sécurité sociale.

Attendons le prochain PLFS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale).

En espérant qu’on va enfin passer aux actes.

Le cannabis : un tabou français


Après un déplacement mouvementé dans la Creuse, Emmanuel Macron avait lancé un défi à ce département rural. Les élus l’ont pris au mot et proposent de lancer leur territoire dans la culture et la transformation de Cannabis à vocation thérapeutique.

La France est en retard. Le seul produit qui dispose d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) n’a toujours pas été mis sur le marché et un autre est en ATV (Autorisation Temporaire de Vente) depuis 2005 !

Les USA, le Canada et plusieurs pays européens ont accepté ce médicament qui calme les douleurs et l’anxiété des maladies graves.

L’ouverture récente de « coffee shops » qui jouent sur la loi en proposant du Cannabidiol (CBD) a relancé le débat de la législation du Cannabis pour tous.

C’est un sujet complexe mais qui peut rapporter gros à l’Etat et surtout pacifier les quartiers en tuant cette économie souterraine qui fait tellement de mal.

Justin Trudeau l’a fait au Canada et on ne note pas d’augmentation de la vente des drogues dures. La prohibition pour l’alcool est un exemple qui doit faire réfléchir ?
Certes, le Cannabis est dangereux, surtout pour les adolescents mais le cadre légal français qui date de 1970 est dépassé et puisque notre président a l’âge de Justin Trudeau, il est urgent d’envisager cette question avec un esprit du XXIème siècle et il est temps de ne pas s’arrêter aux discours de principe mais d’informer les Français, puis d’avoir le courage de décider.

On limite au Cannabis thérapeutique ou on ouvre plus largement ?

Nouvelles générations


Le début des 8èmes de finale de la Coupe du Monde aboutit à l’élimination des 10 derniers ballons d’or. L’Allemagne, le Portugal et l’Espagne ne sont plus là ; l’Italie n’est jamais arrivée et on sent le passage à une nouvelle génération.

Cette nouvelle génération est incarnée par Kylian Mbappé. A 19 ans, il  a marqué déjà 3 buts dans une phase finale de Coupe du Monde. Le seul joueur qui avait fait cet exploit avant lui s’appelle Pelé.

Samedi, Kylian Mbappé a fait un match exceptionnel obtenant un coup franc qui a fini sur la barre, puis un penalty, marqué 2 buts. Le monde entier a salué cette performance qui a obtenu un « 9 » à l’Equipe ce qui est un score rare.

Comme on le sait en football, « rien n’est jamais définitif »… L’Equipe de France devra confirmer dès vendredi contre l’Uruguay. On sait qu’elle n’est jamais à l’aise devant une équipe sud-américaine et ce ne sera pas « un autobus garé devant le but (comme contre le Danemark) mais probablement 2 ou 3 ».

Hier, deux des 8èmes de finale se sont terminées par l’épreuve des tirs au but et, si j’étais Deschamps, je leur ferais réviser cet exercice.

Rendez-vous vendredi à 16h.

L’Amérique se meurt, vive la Chine


Derrière les barreaux des enfants séparés de leurs parents et en cage, c’est l’image que Donald TRUMP a donné de l’Amérique dans le monde entier.

L’image était si négative qu’après avoir cité la bible pour justifier leurs actions, l’équipe TRUMP a reculé mais lentement car il reste encore aujourd’hui des enfants séparés de leurs parents.

En parallèle, TRUMP a décidé de quitter le conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

De 1945-1989, on a vécu la guerre froide et depuis on a cru que l’Amérique remplacerait l’Europe pour conduire le monde libre. TRUMP déconstruit aujourd’hui l’ordre existant dans le commerce, les frontières, la culture et l’Amérique devient la tête de pont du Populisme mondial.

Le résultat c’est de rendre la Chine « plus grande plus vite » (Dominique Moisi, professeur au King College Londres). La Chine ou Big Brother est en train d’être installée partout…

Les nuages s’annoncent à l’horizon.

Présidence de l’OECI : c’est parti pour 3 ans


Depuis le congrès de Poznan, je suis donc président pour 3 ans (2018-2021) de l’Organisation Européenne des Instituts du cancer.

Cette organisation de droit Européen regroupe 93 centres soit Centres anticancéreux classiques, soit Centres associés à une université ou éventuellement à un hôpital général. 13 centres Français en sont membres dont l’Institut Curie, le Centre Léon Bérard, l’AP-HP et les HCL.

