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L’origine des MJC - André Philip et la laïcité


Deuxième étape : « ANDRE PHILIP ET LA LAICITE »

Par Mathilde Philip-Gay


Car la République des Jeunes d’André Philip est indéniablement laïque.

Je ne sais pas ce que vous avez pensé du passage de ce texte d’André Philip lu par Thierry Philip, mais personne ne vous en voudra si vous l’avez trouvé profondément anticlérical (Pour les enfants présents : être anticlérical c’est s’opposer à l’influence et à l’intervention du clergé catholique dans la vie politique et sociale).

Cette position anticléricale peut surprendre chez André Philip, ce chrétien engagé dans sa paroisse et pour l’intérêt général. Mais pour la comprendre, il faut se rappeler que le protestantisme s’est aussi construit à partir d’une forme d’anticléricalisme. Et puis, comme l’a montré l’historien du protestantisme André Encrevé, pendant la seconde guerre mondiale l’Eglise catholique a obtenu du gouvernement de Vichy le subventionnement des écoles privées confessionnelles par l’Etat (abrogé en 1945). Or, l’histoire des protestants les rend « particulièrement sourcilleux à propos de l’école, puisqu’ils savent que c’est surtout par le biais d’une école contrôlée par l’Église catholique que la monarchie française a tenté d’arracher leurs enfants » à leur foi. A l’époque les intellectuels protestants citent d’ailleurs régulièrement les mots attribués à Madame de Maintenon, « si l’on ne peut avoir les parents, on aura les enfants ». L’anticléricalisme protestant de l’époque dont est représentatif André Philip ne peut donc pas être assimilé à celui des anticléricaux d’origine catholique que sont la plupart des anticléricaux français à l’époque.

Quoi qu’il en soit, André Philip va pleinement s’engager pour la laïcité à trois reprises parallèlement à la présidence de Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture.

I. L’ENGAGEMENT D’ANDRE PHILIP EN FAVEUR DE LA LAÏCITE

1/ La première fois c’est en 1946, lorsqu’il participe à la rédaction de la Constitution de 1946 qui va profondément marquer la conception actuelle de la laïcité.

- article 1er de la Constitution : « La France est une République laïque, qui assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ».

La laïcité n’est pas qu’un principe, c’est un lien qui doit unir les français, ce qui est une vision très moderne de la laïcité. D’après André Philip, la laïcité est un « lien commun qui nous unit dans une commune foi » (Assemblée nationale constituante, 3 septembre 1946).

- alinéa 13 du préambule de la Constitution de 1946.

« La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat ».

Ici est formalisée la spécificité de la laïcité scolaire qui a ses propres fondements juridiques et des règles particulières qui en découlent.2/ au moment de la loi Debré (1959).

- La loi Debré permet le financement public des écoles privées sous contrat, et notamment de celles d’enseignement catholique (dans le prolongement de la loi Falloux qui reconnaissait déjà des écoles libres à côté des écoles publiques).

-D’après André Encrevé : « en général les protestants accueillent très mal l’adoption de cette « loi Debré » par le Parlement. Certes, ils s’attendaient à une augmentation des subventions en faveur de l’école catholique, mais ils ne pensaient pas que le gouvernement irait jusqu’à faire financer par l’impôt – c’est-à-dire par tous les Français – la presque totalité des frais de fonctionnement des établissements d’enseignement catholique, réservés, à leurs yeux tout au moins, à seulement une fraction de la population ».

3/ au moment de la construction des MJC

Cest là que va être défini son concept de laïcité ouverte qui n’a rien à voir avec un jugement de valeur sur la laïcité, mais qui signifie qu’il convient notamment de la diffuser (on la retrouve dans les statuts de la MJC à partir de 1948). Cette conception de la laïcité qui présente deux caractéristiques.


II. LES CARACTERISTIQUES DE LA LAÏCITE DANS LA PENSEE D’ANDRE PHILIP

Ces deux caractéristiques sont exprimées dans un chapitre de l’ouvrage paru en 1957 de la fédération protestante intitulé « laïcité et paix scolaire ».

1/Le pluralisme

“Le cadre laïque se donne les moyens de faire coexister sur un même territoire des individus qui ne partagent pas les mêmes convictions” expliquait André Philip lors des débats à la Constituante de 1946 [1]



2/ Replacer l’enfant au centre de l’éducation conformément à la morale laïque

- Il est l’héritier de la pensée de Condorcet sauf que tout en reconnaissant l’importance du droit à l’éducation des parents, il place l’enfant au centre de son raisonnement.

