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Comment sortir de la crise des hôpitaux ?


Pour moi, les problèmes à résoudre sont simples.

1°- Les hôpitaux sont organisés comme au début du 20ème siècle, avec des départements et des services auxquels on a rajouté des pôles, bien entendu sans supprimer les couches précédentes.

2° - L’administration centrale du Ministère de la Santé a été multipliée par dix alors que l’on a caché des administrations sous le nom d’agences, et en bloquant la masse salariale tout en augmentant les salaires, on a diminué les forces vives sur le terrain auprès des malades.

3° - La sécurité sociale continue à rémunérer différemment le même acte dans l’hôpital ou en clinique. Comme un radiologue du privé par exemple gagne 4 fois plus que dans l’hôpital public celui-ci a du mal à trouver des candidats.

4° - La T2A a le mérite de différencier ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas mais elle a deux défauts :

- ne pas sanctionner les soins non pertinents

- la tentation de réaliser des actes surnuméraires ou de sélectionner les malades.

5° - Contrairement à ce que le discours ministériel laisse à penser, la T2A n’est déjà que la moitié du financement des hôpitaux, l’autre moitié est financée de manière forfaitaire (MIG, FIR,AC, MERRI, etc…).

La gestion de ces enveloppes forfaitaires se fait de manière opaque et favorise les gros hôpitaux en déficit par rapport aux petits hôpitaux en équilibre budgétaire.

Il ne faut surtout pas jeter « le bébé T2A avec l’eau du bain » (crise de valeurs de l’hôpital public) mais ne surtout pas croire que c’est la T2A qui est le problème. Sinon on accuse le thermomètre et pas le malade.

Comment faire évoluer la T2A…


… en gardant une règle économique limpide ?

Je l’ai déjà dit, la T2A a permis à l’hôpital public de reprendre des parts de marché sur le privé et pour beaucoup de se restructurer, et surtout de faire progresser les médecins sur une culture économique nécessaire (quand, à Curie, on travaille dans une « entreprise » (Oh le gros mot !) de 400 millions de budget annuel, il vaut mieux…).
La rentabilité pour un hôpital public ou privé à but non lucratif, ce n’est pas pour enrichir les actionnaires mais pour investir sur des hommes, des femmes et sur des appareils. Le but d’un hôpital ce n’est pas la marge brute, c’est le meilleur soin pour chaque personne malade (pas patient mais personne provisoirement malade).
Donc,

1° - Il faut garder la T2A, arrêter de diminuer les tarifs, et ne surtout pas descendre en dessous des 50% actuels [le reste est dans un système d'enveloppes (cf. blogs précédents)].

2° - La lutte contre la non-pertinence des actes administratifs ou soignants doit entrer dans un système de bonus/malus. Les sociétés savantes ont largement travaillé sur ces sujets et il existe aujourd’hui des référentiels précis et utilisables.

3° - Les indicateurs clefs de la qualité (ce qui est un sujet différent de la non-pertinence) existent aussi et on peut s’inspirer des outils de contrôle style PMSI existant et d’exemples étrangers simples qui nous amèneraient progressivement vers la tarification au parcours.

4° - La tarification au parcours doit être expérimentée mais sûrement pas brutalement. Par exemple, on peut commencer par copier la Suède où l’hôpital qui a hospitalisé une personne malade doit payer sa ré hospitalisation ailleurs dans les 30 jours qui suivent.

La tarification au parcours veut dire que quelqu’un doit détenir l’enveloppe et la redistribuer. Il faut éviter une nouvelle couche administrative où la mainmise des CHU sur toute l’hospitalisation d’une région (Big Brother a échoué partout comme le refus de la compétition économique).

A court terme, si on commence par la pertinence des actes et la qualité, ce serait un vrai progrès permettant d’expérimenter calmement la tarification au parcours.

Comment organiser les hôpitaux ?