Le rôle essentiel de l’OECI est d’assurer la qualité des soins et de la recherche partout en Europe pour la cancer en assurant un programme d’Accréditation (définition de la qualité) purement sur la cancérologie qui permet de définir des « Comprehensive Cancer Centers » et des « Clinical Cancer Center », chacun ayant un plan d’amélioration à mettre en œuvre.

L’OECI travaille aussi sur les banques de tumeurs, l’économie de la santé, la survie sans récidive, les soins palliatifs et tout ce qui peut faire progresser la qualité des soins.

Pour ceux qui lisent l’anglais, ci-dessous , mon programme de président dont j’aurai l’occasion de reparler … en français.

Lire la suite »

Les amnésiques, un livre à lire


Géraldine SCHWARTZ est une journaliste et réalisatrice franco-allemande vivant à Berlin (ancienne correspondante de l’AFP à Berlin).

Dans la ville de Mannheim, d’où est originaire son père (sa mère est française), elle découvre que son grand-père Karl SCHWARTZ a acheté à bas prix en 1938 une entreprise à des juifs? les LÖBMANN qui périrent à Auschwitz. Après la guerre, en face d’un héritier qui demande réparation, le grand-père? comme la majorité des allemands de l’époque, est dans le déni et l’amnésie.
L’amnésie allemande et la période de la bande à BAADER sont réexpliquées comme l’amnésie française où tout le monde croit au mythe de la France Résistante depuis 1944. En élargissant son enquête à d’autres pays, elle montre que cette amnésie menace le consensus moral de l’Europe.
Elle montre aussi comment les populismes arrivent au pouvoir et pourquoi l’antisémitisme est de nouveau au 1er plan.

L’amnésie est un danger et il faut connaitre l’histoire et son passé pour être capable d’affronter l’avenir.
Le livre de Géraldine SCHWARTZ se lit avec plaisir, il est bien écrit et il nous fait réfléchir.
Je vous le conseille.

Un beau début de mondial


Le mondial Russe n’avait pas réussi, au début, à arracher un sourire à Poutine, mais après deux victoires des Russes, on y est presque…

Cette première semaine que j’ai suivie en France, puis en Pologne, est très réussie avec des matches serrés, des buts dans le temps additionnel (ah.. le but allemand) et, dès le deuxième match, les petites équipes qui vont moins bien. Il y a aussi ceux qui jouent bien et qui sont éliminés (Pérou), ceux qui jouent moins bien et qui sont qualifiés après deux matchs (France), ceux qui sont encore vivants et se demandent comment (Argentine). Il y a ceux qui veulent gagner et qui le disent (Belgique) et ces tribunes joyeuses (ah les péruviens ou les marocains).

Pourquoi aimer tellement le football ?

C’est une pièce dramatique où chaque décision, chaque erreur peuvent être capitales. C’est la loi du “tout ou rien” (tir sur le poteau rentrant ou sortant). C’est surtout une partie d’échec où la réflexion compte mais où dans les grands matchs les grands joueurs montrent que le génie existe et qu’il n’est pas prévisible (ah Ronaldo).

L’arbitrage vidéo est un progrès mais n’a pas empêché les Suédois de se faire « voler » et la goal line technology ….quand elle marche (but de Pogba), c’est un vrai progrès.

Les matchs à élimination directe débutent en cette fin de semaine. La dramaturgie augmente.

A l’heure où j’écris on ne connaît pas le parcours des Français, mais l’Argentine et Messi dès les 8e  c’est bien possible et ça fait peur. Puis Portugal en 1/4 et Brésil en demie ça vous dit ?

Pour gagner la Coupe du Monde, il faut maintenant gagner 4 matches de suite. C’est peu mais c’est encore loin Moscou le 16 juillet.

Comment sortir de la crise des hôpitaux ?


Pour moi, les problèmes à résoudre sont simples.

1°- Les hôpitaux sont organisés comme au début du 20ème siècle, avec des départements et des services auxquels on a rajouté des pôles, bien entendu sans supprimer les couches précédentes.

2° - L’administration centrale du Ministère de la Santé a été multipliée par dix alors que l’on a caché des administrations sous le nom d’agences, et en bloquant la masse salariale tout en augmentant les salaires, on a diminué les forces vives sur le terrain auprès des malades.