Pour le socialiste André Philip, la laïcité était « l’affirmation d’un certain nombre de valeurs positives et c’est là le sens profond de la morale laïque » qu’il convient d’inculquer à l’enfant en tant que futur citoyen

CONCLUSION : Selon André Philip, il faut une éducation de l’enfant dans un environnement pluraliste et selon la morale laïque. Cela ne remet pas en cause ses éventuelles convictions religieuses, s’il est sûr de ces convictions. (Lire « laïcité et paix scolaire » p. 270 et 271)

Par conséquent, son anticléricalisme et sa foi n’empêchent pas un profond respect des autres convictions philosophiques et religieuses en particulier catholiques, et de désirer que les jeunes gens connaissent l’ensemble de ces convictions pour former de meilleurs citoyens.

Cette conception de la laïcité (pluralisme, replacer l’enfant au centre pour en faire un futur citoyen) marque aussi sa vision de l’éducation populaire…

Références

Scot Jean-Paul. « Loi Debré, liberté d’enseignement et dualisme scolaire », La Pensée, vol. 387, no. 3, 2016, pp. 127-141.

Encrevé André, Les protestants face à la « loi Debré » de 1959, Revue d’Histoire de l’éducation 2006, n°110.

Contribution d’André Philip, Laïcité et paix scolaire. Enquête et conclusions de la Fédération protestante de l’Enseignement, Paris, Berger-Levrault, 1957.


[1] Nous empruntons cette référence à Régis Debray dans plusieurs de ses interventions sur la laïcité.

L’origine des MJC


Conférence sur André Philip depuis la République des Jeunes jusqu’aux MJC

Dans le cadre « des Journées Européennes du Patrimoine » 17 Septembre 2021

Thierry Philip – petit fils d’André Philip

Je vous propose de diviser cette longue conférence en 4 étapes.

Voici la première : « LA REPUBLIQUE DES JEUNES »


————————-

Bonjour à tous,

Je voudrais d’abord vous remercier de m’avoir invité ce soir et commencer en disant qu’il y a, à mon avis, une double logique puisque le thème de cette journée du Patrimoine est la jeunesse, d’avoir choisi André Philip et le temple de la Rue Lanterne.

D’abord le Temple de la Rue Lanterne, parce qu’André Philip était un paroissien de ce temple. Comme l’indiquent les panneaux d’exposition que vous avez vus précédemment, après avoir refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain, André Philip était là, en juillet 1940, lors du célèbre sermon du Pasteur Roland de Pury que l’on peut considérer comme le début de la Résistance protestante à Lyon.

D’autre part, et c’est la deuxième logique, c’est à Lyon au retour de la guerre qu’André Philip décide de créer la République des Jeunes qui deviendra la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture, ce thème de la République des Jeunes et celui que l’on m’a demandé de traiter ce soir.

Ce thème n’était pas du tout au départ dans les compétences du professeur d’économie André Philip mais ce sont les liens contractés durant la période de la résistance, mais aussi ses responsabilités de commissaire à l’intérieur à Londres et, surtout à Alger, qui impliquent André Philip dans la réflexion sur la réorganisation des mouvements de jeunesse.

Son investissement sur ce thème n’a pas seulement été conjoncturel puisque, à peine revenu en métropole libérée, il préside à la Fondation de la République des Jeunes qui deviendra progressivement la Fédération Nationale des Maisons des Jeunes et de la Culture. En dépit des difficultés que nous allons voir sur l’organisation, d’abord dans les années 46-47 puis, au cours du temps, il en conservera la direction jusqu’en 1968 soit 2 ans avant sa mort.

L’investissement du député du Rhône et les orientations qu’il s’efforce d’impulser sur la politique de la jeunesse, tant à Alger qu’à Lyon, puis Paris, témoignent des espoirs que les hommes de la Résistance ont placés dans le renouvellement des cadres de la vie politique et sociale, renouvellement largement porté par les initiatives nées du foisonnement intellectuel des années de l’ombre.

La République des Jeunes, c’est une utopie résistante qui se heurte très rapidement aux exigences de la réconciliation nationale passant par la réintégration des forces et des institutions maintenues ou créées sous Vichy et au déchirement politique de la Résistance.

