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La justice normale


 Je m’interrogeais hier sur les chances (ou malchances…) de retour du président sortant. En effet, au-delà de son envie personnelle, on sent que l’étau de la justice se resserre sur son camp et progressivement sur lui. Depuis quelques semaines, il y a « les affaires Guéant ». Cette semaine, l’affaire Karachi a pris un nouveau virage et je serai étonné que le dossier en reste là, il y a eu quand même mort d’hommes.

Le dossier Tapie/Lagarde a enfin refait surface. Rappelez-vous, ce sont 400 millions d’euros qui ont été offerts par l’Etat à Bernard Tapie, pour solde de tous comptes, pour liquider le contentieux Adidas. Un Bernard Tape qui avait été très solidaire du candidat futur président. Bercy pourrait lancer un recours en nullité de la décision prise à l’époque par C. Lagarde.

A gauche, il y a eu l’électrochoc Cahuzac. Et quelques dossiers sont encore ouverts à Marseille ou à Liévin. Doit-on en conclure pour autant que Gauche ou droite, tous les hommes politiques sont pourris ? C’est un discours bien connu tenu par des personnes qui ne sont pas si respectables. Non, au contraire, je crois que le président normal a vraiment accouché d’une nouvelle manière de voir la justice : une justice qui passe là où elle doit passer. Une justice nullement entravée.

Une justice enfin…normale ! Et c’est à mettre à l’actif de notre Président.

La parole à… Stéphane GOMEZ


” Des ayants droits

« Connard » ! C’est par ce seyant qualificatif qu’une militante Front de Gauche de ma connaissance a eu la courtoisie de décrire le président de la République. Le motif d’un tel portrait ? Un article dans un journal classé à Droite sur ce que François HOLLANDE pourrait ou devrait faire pour sauver le système de retraites par répartition. Pas ce qu’il a annoncé qu’il ferait, non, ce qu’un journaliste de Droite estime qu’il pourrait ou devrait faire. La nuance est probablement de détail, l’adjectif ne l’était pas, nuancé, lui.

Rappelons d’abord quelques éléments du fond du dossier des retraites. D’abord : le Gouvernement n’a annoncé pour l’instant aucune mesure ! En son temps, le Parti Socialiste a dénoncé une réforme sarkozyste non-discutée, injuste et inefficace, puisqu’elle ne résolvait pas ni à court, ni à moyen ni à long termes le problème du financement des retraites par répartition, tout en vidant le fond de réserve créé par Lionel JOSPIN (comme l’atteste la Cour des Comptes dans son rapport de 2011). Durant la campagne présidentielle, le candidat François HOLLANDE n’a pas dit cependant qu’il proposait de revenir à l’âge de retraite pour tous à 60 ans avec 37,5 années de cotisations. On peut sûrement le regretter, on ne peut pas le contester : son engagement était de reposer le problème du financement des retraites par répartition, en organisant une large consultation des partenaires sociaux, en permettant à celles et ceux qui avaient leurs annuités de partir avant le nouveau seuil de départ, en tenant compte probablement dans la future et indispensable réforme du sujet de la pénibilité. Qu’ont fait depuis mai 2012 François HOLLANDE et Jean-Marc AYRAULT ? Ils ont permis dès l’été que celles et ceux qui ont leur annuités de cotisations puissent partir plus tôt, et ils viennent de lancer une large consultation des partenaires sociaux, en annonçant que rien n’était décidé pour l’instant, qu’il fallait se donner du temps.

Pour le dire autrement et simplement : François HOLLANDE tient ses engagements !