A l’heure du management “Start up” de notre président et du management par programmes des grandes industries, je ne crois pas que l’accumulation de couches administratives médico-soignantes soit la bonne solution.

La médecine n’est plus individuelle, mais une affaire d’équipe solidaire mélangeant des spécialités très différentes. Je crois qu’il faut différencier les hôpitaux de soins et ceux qui, universitaires, doivent faire faire de l’enseignement et de la recherche.

1°- Pour les Hôpitaux de soins, l’administration doit être réduite au maximum au niveau central et déconcentrée sur le terrain au plus près des acteurs.
Le système américain doit être expérimenté, celui des cliniques. Pour la cancérologie, cela veut dire clinique du sein, clinique pédiatrique, clinique du poumon, clinique digestive etc… et surtout cela veut dire que pathologistes, radiologues, pharmaciens, chirurgiens, médecins, radiothérapeutes, infirmiers et aides-soignantes doivent partager le même objectif et travailler de façon transversale avec des objectifs précis, un budget identifié, et la possibilité pour la direction médicale de disposer de marges de manœuvre dans le cadre du budget voté et contrôlé au niveau central.

L’administration déconcentrée auprès de la direction médicale doit aider à ce que la qualité des soins soit au 1er plan et que l’administration centrale puisse suivre ce qui se passe de façon souple sur le terrain.

2°- Pour les hôpitaux universitaires, cette même souplesse est indispensable et il faut ajouter la recherche et l’enseignement dans cette dynamique complexe. En effet, l’Université, l’Inserm et le CNRS s’ajoutent à l’administration de l’hôpital au risque d’une cacophonie organisée (ou pseudo organisée) où la souplesse n’existe plus. La clef est que chaque médecin soit identifié et responsable de son malade dans le cadre de règles communes sur les protocoles de traitement, les priorités de recherche, les investissements et l’organisation.
Nous expérimentons actuellement à Curie un modèle de ce type pour la Pédiatrie et l’Immunologie, en le poussant d’un cran plus loin en mettant au même étage les chercheurs fondamentaux, la recherche appliquée aux malades et le soin courant en recherchant « l’effet cafétéria », c’est-à-dire que tout le monde parle à tout le monde.
Bien avant le mode de financement, c’est l’organisation hospitalière, le poids trop lourd de l’administration, qui doit évoluer. Il y a des expériences en France et à l’étranger qui méritent d’être analysées, encouragées et éventuellement développées.

Les mots clefs sont simples : souplesse et priorité aux moyens au contact du malade.

La tarification à l’activité dans les hopitaux


Il semble que notre gouvernement a décrété que la tarification à l’activité (T2A) était responsable de l’épuisement professionnel des personnels hospitaliers et d’un management tyrannique transformant des hôpitaux de 3000 salariés en entreprise.

La culture économique et managériale est donc responsable de tous les dysfonctionnements.

Je pense que c’est aussi stupide que de dire que les avions tombent parfois ou que les pilotes d’Air France sont en grève parce que les compagnies aériennes sont soumises à la concurrence.

Je rappelle que les ministères successifs ont bloqué la masse salariale (sans se gêner pour augmenter les salaires par ailleurs) et ont progressivement diminué les tarifs (par exemple, à Curie avec 6% d’augmentation d’activité les recettes n’augmentent que de 3%).

Il faut se rappeler que l’Institution de la T2A est liée au fait que le budget global avait anesthésié les hôpitaux publics pendant que le privé augmentait en particulier sa part de marché sur la chirurgie. Il faut rappeler aussi qu’on ne pouvait pas aborder un nouveau traitement en cours d’année et que les riches restaient riches et les pauvres pauvres sans compter que le métier de directeur d’hôpital consistait à faire du déficit afin de voir augmenter son budget.

L’activité c’est le chiffre d’affaire de l’hôpital qui ressemble beaucoup à une entreprise et malheureusement à une entreprise publique avec l’augmentation forte de postes administratifs et des dépenses de consultants pendant que le terrain se vide des acteurs qui produisent.