Dès le front populaire dont André Philip est un député socialiste, il est demandé aux organisations de jeunesse et de loisirs populaires de relayer la politique de Léo Lagrange. Après l’échec politique du gouvernement Blum, le retour à l’opposition mais surtout la défaite, la guerre et la période de la libération sont autant d’occasions de renouer avec certaines réalisations du Front populaire. Telle est en tout cas la filiation qu’évoque André Philip dans un texte de 1945 sur l’orientation donnée au projet, je cite « Il s’agit de reprendre le plan qui avait été inauguré dès 1936 au Ministère des Loisirs par Léo Lagrange, le gouvernement doit donc encourager tous les mouvements comme les auberges, tourisme et travail, mouvements scouts de toute tendance qui créent pour la jeunesse les fondements physiques mêmes de sa santé ».

Comme beaucoup d’intellectuels et de responsables politiques mais aussi d’enseignants, André Philip face à l’effondrement de juin 1940 reporta son attention vers la jeunesse, entité indispensable au relèvement de la Nation.

Plus décisif sans doute fut son expérience au Chambon-sur-Lignon où il s’est réfugié avec sa femme, Mireille – elle aussi paroissienne de la rue Lanterne et fille de pasteur sera une des premières Justes du Chambon-sur-Lignon en même temps que le pasteur André Trocmé et sa femme. Elle a en effet passé des enfants juifs en Suisse avant une fois recherchée de se transformer en spécialiste des faux papiers. Mireille Philip pourrait faire l’objet d’une conférence à elle seule mais … revenons à André Philip.

C’est pour André Philip au Chambon une période d’immersion dans une petite communauté villageoise, certes rehaussée par la présence de nombreuses figures intellectuelles rassemblées au sein du Collège Desroches, mais c’est là qu’il anime avec d’autres, des conférences éducatives. Je cite une habitante du Chambon, Madame Merla : « Au cours de l’hiver 41-42, André Philip eut essentiellement deux ordres d’activités au Chambon : une au Temple où il dirigea un groupe d’étude biblique sur l’épitre de Saint-Jacques, ce groupe qui ressemblait à s’y méprendre à l’ancienne section du Parti Socialiste pouvait discuter aussi en toute liberté de tous les problèmes politiques et nationaux. Avec le docteur Le forestier, il organisa en plus une société de conférences qui, une fois par semaine, réunissait à peu très tout le village où il traitait les sujets suivants : capitalisme, anti-corpitalisme, URSS, Benjamin Constant, Charles Peguy autant de prétextes pour prendre position contre le gouvernement de Vichy ».

Son départ pour Londres, puis Alger ne lui fait pas perdre de vue ces questions même si les impératifs de la vie politique sont davantage présents et sa désignation comme Commissaire à l’Intérieur lui fait prendre alors directement en charge les questions de jeunesse.

Il participe au débat qui agite la France Libre, d’abord théoriquement sur les modes d’organisation de la jeunesse, puis pratiquement lorsqu’il s’agit à Alger de gérer la transition giraudiste. A Alger, la volonté de rompre avec les ferments du passé tant dans le domaine de l’éducation que de la politique de la jeunesse bute rapidement sur la question laïque, la représentation des mouvements politiques, la question de l’attitude des mouvements durant l’occupation et face aux initiatives aux réalisations de Vichy dans le domaine de la jeunesse.

Comme Commissaire à l’Intérieur, André Philip prend un certain nombre de décisions qui visent à susciter le soutien des organisations de jeunesse. Il s’agit tout à la fois de fédérer les organisations issues de la Résistance, mais aussi de chercher le soutien des organisations légales, objectif de la mission menée par Jean-Louis Fraval en France à partir du printemps 43. Et, c’est dans ce contexte, que se produisent en France des rapprochements entre mouvements des auberges de jeunesse et la jeunesse chrétienne combattante qui aboutissent à la création des Forces Unies de la Jeunesse Patriotique (FUJP) le 15 octobre 1943. Parallèlement, l’ordonnance du 2 octobre 1943 pose les fondements de la politique de la jeunesse des années à venir instaurant notamment un conseil de la jeunesse rassemblant les groupements de la jeunesse à l’exception des mouvements politiques. Cette situation est jugée inacceptable par les mouvements issus de la Résistance qui obtinrent d’y être représentés à partir de juillet 44 et plus largement d’être partie prenante de la future politique de la jeunesse.

La philosophie d’André Philip, c’est de « concevoir l’Etat comme un coordonnateur des mouvements de jeunesse et nullement comme un initiateur ». On dirait aujourd’hui qu’il est pour une politique « Bottom-up » et pas « top-down » !