On peut trouver ses engagements insuffisants ou mauvais, peut-être. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas tenir ses engagements. Or, il se trouve, mais cela est peut-être un détail démocratique pour certains tenants d’une haute éthique politique, que c’est avec ces engagements qu’il s’est présenté devant les Françaises et les Français, c’est avec ces engagements qu’il a été élu ! On peut trouver ses engagements insuffisants ou mauvais, peut-être, mais c’est ceux qu’il a pris devant le peuple souverain, peuple qui lui a délégué pour 5 ans sa souveraineté. Mais le peuple souverain est peut-être lui aussi un détail démocratique pour certains tenants d’une haute éthique politique…

Car certains ont plein la bouche des ayants droits de l’élection à la présidence de la République de François HOLLANDE. Mais il n’y a qu’un seul ayant droit en démocratie : c’est le peuple souverain ! Tout le peuple souverain, même celles et ceux, citoyennes et citoyens, qui n’ont pas voté, au 1er et au 2ème tours, pour François HOLLANDE. Tout le peuple souverain, sur la base des engagements pris par le candidat devant lui.

Si certains veulent hiérarchiser les ayants droits, ce qui est toujours surprenant de créer des hiérarchies quand on se réclame de la Gauche Extrême, alors les ayants droits parmi les ayants droits sont l’ensemble des électeurs de François HOLLANDE pour le 2ndtour, tous ses électeurs, de Gauche, de Gauche Extrême, de Centre Gauche, de Centre Droite, des Extrêmes Gauches, des abstentionnistes du 1er tour, du Marais, et même peut-être au-delà ! Si l’on veut hiérarchiser dans la hiérarchie, alors les ayants droits de François HOLLANDE sont tous les électeurs qui lui ont apporté leur confiance et leurs voix dès le 1er tour. Car, détrompez-moi si je suis dans l’erreur, si François HOLLANDE a gagné l’élection présidentielle, c’est d’abord parce qu’il a gagné le « droit » d’être présent au 2ndtour ! Il est arrivé, sur la base de ses engagements, en tête du 1er tour, faisant 2,5 fois les voix du 2ème candidat de Gauche (excusez la nuance!). Il n’a pas été au 2ndtour parce que d’autres à Gauche ou au Centre lui ont fait cadeau de cette place dans le cadre d’une quelconque combinaison de partis, il a été au 2ndtour car ce fut le choix démocratique qui lui a permis d’y accéder. Décidément, tous ces détails de démocratie…

On pourrait continuer de hiérarchiser la hiérarchie et remonter encore jusqu’aux Primaires Citoyennes de la Gauche (3,5M de participants volontaires, excusez ce détail démocratique!) et jusqu’aux militants socialistes, mais cela risquerait de finir par faire trop de hauteur d’éthique pour certains.

Alors revenons aux ayants droits ou proclamés comme tels, qui pullulent à longueur de critique « de Gauche » de l’action gouvernementale. Il ne s’agit pas de contester l’opinion des uns et des autres. D’avoir voté pour François HOLLANDE au 2ndtour de l’élection présidentielle ne doit rien enlever aux convictions et aux analyses des uns et des autres. D’avoir voté pour François HOLLANDE dès le 1er tour même n’enlève rien aux convictions et aux analyses des uns et des autres. Mais radotons ce petit problème d’engagements pris devant les citoyennes et les citoyens : François HOLLANDE a été élu pour tenir ses engagements, pas ceux des autres ! On pourrait lui reprocher de ne pas tenir ses engagements, on peut difficilement lui reprocher, en tenant ses promesses, de ne pas du coup tenir celles des autres candidats, battus par le suffrage universel. Cette défaite devant le suffrage n’enlève rien à leurs convictions, mais fait que ce ne sont pas leurs engagements qui ont à être tenus !

Bien sûr, on peut trouver le système institutionnel insatisfaisant, ne permettant pas une véritable expression démocratique. Mais, d’une part, proclamer une VI° République ne suffit pas en guise de réponse : s’il s’agit de recréer institutionnellement la IV° République, alors assumons aussi que pour parlementaire qu’elle fut, elle fut aussi, cette IV°, le système des combinaisons d’appareils au mépris du principe de délégation de la souveraineté. La VI° République, oui, mais laquelle ? D’autre part, en politique (comme ailleurs), on ne confond pas le monde tel qu’on veut qu’il soit avec le monde tel qu’il est ! Notre Démocratie est bâtie sur la délégation de la souveraineté nationale à la majorité absolue du 1er tour, absolue ou relative du 2ndtour. C’est peut-être injuste (à défaut d’inefficace) mais c’est notre système actuel, celui dans lequel on inscrit le combat politique démocratique qui est celui de la conquête pacifique du pouvoir pour y appliquer des engagements.