Je crois qu’on se trompe de combat et que la T2A est un bouc émissaire facile pour éviter de poster le problème du mode de fonctionnement des hôpitaux.

Lutte contre le tabac : enfin !


En 2017, 26.9% des 18-75 ans fumaient contre 29.4% en 2016. Pour la première fois depuis 18 ans, les plus défavorisés eux aussi font partie des catégories en progrès (34% fumaient en 2017 contre 38.8% en 2016).Parmi les chômeurs on passe de 49.7% en 2016 à 43.5% en 2017.

Au premier trimestre 2018, les ventes de tabac ont chuté de 9.1% en un an et entre 2016 et 2017, 1 million de français ont arrêté de fumer.
On sait que si tous les jeunes de moins de 20 ans arrêtent demain de fumer la mortalité par cancer diminuerait de 50% d’ici 2070.

C’est donc enfin un grand succès de la Prévention et c’est justice que l’ancienne présidente de l’Institut National du Cancer (INca) qui a beaucoup œuvré pour la lutte contre le tabac puisse l’annoncer. Devenue Ministre, Agnès BUZYN recueille les fruits de son travail précédent et celui des ministres qui l’ont précédée depuis Claude EVIN.

On peut faire entière confiance à Agnès BUZYN sur ce sujet et pourquoi ne pas espérer faire encore mieux en 2018.

Les découvertes de l’Institut Curie à l’ASCO


Comme je l’ai déjà écrit, les plus grands experts de la cancérologie étaient réunis à Chicago pour le congrès international de l’American Society of Clinical Oncology du 1er au 5 juin dernier.

Cette conférence gigantesque est toujours le théâtre d’annonces importantes en termes de recherche et de traitements des cancers. Pour cette édition 2018, les spécialistes de l’Institut Curie ont présenté une quinzaine de travaux en sessions orales et en posters. Voici les découvertes les plus marquantes des experts de l’Institut Curie.

Une recherche très active en immunothérapie

Comme l’an dernier, l’immunothérapie a occupé une place de choix lors de cette grand-messe. Plus d’une centaine d’essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde en matière d’immunothérapie.

Le Pr Christophe Le Tourneau, oncologue médical et chef du département des essais cliniques précoces à l’Institut Curie, a été l’organisateur d’une session durant laquelle il a présenté des avancées récentes en la matière, destinée à aider les praticiens à optimiser la prise en charge de leurs patients… notamment sur l’hyperprogression tumorale.

Si l’immunothérapie est très efficace chez 10 à 20 % des patients atteints de cancers, chez une majorité d’entre eux, ce traitement ne fonctionne pas. Il semble même que l’immunothérapie puisse avoir l’effet inverse dans certains cas ! L’équipe du Pr Le Tourneau a été une des trois premières au monde à rapporter ce phénomène. L’observation, à l’Institut Curie, d’un premier patient sous immunothérapie qui a vu sa maladie progresser de façon rapide après initiation d’une immunothérapie a été à l’origine d’un travail multicentrique (avec Gustave Roussy, le Centre Léon Bérard et le Centre Antoine Lacassagne) qui a permis de confirmer ce phénomène. « Depuis, une telle « hyperprogression » a été rapportée par plusieurs autres équipes.  Les chercheurs ont pu mesurer plus finement le problème. Les cas d’hyperprogression ont été rapportés chez 9% à 29% des patients mais l’immunothérapie est extrêmement efficace chez 10 % des patients, ce qui nous pousse à essayer au maximum de donner l’opportunité à nos patients de recevoir une immunothérapie. Christophe Le Tourneau a donc expliqué aux médecins comment réagir pour interrompre rapidement un traitement qui semble inefficace afin d’évaluer la situation et éventuellement en changer.