La réunion constitutive de la République des Jeunes se déroule donc à Lyon le 4 octobre 44 mais son siège se déplace très vite à Paris, parallèlement à l’élargissement du mouvement dans lequel figurent désormais les représentants des mouvements de jeunesse, le Conseil Protestant de France, les Eclaireurs de France, le Mouvement des Auberges de Jeunesse, des organisations syndicales, des mouvements de résistance. Peu après, viendront s’y adjoindre l’Union de la Jeunesse Républicaine Française, l’Organisation de Jeunesse du Parti Communiste Français, les Jeunesses Socialistes, la Ligue de l’Enseignement, les Scouts de France. Ainsi mise en place, l’Organisation sert de cadre à l’action de l’Etat dans sa politique de la jeunesse, comme le précise la Circulaire signée par Jean Guehenno. Ce texte récuse toutefois l’intervention directe de l’Etat dans la création et l’action des Maisons de la République des Jeunes, principalement parce qu’elles risqueraient d’apparaitre comme des instruments d’une politique d’Etat et qu’il convient à cet égard de rompre entièrement, avec certaines tendances qui s’étaient déjà manifestées au sein de l’ex-Commissariat à la Jeunesse de Vichy. « Il importe au contraire, dit le Ministre, de s’appuyer sur des initiatives préexistantes, la République des Jeunes se voyant attribuer en ce domaine un rôle prépondérant ».

Donc, pas d’intervention directe de l’Etat mais le gouvernement s’efforce par la distribution de subvention, notamment de réaliser une forme d’unité grâce au relais d’associations amies. Ainsi, le ralliement des associations catholiques correspond pour une part à des liens réels noués pendant les combats communs de la Résistance, par des militants mais aussi aux soucis moins louables, de faire oublier les relations plus qu’étroites entretenues avec le régime déchu. Il importe de distinguer entre les mouvements les plus ardents que sont les jeunesses catholiques combattantes, qui sont loin d’être représentatives de l’ensemble du mouvement de la jeunesse catholique et qui connaissent au contraire un rapide déclin. Seule l’euphorie des premiers mois de la Résistance, l’attitude conciliante des grands mouvements de jeunesse permettent de comprendre ce regroupement au sein de la République des Jeunes de mouvements si différents ayant ou non été proches de Vichy.

André Philip insiste sur le fait que « la République des Jeunes vise à réaliser dans notre pays une coopération de tous les mouvements et organisations de jeunesse, dans le respect de leur libre diversité ; avant la guerre nous avons connu la dissémination des efforts aboutissant trop souvent à des doubles emplois, à des rivalités malsaines. Sous Vichy, on a essayé d’embrigader la jeunesse et en la groupant dans une organisation unique de la soumettre à la tutelle de l’Etat ». « Aujourd’hui, dit André Philip, les associations doivent retrouver leur pleine liberté de gestion mais nous sommes menacés d’un danger inverse, on risque de croire que les associations pousseront toutes seules sans une forte avant-garde de militants spécialisés. L’Etat qui accepte volontiers de n’être qu’un conseiller soutient et arbitre, à tendance à interpréter sa fonction dans le sens du nécessaire alors qu’il lui faudrait faire preuve de décisions sous la base d’un plan rigoureux ». André Philip fait le rapprochement entre ces maisons qui se créent autour de la République des Jeunes et l’esprit des Bourses de travail, modèle d’un syndicalisme à la fois révolutionnaire mais ouvert sur l’extérieur. Les futurs Maisons des Jeunes et de la Culture doivent d’après lui « rassembler toutes les forces de l’activité éducative physique et sportive mais aussi intellectuelles et professionnelles pour forger un homme complet ».

Je cite à nouveau André Philip : « Il faut surtout que l’on cesse d’identifier la notion de culture avec le bagage encyclopédique que prétend consacrer le baccalauréat. Il faut former de bons ouvriers, de bons paysans, au courant de la technique industrielle moderne, mettre sur pied une classe ouvrière capable de faire face à l’effort d’une industrialisation systématique qui s’impose aujourd’hui à la France et il faut faire cela en donnant à ces ouvriers non seulement les connaissances techniques nécessaires mais une formation d’homme complet, physique, intellectuelle et morale qui leur permette de devenir un citoyen d’une république libre ».

Cet objectif, audacieux, qui englobe à la fois la dimension culturelle et politique, s’est évidemment heurté rapidement à la renaissance des conflits idéologiques. Une fois passée la brève parenthèse des derniers mois de la guerre le cœur de ces conflits idéologiques, c’était évidemment la question de la laïcité.