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Cette conquête démocratique du pouvoir a été gagnée par François HOLLANDE, sur la base de ses engagements devant le peuple souverain. Ce sont ces engagements qu’aujourd’hui il applique. Cela ne veut pas dire qu’ils sont plus justes que d’autres, cela ne veut pas dire que les convictions des uns valent moins, cela signifie que c’est sur ces engagements qu’il a obtenu la confiance du peuple souverain. Aujourd’hui, ce qu’une critique « de Gauche » reproche à François HOLLANDE et à la majorité socialiste, c’est de ne pas appliquer les engagements des autres candidats, ceux qui ont été battus par le suffrage universel. Ils pensent avoir raison, et c’est leur droit ; ils gardent leurs convictions et c’est leur mérite. Mais en démocratie seul le peuple souverain dit qui a raison, c’est un détail démocratique, un détail à ne pas oublier quand on se présente à une élection…”

Pour retrouver tous les articles de Stéphane, vous trouverez son blog : ici

L’UMP va éclater ?


L’UMP a pris le créneau et l’électorat du RPR. Construite pour Jacques Chirac, on sait que c’est N. Sarkozy qui profitera de cette union politique des partis de droite. Avec lui à la tête du parti, l’électorat et les élus de droit étaient unis, au moins en apparence. La défaite du « candidat sortant » a laissé ce parti sans leader. On se rappelle les gags l’an dernier de l’élection du nouveau président tricheur, puis la direction bicéphale avec les pro-fillonistes et les pro Copéistes à chaque poste de l’appareil.

J’attendais des nouveaux signes de la fracture interne de ce parti. La préparation de Primaires à Paris vient de nous en donner une nouvelle  illustration. Les pro-Copé se sont servis de la loi pour le mariage pour tous pour faire monter le buzz contre NKM. En particulier, Guillaume Peltier, véritable passerelle amovible entre le FN et l’UMP version Copé. Il a chargé comme un jeune buffle, oubliant au passage que c’est  sa candidate qu’il étreint ainsi. Charge maladroite et isolée ? Pas si sûr. Du reste, NKM a senti la menace lorsqu’elle décrit l’action d’un groupuscule capable de faire perdre son camp pour une idéologie extrême. Elle désigne même Peltier comme le « nouveau Buisson » qui cache la forêt. N. Sarkozy a introduit le vers dans la pomme qui  a bien grandi. Alors ?

Il n’y aura pas beaucoup d’alternatives pour l’UMP. Soit l’éclatement avec une fusion-absorption par le FN d’une partie de l’électorat, soit le retour de l’homme providentiel et présidentiel, si la Justice ne lui demande pas de comptes. Ce qui n’est pas gagné. Alors…

Période confuse


Après ce long week end, je suis tenté par plusieurs sujets, sans trancher pour l’un d’entre eux particulièrement. Par exemple, comme rebondir sur la chute de Marine Le Pen dans une piscine vide ? Par un mot de compassion ou d’humour ? Avouez que ce n’est pas banal de choir dans une piscine vide avec toute l’eau qui tombe.

Il y a le mauvais temps qui ne donne pas de signe d’essoufflement. Cette semaine, j’ai entendu parler de neige à basse altitude. Il ne faudrait peut-être pas exagérer quand même ! Nous sommes bientôt fin mai. Et cela donne un Festival de Cannes sous les parapluies, très loin des images classiques et glamour. Ou le Galibier fermé pour risque d’avalanche ! Et la conférence de presse de F. Hollande ? Depuis une année, nous sommes habitués au « bashing » contre le président. Là, rien. Au contraire, j’ai même lu des articles selon lesquels il avait été bon. La Bourse monte. Etonnant aussi, dans une période si morose au plan économique. Faut dire que pour la première fois, l’Etat français a emprunté avec des taux négatifs. Oui, négatifs, c’est-à-dire qu’on a payé l’Etat français pour qu’il emprunte de l’argent. Incompréhensible pour moi. Je me suis demandé du coup pourquoi l’Etat n’avait pas emprunté davantage et remboursé d’autres prêts à taux élevés.