Cancer du sein : la pertinence de la radiothérapie

Une vaste étude européenne avec 15 ans de recul a confirmé la pertinence d’une radiothérapie des aires ganglionnaires pour les femmes atteintes de cancers du sein et dont les ganglions axillaires (sous l’aisselle) sont atteints ou dont la tumeur est située du côté médial (près des ganglions du sternum).

Le Pr Philip Poortmans, chef du département de radiothérapie-oncologie de l’Institut Curie  et investigateur principal de cette étude, a présenté ces résultats détaillés. De quoi donner à tous les oncologues les arguments pour faire le meilleur choix thérapeutique pour leurs patientes.

Il y a 30 ans, toutes les femmes concernées par ce type de cancers se voyaient proposer une radiothérapie des zones ganglionnaires, pour limiter les risques de propagation de la maladie. Mais à la fin des années 1980, une étude a mis en évidence chez ces patientes une mortalité accrue, due à la radiothérapie. Pour y voir plus clair, plusieurs médecins dont le Pr Poortmans, alors à l’hôpital Verbeeten à Tilburg, aux Pays-Bas, et le Dr Alain Fourquet, ancien chef du département de radiothérapie-oncologie de l’Institut Curie, ont lancé une vaste étude randomisée. Entre 1996 et 2004, 4 004 patientes sont incluses dans 43 centres en Europe. La moitié d’entre elles reçoivent cette radiothérapie des ganglions, les autres non. Les premiers résultats à 10 ans avaient montré un avantage, certes limité, mais significatif, de la radiothérapie. C’est aujourd’hui les résultats à 15 ans qui ont été présenté par le Pr Poortmans et ils confirment l’intérêt de ces traitements. Avec la radiothérapie, la mortalité globale des patientes baisse de 73,2 % à 70,8 ; la mortalité par cancer du sein et le risque de rechute diminuent de même.

Une méta-analyse regroupant les résultats des différentes études concernant plus de 14 000 patientes est en cours de rédaction par une équipe d’Oxford, incluant le Pr Poortmans. Elle devrait permettre d’affiner ces informations et de mieux comprendre quelles patientes doivent bénéficier de la radiothérapie. Et notons qu’au cours de ces dernières décennies, le diagnostic de plus en plus précoce des cancers du sein a fait baisser le taux d’atteinte ganglionnaire de 40 à 25 %, ce qui évite autant de ces radiothérapies controversées.

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ASCO 2018 : pas un grand cru mais…


L’ASCO c’est l’American Society of Clinical Oncology, 40.000 personnes à Chicago pour échanger sur tous les sujets de la cancérologie. On a beau dire qu’Internet va tuer les congrès, ça n’en prend pas vraiment le chemin….

Pas de révolutions annoncées cette année, mais des consolidations nombreuses.
- L’immunothérapie reste le leader avec des progrès majeurs dans des cancers hématologiques, du poumon, du rein, du colon et de la peau. On commence à comprendre comment mieux choisir les patients qui vont en bénéficier et on associe l’immunothérapie à la radiothérapie et à la chimiothérapie.
- La médecine de précision progresse doucement avec 2 types d’essais qui remplissent les sessions de posters. Les essais « baskets » (on a la cible et une drogue et on essaye d’obtenir des résultats) ou les essais dits « parapluie » où on a un panel de gènes et une liste de médicaments qu’on peut appareiller avec l’analyse du gène et on essaye d’otenir la correspondance entre les deux pour proposer un traitement efficace. Je continue de penser qu’on devrait utiliser ces procédures beaucoup plus tôt dans l’histoire de la maladie.
- Pour les cancers du sein les analyses moléculaires permettent d’éviter la chiomiothérapie à un nombre croissant de femmes sans dimunuer la survie.
- Un chapitre particulier pour les CAR-T cells (on cultive les propres cellules de l’immunité des malades) qui sont la nouvelle vedette de l’ immunologie. C’est cher et ça marche dans les leucémies, les myelomes et les lymphomes parfois de façon extaordinaire. Pour les autres tumeurs, on en est aux balbutiements.
- Il ne faut oublier ni la pédiatrie (toujours des progrès en survie et en qualité de vie) ni la prise en charge des symptômes avec, par exemple ,un appareil qui refroidit la bouche pour les mucites et permet 30 min sans douleur (le temps de manger, c’est capital).