3° - La sécurité sociale continue à rémunérer différemment le même acte dans l’hôpital ou en clinique. Comme un radiologue du privé par exemple gagne 4 fois plus que dans l’hôpital public celui-ci a du mal à trouver des candidats.

4° - La T2A a le mérite de différencier ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas mais elle a deux défauts :

- ne pas sanctionner les soins non pertinents

- la tentation de réaliser des actes surnuméraires ou de sélectionner les malades.

5° - Contrairement à ce que le discours ministériel laisse à penser, la T2A n’est déjà que la moitié du financement des hôpitaux, l’autre moitié est financée de manière forfaitaire (MIG, FIR,AC, MERRI, etc…).

La gestion de ces enveloppes forfaitaires se fait de manière opaque et favorise les gros hôpitaux en déficit par rapport aux petits hôpitaux en équilibre budgétaire.

Il ne faut surtout pas jeter « le bébé T2A avec l’eau du bain » (crise de valeurs de l’hôpital public) mais ne surtout pas croire que c’est la T2A qui est le problème. Sinon on accuse le thermomètre et pas le malade.

Comment faire évoluer la T2A…


… en gardant une règle économique limpide ?

Je l’ai déjà dit, la T2A a permis à l’hôpital public de reprendre des parts de marché sur le privé et pour beaucoup de se restructurer, et surtout de faire progresser les médecins sur une culture économique nécessaire (quand, à Curie, on travaille dans une « entreprise » (Oh le gros mot !) de 400 millions de budget annuel, il vaut mieux…).
La rentabilité pour un hôpital public ou privé à but non lucratif, ce n’est pas pour enrichir les actionnaires mais pour investir sur des hommes, des femmes et sur des appareils. Le but d’un hôpital ce n’est pas la marge brute, c’est le meilleur soin pour chaque personne malade (pas patient mais personne provisoirement malade).
Donc,

1° - Il faut garder la T2A, arrêter de diminuer les tarifs, et ne surtout pas descendre en dessous des 50% actuels [le reste est dans un système d'enveloppes (cf. blogs précédents)].

2° - La lutte contre la non-pertinence des actes administratifs ou soignants doit entrer dans un système de bonus/malus. Les sociétés savantes ont largement travaillé sur ces sujets et il existe aujourd’hui des référentiels précis et utilisables.

3° - Les indicateurs clefs de la qualité (ce qui est un sujet différent de la non-pertinence) existent aussi et on peut s’inspirer des outils de contrôle style PMSI existant et d’exemples étrangers simples qui nous amèneraient progressivement vers la tarification au parcours.

4° - La tarification au parcours doit être expérimentée mais sûrement pas brutalement. Par exemple, on peut commencer par copier la Suède où l’hôpital qui a hospitalisé une personne malade doit payer sa ré hospitalisation ailleurs dans les 30 jours qui suivent.

La tarification au parcours veut dire que quelqu’un doit détenir l’enveloppe et la redistribuer. Il faut éviter une nouvelle couche administrative où la mainmise des CHU sur toute l’hospitalisation d’une région (Big Brother a échoué partout comme le refus de la compétition économique).

A court terme, si on commence par la pertinence des actes et la qualité, ce serait un vrai progrès permettant d’expérimenter calmement la tarification au parcours.

Comment organiser les hôpitaux ?


A l’heure du management “Start up” de notre président et du management par programmes des grandes industries, je ne crois pas que l’accumulation de couches administratives médico-soignantes soit la bonne solution.

La médecine n’est plus individuelle, mais une affaire d’équipe solidaire mélangeant des spécialités très différentes. Je crois qu’il faut différencier les hôpitaux de soins et ceux qui, universitaires, doivent faire faire de l’enseignement et de la recherche.

1°- Pour les Hôpitaux de soins, l’administration doit être réduite au maximum au niveau central et déconcentrée sur le terrain au plus près des acteurs.
Le système américain doit être expérimenté, celui des cliniques. Pour la cancérologie, cela veut dire clinique du sein, clinique pédiatrique, clinique du poumon, clinique digestive etc… et surtout cela veut dire que pathologistes, radiologues, pharmaciens, chirurgiens, médecins, radiothérapeutes, infirmiers et aides-soignantes doivent partager le même objectif et travailler de façon transversale avec des objectifs précis, un budget identifié, et la possibilité pour la direction médicale de disposer de marges de manœuvre dans le cadre du budget voté et contrôlé au niveau central.