Et puis la Droite… Avec le mariage pour tous, ils tenaient un sujet majeur pour ratisser du Centre à l’extrême droite. Et patatras, depuis hier, quand l’un d’entre eux dit blanc, l’autre répond noir. Les premiers voudraient modifier la loi, les seconds expliquent qu’ils n’en feront rien. Bref, c’est aussi le bazar à l’UMP. Et je ne parle pas de l’élu de Vienne qui explique froidement qu’il n’appliquera pas la loi. En fait, les lois, on va bientôt avoir le droit de les appliquer ou pas selon ses humeurs.

Bref, cette période est confuse.

Ca va mieux en le disant !


Je lisais, hier, un article de Pierre HENRY, directeur de France Terre d’asile sur l’immigration et force est de constater que l’analyse des chiffres sur les flux migratoires met à mal les arguments nauséabonds de certains responsables.

Tour d’horizon chiffré afin que chacun puisse donc se faire une idée :

La migration d’un pays à l’autre concerne 3 % de la population mondiale.

Les déplacements de population du sud vers le sud (pays en développement vers pays en développement) concernent un tiers des migrations (73 millions). A titre d’exemple, les deux tiers des migrants subsahariens migrent en Afrique.

Les déplacements de population du sud vers le nord concernent à peu près le même nombre de personnes (74 millions).

Il est aussi intéressant de voir que près de 40 % de médecins et infirmières qui exerçent en Europe sont nés à l’étranger. La fuite des cerveaux est constatée essentiellement dans les pays en développement. Par exemple, en Asie du Sud, les travailleurs diplômés du 3e cycle représentent 5 % de la population active mais 51 % de tous les migrants.

Par ailleurs, de 1926 à 2009, la proportion d’étrangers dans la population française est restée constante (6 % en moyenne). A titre de comparaison, il dépasse les 7,5 % en Allemagne, au Royaume Uni, en Espagne, en Autriche pour atteindre 35 % au Luxembourg.

Loin des idées reçues (selon laquelle l’Europe serait « envahie »), cette objectivation par les chiffres permet, non pas de sous-estimer les difficultés que les flux migratoires peuvent entraîner ni mêmes les questions de l’intégration, mais de replacer la problématique dans un contexte global pour alors mener des politiques publiques efficaces et ce, au niveau européen et international.

A l’heure où les difficultés économiques, sociales et politiques pointent sérieusement, à l’heure où les tentations du repli sur soi sont de plus en plus grandes, il me semble qu’il est de la responsabilité politique de tenir un discours de vérité sur ces questions.

La parole à Marianne


L’effarant bilan de… la droite ! par Nicolas DOMENACH - MARIANNE

Comme c’est « la fête » de François Hollande, et pour cause d’une année de pouvoir déceptif, on en oublierait de célébrer celle de la droite dans l’opposition. Or le bilan de celle-ci se révèle… effarant puisqu’elle se refuse d’abord sous la pression de l’ancien président à dresser le sien.

Frappée de cet interdit d’auto-examen, elle est dans l’incapacité d’offrir une alternative crédible, puisqu’elle ne fait pas le tri entre ce que Nicolas Sarkozy aurait pu réussir ou rater (oui, c‘est arrivé !), et par conséquent elle n’avance aucune contre-proposition, qui montrerait qu’elle a pris elle aussi la dimension de l’aggravation de la crise comme de l’échec des remèdes qui y ont été apportés.