Un post spécifique sur les apports de l’Institut Curie va suivre.

Un morceau de la France à Chicago


Le congrès américain de l’ASCO (American society of clinical oncology) se terminait aujourd’hui et pour la seconde année consécutive l’Institut Curie était la seule institution française présente avec un stand.

Le stand de l’Institut Curie, c’est d’abord un lieu d’informations et d’échanges avec les visiteurs du congrès. Nous y valorisons nos activités à l’international et présentons la large gamme d’activités médicales et scientifiques de l’Institut qui peuvent être l’occasion de nombreux partenariats par-delà nos frontières. Cette notion d’ouverture me tient particulièrement à cœur, elle est au cœur du projet d’établissement de l’Institut Curie

Ce stand, c’est aussi un lieu de rencontres et de passage pour les nombreux médecins de l’Institut qui viennent à l’Asco présenter leurs travaux. Ils viennent y tenir leurs rendez-vous ou encore faire leurs interviews avec les plus grands médias qui couvrent le congrès. Ils viennent pour leurs rendez-vous, pour charger un téléphone, pour partager un café… un lieu de vie et de convivialité aussi. Le stand est également un point d’appui privilégier pour organiser la communication sur place, directement en prise avec les médecins et leurs travaux pour valoriser au mieux l’innovation qui est au cœur de nos métiers.

Mais pour aller un peu au-delà, je dirais que ce stand c’est aussi un petit morceau de France à Chicago. Pendant ces 4 jours de Congrès, nombreux sont les institutions françaises à être passées nous voir. Nous avons reçu la visite du président de l’Institut national du cancer, d’Unicancer, la fédération des centres de lutte contre le cancer, d’autres hôpitaux parisiens partenaires et même du Consul de France à Chicago, venu constater à quel point la recherche clinique était un domaine d’excellence français qui participe à son attractivité. Pendant ces quelques jours, l’Institut Curie a porté haut les couleurs de la France grâce aux travaux de nos médecins et je m’en réjouis.

Le RGPD, tout le monde en parle


RGPD, c’est le Règlement Général de Protection des Données Personnelles qui est en œuvre depuis le 25 mai (en anglais, GDPR General Data Protection Regulation).

Ce texte qui s’applique à tous les résidents de l’Union Européenne a pour objectif de protéger nos données personnelles et d’harmoniser les lois avec les évolutions technologiques et aussi en accord avec la Cour de Justice Européenne qui, en mai 2014, obligeait Google à organiser un droit au déréférencement (droit à l’oubli) sur le Net.

En 2015, la même Cour de Justice a invalidé le régime juridique dit du « Safe Harbor » qui autorisait les entreprises américaines à importer aux USA les données personnelles des citoyens européens.

La définition de la donnée personnelle est importante car c’est tout ce qui permet d’identifier une personne (nom, adresse IP, photographie, numéro de téléphone, adresse, empreinte, enregistrement vocal, numéro de sécurité sociale, mail, etc…).

En France, c’est la CNIL qui est garante de cette confidentialité et de l’application du RGPD. Le RGPD vous permet de remettre de l’ordre sur ce que vous autorisez et ce que vous n’autorisez pas, et cela vaut pour vos enfants mineurs.

Nous pouvons être défendus par des associations. Attention cependant aux arnaques, et si vous avez un doute demandez l’avis de la CNIL.