L’administration déconcentrée auprès de la direction médicale doit aider à ce que la qualité des soins soit au 1er plan et que l’administration centrale puisse suivre ce qui se passe de façon souple sur le terrain.

2°- Pour les hôpitaux universitaires, cette même souplesse est indispensable et il faut ajouter la recherche et l’enseignement dans cette dynamique complexe. En effet, l’Université, l’Inserm et le CNRS s’ajoutent à l’administration de l’hôpital au risque d’une cacophonie organisée (ou pseudo organisée) où la souplesse n’existe plus. La clef est que chaque médecin soit identifié et responsable de son malade dans le cadre de règles communes sur les protocoles de traitement, les priorités de recherche, les investissements et l’organisation.
Nous expérimentons actuellement à Curie un modèle de ce type pour la Pédiatrie et l’Immunologie, en le poussant d’un cran plus loin en mettant au même étage les chercheurs fondamentaux, la recherche appliquée aux malades et le soin courant en recherchant « l’effet cafétéria », c’est-à-dire que tout le monde parle à tout le monde.
Bien avant le mode de financement, c’est l’organisation hospitalière, le poids trop lourd de l’administration, qui doit évoluer. Il y a des expériences en France et à l’étranger qui méritent d’être analysées, encouragées et éventuellement développées.

Les mots clefs sont simples : souplesse et priorité aux moyens au contact du malade.

La tarification à l’activité dans les hopitaux


Il semble que notre gouvernement a décrété que la tarification à l’activité (T2A) était responsable de l’épuisement professionnel des personnels hospitaliers et d’un management tyrannique transformant des hôpitaux de 3000 salariés en entreprise.

La culture économique et managériale est donc responsable de tous les dysfonctionnements.

Je pense que c’est aussi stupide que de dire que les avions tombent parfois ou que les pilotes d’Air France sont en grève parce que les compagnies aériennes sont soumises à la concurrence.

Je rappelle que les ministères successifs ont bloqué la masse salariale (sans se gêner pour augmenter les salaires par ailleurs) et ont progressivement diminué les tarifs (par exemple, à Curie avec 6% d’augmentation d’activité les recettes n’augmentent que de 3%).

Il faut se rappeler que l’Institution de la T2A est liée au fait que le budget global avait anesthésié les hôpitaux publics pendant que le privé augmentait en particulier sa part de marché sur la chirurgie. Il faut rappeler aussi qu’on ne pouvait pas aborder un nouveau traitement en cours d’année et que les riches restaient riches et les pauvres pauvres sans compter que le métier de directeur d’hôpital consistait à faire du déficit afin de voir augmenter son budget.

L’activité c’est le chiffre d’affaire de l’hôpital qui ressemble beaucoup à une entreprise et malheureusement à une entreprise publique avec l’augmentation forte de postes administratifs et des dépenses de consultants pendant que le terrain se vide des acteurs qui produisent.

Je crois qu’on se trompe de combat et que la T2A est un bouc émissaire facile pour éviter de poster le problème du mode de fonctionnement des hôpitaux.

Lutte contre le tabac : enfin !


En 2017, 26.9% des 18-75 ans fumaient contre 29.4% en 2016. Pour la première fois depuis 18 ans, les plus défavorisés eux aussi font partie des catégories en progrès (34% fumaient en 2017 contre 38.8% en 2016).Parmi les chômeurs on passe de 49.7% en 2016 à 43.5% en 2017.

Au premier trimestre 2018, les ventes de tabac ont chuté de 9.1% en un an et entre 2016 et 2017, 1 million de français ont arrêté de fumer.
On sait que si tous les jeunes de moins de 20 ans arrêtent demain de fumer la mortalité par cancer diminuerait de 50% d’ici 2070.

C’est donc enfin un grand succès de la Prévention et c’est justice que l’ancienne présidente de l’Institut National du Cancer (INca) qui a beaucoup œuvré pour la lutte contre le tabac puisse l’annoncer. Devenue Ministre, Agnès BUZYN recueille les fruits de son travail précédent et celui des ministres qui l’ont précédée depuis Claude EVIN.

On peut faire entière confiance à Agnès BUZYN sur ce sujet et pourquoi ne pas espérer faire encore mieux en 2018.