Je cite un passage du rapport du 2ème Congrès des Jeunesses Socialistes en 1946 « Considérant que nous assistons à l’heure actuelle à une recrudescence de l’attaque combinée des trusts et de l’Eglise contre l’école laïque, le Congrès constatant que les Associations Catholiques de France ont approuvé et soutenu la politique de Vichy, qu’elles ont reçu d’importantes subventions du Maréchal, qu’il s’agit d’organisations réactionnaires et hostiles à toute évolution sociale, décide qu’aucune relation ne peut exister entre ces mouvements et la jeunesse socialiste ». C’est dans cet esprit laïque que se crée la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture qu’André Philip va présider jusqu’en 1968.

Du jaune au blanc et inversement …


Le secret des changements de couleur de l’araignée-crabe

CP PNAS Dépigmentation araignées

La couleur des animaux fascine toujours autant. Si le processus de pigmentation est bien compris chez la plupart des animaux (dont les humains), celui de dépigmentation l’est beaucoup moins. Des chercheurs de l’université de Tours, du CNRS, de l’Institut Curie, en collaboration avec le Synchrotron SOLEIL et la société CryoCapCell1 viennent de publier un article dans la prestigieuse revue scientifique américaine PNAS, permettant de comprendre le phénomène de dégradation des pigments grâce au changement de couleur des araignées.

Pour en savoir plus clic lien

Talibans et talibans : une question de majuscule


photo Mark Milstein

En persan, le mot talib (ou taleb), dont le pluriel est taliban (taleban), signifie « étudiant ».

Au Pakistan et en Afghanistan, le mot taliban désigne plus particulièrement les étudiants en religion, ceux des madrasas, les écoles coraniques. Les chercheurs distinguent ces derniers des Taliban (avec une majuscule), mouvement politique apparu en 1994 dans la province afghane de Kandahâr. La distinction importe, affirment-ils : beaucoup de taliban n’appartiennent pas à l’organisation Taliban, et certains Taliban ne sont pas taliban, les chercheurs ne lui ajoutent pas de « s » en français, à la différence de la plupart des titres de presse francophones.

Enfin, les spécialistes insistent aussi sur la nécessité de différencier le mouvement Taliban afghan de son homonyme pakistanais. Ultraviolent, ce dernier – Tehrik-i-Taliban Pakistan ou TTP – se rapproche davantage du groupe Etat islamique par son mode opératoire.

L’entrée du service de Pédiatrie de l’Institut Curie


L’entrée du service de Pédiatrie fait peau neuve grâce à l’association NOC !

Au centre SIREDO, dans une ambiance cosy et chaleureuse, la décoration du palier et de l’entrée de l’hospitalisation en pédiatrie a été repensée par l’association « NOC ! Nous on crée » et financée par la générosité de mécènes, familles et amis. Ce nouvel aménagement ainsi qu’une exposition des élèves des ateliers NOC ! ont été inaugurés le 9 septembre dernier.

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© NOC !

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© Sébastien Tallandier / Institut Curie



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© Thibaut Voisin / Institut Curie

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© NOC !



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© NOC !

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© Sébastien Tallandier / Institut Curie

Initié par l’Institut Curie, le projet de réaménagement de l’entrée du service de Pédiatrie a été mené en collaboration avec la plasticienne Elodie Thébault, responsable de l’atelier d’arts plastiques à l’institut depuis 2005 et fondatrice de l’association, et l’architecte Pierre David. La nouvelle décoration et l’exposition des élèves des ateliers ont pu être réalisées grâce au soutien de la Fondation Engie, mécène fondateur de NOC !, la Fondation Roi Baudoin, Canon France, partenaire de l’atelier, et à la générosité de familles et amis.
Le 9 septembre dernier, ces belles réalisations ont fait l’objet d’une inauguration.

Au-delà des ateliers d’arts plastiques dédiés à nos jeunes patients, c’est aussi un véritable projet d’embellissement de l’accueil du service de pédiatrie qui a été mené avec l’association NOC !. Une entrée dans un service qui se veut accueillante, originale et rassurante. C’est ça, pour moi, aujourd’hui, le « prendre soin ». Ça n’est pas seulement s’intéresser à une tumeur, à la question organique, c’est considérer la personne dans son entièreté, dans son originalité et je trouve que cette entrée en pédiatrie est une belle illustration de ce fameux « prendre soin ». Nul doute aujourd’hui que les arts et la culture contribuent à la qualité de vie des patients comme des familles.