60 ans du Centre Léon Bérard à Lyon 8ème


Samedi 26 mai à la préfecture devant 250 personnes, le Préfet, le Maire de Lyon et le Président de la Métropole, nous avons fêté les 60 ans du Centre Léon Bérard sur le site actuel (la création du Centre date de 1923).

On m’avait demandé de revenir sur l’historique et sur mes 20 ans de direction. J’ai essayé en 15 minutes de répondre à la demande et je reproduis ici ma prise de parole.

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Mamadou GASSAMA: bravissimo


Ce jeune malien sans papier a escaladé 4 étages à mains nues pour sauver un petit garçon de 5 ans.

Cela veut dire plusieurs choses :
- un « sans papier » peut être une personnalité qui apporte à notre pays et il ne faut jamais l’oublier.
- un « sans papier », c’est quelqu’un qui a mis plus d’un an à arriver au bord de la Méditerranée et qui a risqué sa vie dans un bateau surchargé.
- on naturalise Mamadou GASSAMA et on a bien raison;  mais il y a tellement de métiers en tension où on ne peut pas recruter qu’on devrait mieux sélectionner (même si on ne peut pas accueillir toute la misère du monde).

Le cas de Mamadou GASSAMA doit nous faire changer notre regard sur ces hommes et ces femmes invisibles, que bien souvent nous ne savons pas regarder avec bienveillance.

Pour comprendre TRUMP…


Le jour de l’ouverture de l’Ambassade US à Jérusalem (que les présidents américains avaient refusée jusqu’ici pour conserver le mince espoir d’une paix sur la base de deux états), le pasteur évangélique Robert JEFFRESS a déclaré :« je remercie le seigneur d’avoir donné à l’Amérique un président qui est du bon côté de l’histoire et du côté de Dieu sur la question d’Israël ».

La nébuleuse des soutiens de Donald TRUMP comporte les 50 millions d’américains des églises évangéliques, ce qui est tout de même paradoxal compte tenu de la vie sexuelle et des nombreux divorces du président. L’homme des casinos, et disons d’une vision à géométrie variable de la vérité, est donc soutenu par cette puissante église. Les évangélistes sont persuadés que l’Amérique a pour mission de défendre Israël en attendant le retour du Christ sur terre et l’apocalypse.

Mike PENCE, le vice-président est un évangéliste très religieux.
TRUMP est décidément un mystère qu’il nous faut percer progressivement pour comprendre où il va et surtout où il nous conduit et pourquoi.

Pour comprendre TRUMP, il faut comprendre les chrétiens évangéliques américains.

Assemblée générale de la Maison d’Izieu


Le 27 mai, j’ai présidé ma deuxième assemblée générale depuis que je suis président du Memorial d’Izieu.
C’est un moment important de la vie et de notre association.
Je souhaite partager avec vous mon intervention.

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Merci de votre présence à cette Assemblée générale.

Izieu est un symbole, le symbole de la barbarie mais aussi le symbole de la justice et de la mémoire.

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La ZFE, une réponse à l’Europe


Nous  (la France) étions jusqu’ici en pré-contentieux avec l’Europe sur la pollution de l’air, et nous voici maintenant devant la Cour de Justice Européenne, probablement parce que Nicolas HULOT a tardé (début mars 2018) à répondre en expliquant les efforts de Paris, Grenoble, Lyon et Lille, les grandes villes qui sont en cause sur la pollution aux particules fines (PM10) et à l’oxyde d’azote (NOx).

A Lyon, le plan Oxygène, ce sont 3 milliards depuis 2001 sur les transports en commun et la multimodalité, ce sont des efforts majeurs des industriels de la Vallée de la Chimie,  c’est l’éco-rénovation des immeubles, c’est le passage obligatoire aux inserts dans les cheminées au bois,  et c’est surtout le déclassement de l’A6/A7, la réduction de la vitesse sur le boulevard Laurent Bonnevay et le travail sur le contournement Ouest.