Les découvertes de l’Institut Curie à l’ASCO


Comme je l’ai déjà écrit, les plus grands experts de la cancérologie étaient réunis à Chicago pour le congrès international de l’American Society of Clinical Oncology du 1er au 5 juin dernier.

Cette conférence gigantesque est toujours le théâtre d’annonces importantes en termes de recherche et de traitements des cancers. Pour cette édition 2018, les spécialistes de l’Institut Curie ont présenté une quinzaine de travaux en sessions orales et en posters. Voici les découvertes les plus marquantes des experts de l’Institut Curie.

Une recherche très active en immunothérapie

Comme l’an dernier, l’immunothérapie a occupé une place de choix lors de cette grand-messe. Plus d’une centaine d’essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde en matière d’immunothérapie.

Le Pr Christophe Le Tourneau, oncologue médical et chef du département des essais cliniques précoces à l’Institut Curie, a été l’organisateur d’une session durant laquelle il a présenté des avancées récentes en la matière, destinée à aider les praticiens à optimiser la prise en charge de leurs patients… notamment sur l’hyperprogression tumorale.

Si l’immunothérapie est très efficace chez 10 à 20 % des patients atteints de cancers, chez une majorité d’entre eux, ce traitement ne fonctionne pas. Il semble même que l’immunothérapie puisse avoir l’effet inverse dans certains cas ! L’équipe du Pr Le Tourneau a été une des trois premières au monde à rapporter ce phénomène. L’observation, à l’Institut Curie, d’un premier patient sous immunothérapie qui a vu sa maladie progresser de façon rapide après initiation d’une immunothérapie a été à l’origine d’un travail multicentrique (avec Gustave Roussy, le Centre Léon Bérard et le Centre Antoine Lacassagne) qui a permis de confirmer ce phénomène. « Depuis, une telle « hyperprogression » a été rapportée par plusieurs autres équipes.  Les chercheurs ont pu mesurer plus finement le problème. Les cas d’hyperprogression ont été rapportés chez 9% à 29% des patients mais l’immunothérapie est extrêmement efficace chez 10 % des patients, ce qui nous pousse à essayer au maximum de donner l’opportunité à nos patients de recevoir une immunothérapie. Christophe Le Tourneau a donc expliqué aux médecins comment réagir pour interrompre rapidement un traitement qui semble inefficace afin d’évaluer la situation et éventuellement en changer.

Cancer du sein : la pertinence de la radiothérapie

Une vaste étude européenne avec 15 ans de recul a confirmé la pertinence d’une radiothérapie des aires ganglionnaires pour les femmes atteintes de cancers du sein et dont les ganglions axillaires (sous l’aisselle) sont atteints ou dont la tumeur est située du côté médial (près des ganglions du sternum).

Le Pr Philip Poortmans, chef du département de radiothérapie-oncologie de l’Institut Curie  et investigateur principal de cette étude, a présenté ces résultats détaillés. De quoi donner à tous les oncologues les arguments pour faire le meilleur choix thérapeutique pour leurs patientes.

Il y a 30 ans, toutes les femmes concernées par ce type de cancers se voyaient proposer une radiothérapie des zones ganglionnaires, pour limiter les risques de propagation de la maladie. Mais à la fin des années 1980, une étude a mis en évidence chez ces patientes une mortalité accrue, due à la radiothérapie. Pour y voir plus clair, plusieurs médecins dont le Pr Poortmans, alors à l’hôpital Verbeeten à Tilburg, aux Pays-Bas, et le Dr Alain Fourquet, ancien chef du département de radiothérapie-oncologie de l’Institut Curie, ont lancé une vaste étude randomisée. Entre 1996 et 2004, 4 004 patientes sont incluses dans 43 centres en Europe. La moitié d’entre elles reçoivent cette radiothérapie des ganglions, les autres non. Les premiers résultats à 10 ans avaient montré un avantage, certes limité, mais significatif, de la radiothérapie. C’est aujourd’hui les résultats à 15 ans qui ont été présenté par le Pr Poortmans et ils confirment l’intérêt de ces traitements. Avec la radiothérapie, la mortalité globale des patientes baisse de 73,2 % à 70,8 ; la mortalité par cancer du sein et le risque de rechute diminuent de même.