Au-delà même de la présence d’un président tricheur, et par là même discrédité, à la tête de l’UMP, cet aveuglement consenti renvoie à celui de la gouvernance socialiste qui aurait pourtant fort besoin pour progresser d’une contestation roborative et non d’une droite extrémisée et hystérique.

Que le sarkozysme, et avant lui le chiraquisme, aient une part non négligeable dans les difficultés budgétaires, économiques, mais aussi psychopolitiques que subit la France, nul cependant ne pourrait le contester. Si la droite pouvait faire elle même son examen autocritique, et même de conscience, rêvons un peu, elle éviterait d’abord de laisser ce travail salvateur au camp d’en face, qui du coup ne se prive d’aucune caricature.

Et pourquoi les socialistes se gêneraient-ils puisqu’ils sont eux-mêmes bombardés de mensonges, et qu’on dresse tous les jours leur bilan comme une potence où l’on voudrait les voir pendus vite fait haut et court ? Sans attendre le terme des échéances électorales :« encore 4 ans ? » titre le Figaro Magazine comme s’il en appelait à la sédition. Le magazine de l’Ordre est dans le désordre et cela participe de sa déconsidération !

Comment l’opposition pourrait-elle retrouver l’indispensable crédit qu’exige la gestion des affaires si elle n’effectue donc pas sur elle-même ce travail réflexif que la gauche en son temps a eu temps de mal elle aussi à réaliser. François Mitterrand et les mitterrandistes, puis Lionel Jospin lui-même et les jospinistes ont freiné cet examen critique pour préserver stature, image, pouvoir…

Et sans doute l’échec de Ségolène Royal dut-il beaucoup à l’insuffisant effort de remise en cause du PS, dont les responsables jouèrent les derviches tourneurs autour de leur nombril post-marxiste plutôt que d’affronter le monde extérieur libéral et leurs pratiques complices. Contributions, motions, amendements, tant de textes prétextes hors de tout contexte de réalité…

L’on pourrait d’ailleurs expliquer nombre des déconvenues hollandaises par ce défaut de pensée, ce confinement intellectuel dans lequel l’UMP s’enferre à son tour, tout en se prétendant décomplexée. Ruse de l’histoire dramatique pour eux : sous des apparences de sarkozystes sans peur et qui veulent demeurer sans reproches, ces post-libéraux sont complètement « tabouisés » dans leurs têtes. Ils sont infichus de regarder en face les ratages de l’hyper-présidence sarkozyste qui confinait à l’impuissance brouillonne.

Mais il leur est aussi impossible de remettre en cause leur logiciel du vieux monde libéral qui les a conduits à l’échec économique et politique. Quelles sont leurs solutions pour remettre en marche la France et l’Europe en dehors d’une génuflexion démonstrative devant le modèle allemand ?

Dans un article - de fond ! - du Figaro, le président truqueur de l’UMP, Jean-François Copé, affirme, sans un regard sur le passé (!), que nous vivrions, « en dépit de nos institutions solides » une situation comparable « à l’agonie de la IVème République », avec « un pouvoir faible, sans ressort pour la France, bringuebalé par le cours des événements et qui fait honte aux Français ».

On pourrait noter certes, et nous n’y avons pas manqué, que le gouvernement est affaibli, que le président manque de ressort, malgré le Mali, qu’il paraît souvent suivre les événements plutôt que les précéder et qu’en effet nous ne sommes pas toujours fiers de la France, et encore moins quand le chef par intérim d’un de ses principaux partis ne l’est devenu que par la fraude comme dans la pire des non-démocraties !

On s’amusera de la conclusion copéiste qui suit cette fresque apocalyptique : c’est « d’un nouveau 1958 que la France a besoin… » et donc d’un nouveau Charles de Gaulle. Copé dans cette filiation, cette équivalence ?… Évidemment on ne peut que rire, tant la comparaison du Général libérateur de la France avec le député-maire de Meaux paraît déplacée, mais c’est toute la comparaison historique avec l’épuisement de 1958 qui est hors de saison.