Le Plan Oxygène, c’est une amélioration de tous les paramètres depuis 2001 (sauf l’ozone) et ce sont des métropolitains en dessous du seuil européen pour les PM10 (100% des grands lyonnais) et une amélioration constante des dépassements en NOx.

La zone de faible émission (ZFE), c’est le travail en cours pour interdire les poids lourds et véhicules utilitaires légers les plus anciens d’une zone qui serait Lyon, Villeurbanne, une partie de Bron (à l’ouest du boulevard Laurent Bonnevay) et de Vénissieux (idem) ainsi que la partie de Caluire qui va de la montée des Soldats à la Saône. Bien sûr, il faut discuter avec les organisations professionnelles et c’est ce que nous faisons avec David KIMELFELD pour aboutir avant fin 2018 à un vote de l’Assemblée de la Métropole.

Ce sera notre réponse à l’Europe.

Le budget européen nous concerne tous


La Commission a présenté au début du mois de mai ses orientations pour le plan 2021-2027.

Je m’intéresse d’abord à la santé et à la recherche bien sûr, mais j’ai regardé les propositions de 1300 milliards d’euros, soit 1,11 % du PIB européen qui reste élevé malgré les 13 milliards que les Britanniques ne donneront plus.

La PAC pourrait diminuer, ce qui est un gros problème pour nos agriculteurs, mais les fonds seront conditionnés au respect de l’Etat de droit ce qui est une vraie question adressée aux Hongrois et Polonais.

Pour la recherche, le budget passe de 77 milliards à 100 milliards, et la santé, jusque là dotée de 7 milliards, peut en espérer 10 pour les années 2021-2027.
Comme président élu de l’Organisation Européenne des Instituts du Cancer, je prépare évidement tout cela en m’intéressant de près à un nouvel outil : la mission.

Y aura-t-il une mission cancer ?

Si c’était le cas, il faut créer les conditions d’un travail collectif entre tous les acteurs et trouver un modèle de gouvernance clair, transparent et juste.
J’aurai l’occasion de vous en reparler.

Air France va-t-il se saborder ?


Des clients fidèles et réguliers d’Air France décident de ne plus utiliser la compagnie (les Echos du 15 mai).
La situation devient intenable avec des conflits sociaux incessants depuis 15 ans alors qu’Air France est la compagnie où les personnels volent le moins et où les pilotes sont les mieux payés.
Comment en sortir ?
1- Il faut que l’Etat se retire et compte tenu de la compétition internationale, l’entreprise doit pouvoir prendre des décisions sans que l’actionnaire public bloque les réformes indispensables pour des raisons de politique intérieure.
2- Il faut accepter la compétition et simplement replacer les salaires et les heures de travail au niveau des autres compagnies européennes.

Si on ne le fait pas, Air France se verra rejetée par KLM et, à moyen terme, la compagnie mourra. C’est bien dommage car c’est un des fleurons qui fait la renommée de notre pays.

Je pars à Chicago dans 15 jours avec Air France par patriotisme mais je comprends ceux qui essayent de prendre une autre compagnie.

Il faut sauver Air France !

L’OL en Champions League


L’OL va retrouver les soirées de septembre à décembre, et, j’espère, du printemps, de la plus belle compétition européenne.

Le Groupama Stadium a été fait pour cela, et c’est un vrai succès quand on sait qu’une des deux places est “bloquée” par le PSG.

La 3ème place conduit normalement à un tour préliminaire qui sera plus facile sans les grands italiens, anglais et espagnols, mais la victoire de l’Atlético en Europa League offre à l’OL une qualification directe grâce aux points UEFA du PSG, de Lyon l’an dernier, de Marseille, de Monaco et de Saint Etienne, club qui a toujours respecté l’Europa League.

Avec une équipe très jeune, Bruno GENESIO a fait un grand et beau travail. C’est un vrai lyonnais et il fait partie de l’identité du club avec les jeunes sortis du meilleur centre de formation de France.