Une méta-analyse regroupant les résultats des différentes études concernant plus de 14 000 patientes est en cours de rédaction par une équipe d’Oxford, incluant le Pr Poortmans. Elle devrait permettre d’affiner ces informations et de mieux comprendre quelles patientes doivent bénéficier de la radiothérapie. Et notons qu’au cours de ces dernières décennies, le diagnostic de plus en plus précoce des cancers du sein a fait baisser le taux d’atteinte ganglionnaire de 40 à 25 %, ce qui évite autant de ces radiothérapies controversées.

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ASCO 2018 : pas un grand cru mais…


L’ASCO c’est l’American Society of Clinical Oncology, 40.000 personnes à Chicago pour échanger sur tous les sujets de la cancérologie. On a beau dire qu’Internet va tuer les congrès, ça n’en prend pas vraiment le chemin….

Pas de révolutions annoncées cette année, mais des consolidations nombreuses.
- L’immunothérapie reste le leader avec des progrès majeurs dans des cancers hématologiques, du poumon, du rein, du colon et de la peau. On commence à comprendre comment mieux choisir les patients qui vont en bénéficier et on associe l’immunothérapie à la radiothérapie et à la chimiothérapie.
- La médecine de précision progresse doucement avec 2 types d’essais qui remplissent les sessions de posters. Les essais « baskets » (on a la cible et une drogue et on essaye d’obtenir des résultats) ou les essais dits « parapluie » où on a un panel de gènes et une liste de médicaments qu’on peut appareiller avec l’analyse du gène et on essaye d’otenir la correspondance entre les deux pour proposer un traitement efficace. Je continue de penser qu’on devrait utiliser ces procédures beaucoup plus tôt dans l’histoire de la maladie.
- Pour les cancers du sein les analyses moléculaires permettent d’éviter la chiomiothérapie à un nombre croissant de femmes sans dimunuer la survie.
- Un chapitre particulier pour les CAR-T cells (on cultive les propres cellules de l’immunité des malades) qui sont la nouvelle vedette de l’ immunologie. C’est cher et ça marche dans les leucémies, les myelomes et les lymphomes parfois de façon extaordinaire. Pour les autres tumeurs, on en est aux balbutiements.
- Il ne faut oublier ni la pédiatrie (toujours des progrès en survie et en qualité de vie) ni la prise en charge des symptômes avec, par exemple ,un appareil qui refroidit la bouche pour les mucites et permet 30 min sans douleur (le temps de manger, c’est capital).

Un post spécifique sur les apports de l’Institut Curie va suivre.

Un morceau de la France à Chicago


Le congrès américain de l’ASCO (American society of clinical oncology) se terminait aujourd’hui et pour la seconde année consécutive l’Institut Curie était la seule institution française présente avec un stand.

Le stand de l’Institut Curie, c’est d’abord un lieu d’informations et d’échanges avec les visiteurs du congrès. Nous y valorisons nos activités à l’international et présentons la large gamme d’activités médicales et scientifiques de l’Institut qui peuvent être l’occasion de nombreux partenariats par-delà nos frontières. Cette notion d’ouverture me tient particulièrement à cœur, elle est au cœur du projet d’établissement de l’Institut Curie

Ce stand, c’est aussi un lieu de rencontres et de passage pour les nombreux médecins de l’Institut qui viennent à l’Asco présenter leurs travaux. Ils viennent y tenir leurs rendez-vous ou encore faire leurs interviews avec les plus grands médias qui couvrent le congrès. Ils viennent pour leurs rendez-vous, pour charger un téléphone, pour partager un café… un lieu de vie et de convivialité aussi. Le stand est également un point d’appui privilégier pour organiser la communication sur place, directement en prise avec les médecins et leurs travaux pour valoriser au mieux l’innovation qui est au cœur de nos métiers.

Mais pour aller un peu au-delà, je dirais que ce stand c’est aussi un petit morceau de France à Chicago. Pendant ces 4 jours de Congrès, nombreux sont les institutions françaises à être passées nous voir. Nous avons reçu la visite du président de l’Institut national du cancer, d’Unicancer, la fédération des centres de lutte contre le cancer, d’autres hôpitaux parisiens partenaires et même du Consul de France à Chicago, venu constater à quel point la recherche clinique était un domaine d’excellence français qui participe à son attractivité. Pendant ces quelques jours, l’Institut Curie a porté haut les couleurs de la France grâce aux travaux de nos médecins et je m’en réjouis.