La situation économique, politique, sociale, internationale et même « mentale » du pays aujourd’hui n’a rien à voir avec ces années d’autre fin de cycle. Ce blocage référentiel est bien la preuve, une nouvelle preuve, de l’incapacité des dirigeants de droite, on peut y inclure ceux de gauche, à sortir de leurs moules (à gaufres !) intellectuels. Non pas qu’il faille ignorer l’histoire, mais il faudrait comprendre enfin qu’elle ne fait pas que se répéter !

Ajoutons enfin que cette opposition, plus encore que toutes les autres qui l’ont précédée, ne pense plus, mais proscrit. Si l’on excepte quelques rares personnalités comme Xavier Bertrand ou Bruno le Maire, les dirigeants de l’UMP ne sont plus dans le débat lucide, mais dans le combat aveugle. Ils ne réfléchissent plus, ils exorcisent et stigmatisent.

La droite n’avance pas des idées, elle veut chasser le diable rouge, enfin rose, qui se serait emparé par maléfice du pouvoir, son bien dans tous les sens du terme. Chaque heure qui passe sous la gauche régnante est un outrage à leur illusoire droit de propriété qu’ils auraient hérité de la royauté.

Depuis le premier jour, depuis la première heure, depuis la première seconde une forte partie de la minorité regarde le parti de la majorité et son gouvernement comme s’ils étaient illégitimes. « Mais vous êtes encore là, faquins ?!!! », leur signifient-ils à chaque interpellation : « allez, ouste, dehors ! »

Les socialistes ne sont que des usurpateurs à leurs yeux scandalisés de propriétaires spoliés. François Hollande n’est qu’un intérimaire incongru de la Présidence. En fait ils espèrent être mécaniquement débarrassés de l’importun. Par rejet de greffe. Pour reconquérir l’Élysée, l’esprit et le cœur des Français, il n’y aurait pas besoin de se remettre en cause radicalement. Tout juste à la marge. Voilà au moins un pouvoir qu’ils n’ont pas perdu, celui de l’illusion !…

Paris, c’est fou


Evidemment, j’entends déjà mes détracteurs expliquer que je suis de parti pris : OK, j’aime l’ASSE et je soutiens également l’OL (pour ceux qui n’ont pas encore compris, je vais parler football !). Mais avouez quand même, que le PSG (Paris), cela devrait nous faire réfléchir.

D’abord, il y a le fric (désolé, à ce niveau, on ne peut plus parler d’argent) facile des propriétaires, les Qatari. Ils ont acheté tout ce qu’ils pouvaient, sans limite aucune ; le budget du club est extravagant. La seule limite est la loi qui impose d’avoir quelques jeunes français dans leurs effectifs. Pour eux, le club va être une prison dorée. Il y l’image et le marchandising : c’est bien joué avec Beckham, son slip et ses pubs, ses shampoing, sa belle gueule. Il y a une image de victoires faciles avec la Tour Eiffel en contre point, c’est bon pour Paris. Mais il n’est pas besoin d’être élu de la République pour comprendre deux dérives.

La première est qu’il n’y a pas de championnat sans un minimum d’égalité entre les équipes. Demain, Monaco, acheté par des magnats russes va remonter en 1ere division. Les Russes vont aller faire leur marché, Monaco finira deuxième l’an prochain. Et si le président Aulas trouve un acheteur chinois, peut être que Lyon finira troisième. Cela n’a pas de sens ! Finis les centres de formations, finis, les clubs de ville, finis les ASSE ou des RCL (Lens). Qu’on fasse un super championnat européen avec le fric et qu’on laisse les clubs nationaux jouer entre eux. Transpirer pour un maillot ou pour un peuple ne signifie plus rien pour ces clubs.

La seconde est encore plus attristante. Au lieu d’apporter de la joie, ce type de triomphe exacerbe les tensions. En face de Beckham, il y a des milliers d’adolescents qui voient du luxe facile quand eux,  ne côtoient que de la misère. La démonstration « de joie » des supporters au Trocadéro n’est qu’une triste illustration des dérives de ce football excentrique et frustrant. Rien de tel chez les Verts après leur victoire ou à Montpellier après leur titre l’an dernier. Ou à Lyon.