Il est évident pour moi qu’il faut garder GENESIO et, on aime ou on n’aime pas les tweets de Jean-Michel AULAS, mais il faut reconnaître sa capacité à construire et à reconstruire, et peut être et surtout sa capacité à gérer les périodes de crise.

Tout le monde sait que mon club de cœur c’est l’ASSE, mais je serai fier et heureux d’aller à ces belles soirées européennes l’an prochain pour supporter Lyon.

Quand on aime le foot (qui n’est pas la guerre) on peut supporter plusieurs clubs !

Pourquoi notre ADN ne détermine pas nos vies


J’ai lu et je vous conseille le très beau livre de Joël DE ROSNAY, « La symphonie du vivant », qui explique l’épigénétique d’une manière simple et juste.

D’une certaine façon cela veut dire que nous pouvons maîtriser le cours de notre existence en faisant du sport, en mangeant correctement et en évitant les toxiques identifiés. Joël DE ROSNAY montre que nous pouvons aussi agir sur la société avec ce que l’on appelle l’ADN sociétal, qui peut être modifié par le jeu complexe des acteurs qui le composent.

Notre programme ADN hérité de nos parents peut être exprimé, inhibé ou modulé par notre comportement et le comportement de ceux qui nous entourent.

La génétique, c’est la partition d’une symphonie, mais l’épigénétique,c’est l’interprétation de l’œuvre qui peut varier d’un chef d’orchestre à l’autre.

Nutrition, exercice, antistress, plaisirs et harmonie sont pour Joël DE ROSNAY les chapitres pour nous aider à interpréter la partition que nos parents nous ont confiée.

Le plus beau chapitre pour moi est celui intitulé « Lamarck et Darwin la réconciliation » où il explique que le débat entre l’inné et l’acquis est dépassé, puisque ce qui est acquis par une génération peut être transmis à la génération suivante.

Lisez ce livre, c’est vraiment un beau livre, bien écrit et facile à comprendre.

Comment réindustrialiser la France ?


De plus en plus d’entrepreneurs et de jeunes innovent en France et pourtant nous avons du mal à créer à nouveau de l’industrie.

La première raison c’est que nous sommes un pays de PME, de sous-traitance et donc d’entreprises beaucoup trop petites. Dans le domaine de la Santé, de l’Aéronautique, et de l’Automobile nos PME n’y arrivent plus.
Il faut regrouper les PME, accompagner la robotisation et la numérisation et copier l’Allemagne qui, eux, ont réussi à avoir des PME de taille moyenne.

La deuxième raison, c’est la trésorerie et donc les fonds propres qui permettent l’investissement indispensable pour tenir la concurrence.
La solution, ce sont nos start-up qui doivent devenir des PME et des groupes de PME et encore une fois c’est une question de fonds propres, donc d’aides rapides des banques publiques et privées.

Les jeunes entrepreneurs prennent des risques. Il est urgent que les banques publiques et privées en prennent aussi pour les aider.

La réindustrialisation de la France est à ce prix (du courage et de la prise de risques).

Allez l’OM !


Ce soir à Lyon, c’est la finale de la ligue Europa.

Comme beaucoup de Lyonnais, je n’ai pas de billet et je regarderai le match à la télé. Beaucoup, ici à Lyon, pensent qu’il vaut mieux une victoire de l’Atletico qui donnerait trois places directes en Champions League à la France et donc à l’OL mais, si l’OM gagne, la France peut avoir 4 clubs en Champions League, ce qui serait historique.

Personnellement, je suis pour les clubs français qu’ils s’appellent ASSE, OL, PSG, Bordeaux ou OM quand ils jouent en Europe.

En plus, j’avoue que j’aime bien l’OM qui a un public fabuleux que seul Strasbourg peut être peut challenger.
Alors allez la France et que Dimitri Payet comme moi puisse soulever la Coupe !


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