*SIREDO : Soins, Innovation, Recherche, en oncologie de l’Enfant, de l’aDOlescent et de l’adulte jeune

Légende de la première photo (de gauche à droite) : Pr Steven Le Gouill, Dr Olivier Delattre, Dr Daniel Orbach, Elodie Thébault, Pr Thierry Philip, Pr Dominique Stoppa-Lyonnet, Philippe Peyrat.

Ça suffit !


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Les manifestations contre « l’abus » que représente le pass sanitaire doivent s’arrêter car elles ne sont qu’une façon de refuser la vie collective.

De quel abus s’agit-il alors que le gouvernement, le parlement, le conseil d’état et le conseil constitutionnel (et le conseil scientifique) ont donné leur aval à ce pass sanitaire anti-Covid ?

Ne faut-il pas raison garder car il existe déjà 2 pass sanitaires contre lesquels nous n’avons pas manifesté.

Les enfants doivent recevoir 10 vaccins obligatoires pour avoir le droit d’aller à l’école (pass scolaire).

Les soignants doivent être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, l’hépatite B et le droit d’exercer leur profession en dépend (pass pour les métiers).

La liberté individuelle existe et doit être garantie mais il existe aussi une notion de responsabilité collective qui doit reconnaître la légitimité des institutions et le droit des autres.

Donc, ça suffit !

Réchauffement climatique – attention


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Le dernier rapport du GIEC (clic lien) paru cet été nous annonce le pire et sonne comme un dernier signal d’alarme. On peut encore faire quelque chose mais on ne pourra pas encore longtemps avant l’inéluctable.

Notre société est droguée au PIB et à la consommation et elle nous faire croire que le bonheur est lié à ce que nous pouvons obtenir. Il va bien falloir changer notre mode de vie.

Le changement devra t’il s’accompagner d’une décroissance ou au contraire s’accompagnera d’une nouvelle croissance verte ?

C’est la question centrale que la prochaine élection présidentielle devra aborder et si possible résoudre.

Personnellement, je crois à la science et au progrès et donc je crois qu’une croissance verte est possible si nous changeons vite de « logiciel ».

Je crois aussi à « il faut aimer ton prochain comme toi-même ». Bien sûr le prochain c’est celui qui est en face de moi mais étymologiquement le prochain c’est le suivant, ce sont nos enfants et nos petits-enfants.

La terre nous est confiée lors de notre venue sur terre. Il est de notre responsabilité de la rendre en état de marche aux prochains.

Il faut écouter le rapport du GIEC et il faut agir … pas demain, maintenant !

Accueillir …


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3000 personnes ont été évacuées de Kaboul par les avions de la République Française dont 2600 afghans.

Cette immigration Afghane n’est pas nouvelle. Avant d’être détrônée par la Syrie, l’Afghanistan était depuis 1976 le 1er pays d’origine des migrations internationales.

Fin 2020, on comptait plus de 2,6 millions de réfugiés afghans dans le monde, 61 000 avaient déposé une demande d’asile en Europe dont 12 000 en France.

En vertu de la Convention de Genève (Article 1er A2) doit se voir accorder la qualité de réfugié « toute personne qui craint avec raison d’être persécutée pour son ethnie, sa religion, son appartenance à certains groupes ou ses opinions politiques ».

La France est donc tenue juridiquement de les accueillir et le président de la république a eu raison de dire que c’était « l’honneur de la France » de faire son devoir.

L’accueil est un devoir qui ne doit pas être sacrifié à l’aire des débats de la future campagne présidentielle.

Une grande équipe de France


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Evidemment, il ne s’agit pas de l’équipe de foot Championne du Monde de plus en plus soporifique à voir jouer, même si c’était enfin enfin agréable contre le Finlande, mais bien de notre fabuleuse Equipe de France paralympique qui a battu tous les records et surtout préparé Paris 2024 de façon remarquable.

11 médailles d’or, 15 médailles d’argent et 28 médailles de bronze, ce qui dépasse largement l’objectif fixé à 35 médailles.

Le regret c’est qu’aucune médaille d’or n’a été rapportée par une femme et Marie-Amélie Le Fur, la présidente du Comité para-olympique et sportif français finit son exceptionnelle carrière (9 médailles au total) avec une belle médaille d’argent à la longueur.

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Le message adressé aux personnes en situation de handicap c’est que tout est possible et pour nous, personnes valides, chaque médaille nous raconte une exceptionnelle histoire de vie et nous montre ce que courage et volonté peut obtenir.

Soyez admiratifs et prenez des billets pour les Jeux paralympiques d’été de 2024, à Paris !

La mort de Bébel