L’excès appelle souvent la bêtise (je suis poli). Elle n’est pas l’œuvre des seuls (mauvais) supporters. Le député du XVIème a demandé la démission de M. Valls qui avait pourtant déployé 800 CRS. M. Goasgen, combien faut-il de CRS pour organiser une fête du PSG ? Idem, ce député UMP du Var qui a expliqué que les débordements étaient l’œuvre de « descendants d’esclaves » (sic).

Paris, c’est fou, Paris rend fou…aussi

Un petit coup


Prendre un coup… sur la tête ou prendre un petit coup entre ami, il faut choisir. Par une curieuse habitude, les Français s’abonnent eu premier. C’est ce que Jacques Dupont explique dans un joli petit livre publié chez Grasset, intitulé « invinez-vous ». La France aurait deux sports préférés selon lui : le dénigrement et l’évocation du vin.

Son livre n’est pas une allégorie de l’alcoolisme, rassurez-vous. Mais il rappelle à propos que le vin est notre deuxième rentrée de de devises pour la balance commerciale. Il rappelle également que nous avons la loi la plus contraignante d’Europe : l’abus d’alccol est dangereux pour la santé, personne ne le conteste. Mais Jacques Dupont fait remarquer avec humour qu’il en va de même des abus de beurre, de Nutella, de sucre, de sel, etc. L’écrivain nous invite à nous « invigner » contre ces politiques du conformisme qui s’attaquent à un fleuron national.

Exercice difficile quand on a connu les ravages de l’alcool dans les décennies précédentes où les abus étaient quotidiens.

La mairie du 3ème est mariée avec Chirouble au sein de l’opération qui lie Lyon aux 10 crus du Beaujolais. Avec ce jumelage, je peux témoigner que le vin est une vraie culture, que les viticulteurs sont des amoureux de leur terroir et des traditions, de la France tout simplement. J’admire ces travailleurs infatigables. J’adore ce vin bu avec modération.
Finissons en avec les dénigrements systématiques des chefs d’entreprises, des agriculteurs, des artisans, des viticulteurs, etc. : apprenons à aimer notre pays qui est capable de si belles choses.

Et au pays de Rabelais, buvons un ou deux verres (de Chirouble)

Le synode à Lyon


Pas de tambours ni de trompettes, mais pourtant, ce week-end était particulièrement important pour les protestants de France. En effet, l’Eglise réformée de France et l’Eglise luthérienne de France, entrées dans un processus d’union depuis quelques années, tenaient leur synode à Lyon. Un synode ? Le mot est tellement peu utilisé qu’on en perd s’en doute le sens. Il s ‘agissait pour ces deux églises de franchir un nouveau pallier en travaillant ensemble durant ce long week end.

Je reprends un passage du discours de Jean Schlumberger qui a invité la nouvelle église unie à se tourner avec confiance vers l’ouverture vers les autres. Vous pouvez retrouver les travaux de ces journées sur le site

« ...Depuis son apparition et pendant cinq siècles, être protestant en France, ce fut ne pas être catholique. Les protestants ont constitué une sorte d’alternative ultra-minoritaire au culte dominant. C’était pour leur malheur, en période de persécutions. C’était pour leur fierté, quand ils étaient identifiés du côté du progrès, de la République ou de la laïcité. Et ce fut une ressource identitaire inépuisable et, au fond, confortable : le protestantisme vivait en quelque sorte appuyé contre le catholicisme.

Il a donc développé une manière d’être Eglise adaptée à ce contexte. Il s’est compris comme un petit troupeau, pour reprendre une image biblique. Un petit troupeau se serrant les coudes, tissant des solidarités internes fortes, aimant les marqueurs discrets et perceptibles par les seuls initiés, vérifiant régulièrement sa fidélité. Cette manière d’être Eglise, pertinente alors, lui a permis de traverser les épreuves et les siècles.

Mais ce monde a changé. Et même, il a disparu. Les institutions religieuses sont désormais marginales, les convictions sont individualisées, les affiliations sont fluctuantes. Depuis 2008, les personnes agnostiques et athées déclarées sont majoritaires en France.

Le catholicisme, bien sûr, mais aussi l’ensemble cumulé des cultes est de plus en plus minoritaire. Le protestantisme français ne peut donc plus exister en s’appuyant contre un autre culte. Il ne faut pas s’en désoler.

C’est ainsi. Et c’est sans doute la chance de trouver une nouvelle manière d’être Eglise, pertinente dans ce monde-ci.

C’est notre grand défi, pour cette génération : intégrer ce renversement complet de ce que nous avons longtemps été, pour être fidèles aujourd’hui et demain à l’Evangile que nous avons reçu, à notre manière de le comprendre et de le partager. Il s’agit, pour notre protestantisme, de passer de la connivence au partage, de l’entre-soi à la rencontre, d’une Eglise qui se serre les coudes à une Eglise qui ouvre ses bras. D’une Eglise de membres à une Eglise de témoins… »

Laurent SCHLUMBERGER,

pasteur,

président du conseil national de l’Eglise protestante unie de France

Un mot sur l’amitié franco-allemande


L’amitié franco-allemande est indispensable pour redonner un élan au projet européen. Chacun connaît la force de la relation franco-allemande.

Le gouvernement a un dialogue quotidien et permanent avec le gouvernement allemand pour établir les convergences nécessaires à l’approfondissement du projet européen. Il est normal qu’il y ait des différences de vue et des débats notamment quand les gouvernements français et allemands ne sont pas de la même famille politique. L’objectif doit être d’arriver à un accord pour faire avancer l’Europe.

Les socialistes sont dans leur rôle en préparant un texte en vue de sa convention sur l’Europe. Ce texte, qui est appelé à être débattu et amendé par ses militants, n’est pas celui du gouvernement. Il est naturel qu’il y ait des débats sur l’Europe en prévision des élections européennes.

La force de l’amitié franco-allemande s’est illustrée ces derniers mois :

-Elle a permis l’adoption, en février, d’un budget européen pour la période 2014-2020 qui a mis en échec les demandes de rabotage systématique des crédits de la part des dirigeants conservateurs européens.
-Elle a également permis la concrétisation de la taxe sur les transactions financières, dans laquelle 11 pays sont désormais engagés.

Tout récemment encore, ce dialogue a conduit à une initiative commune pour le renforcement de la réglementation européenne contre le blanchiment d’argent. Wolfgang Schaüble et Pierre Moscovici ont adressé le 26 avril à la Commission européenne en ce sens.

Notre politique de réorientation de l’Europe obtient des résultats :

-Elle s’est traduite quelques mois après l’élection de F Hollande par l’adoption d’un Pacte européen pour la croissance et l’emploi doté de 120 milliards d’euros dès juin 2012.
-Elle a permis l’adoption d’une réforme sans précédent de la surveillance bancaire européenne.
-Elle a conduit M Sapin à présenter en novembre 2012 un programme d’ensemble pour la construction d’une Union sociale européenne.
-Elle conduit aujourd’hui la France à présenter un programme de stabilité qui permet le jeu de stabilisateurs automatiques. Récemment, José Manuel Barroso a lui-même reconnu que l’austérité avait ses limites.

Un dialogue intense et franc avec l’Allemagne est la clé pour résoudre les problèmes de l’Europe :

Le gouvernement a un dialogue franc avec l’Allemagne. « Nous ne taisons pas nos divergences ». (T. Repentin, 27/04). Trouver des solutions pour l’Europe passe par des tensions amicales. Les discussions existent et sont nécessaires notamment sur plusieurs sujets, par exemple :
-la relance, notamment dans les pays en excédent ;
-sur la solidarité et la mutualisation dans la zone euro ;
-le champ et la nature des réformes structurelles, qui ne doivent pas être une libéralisation idéologique, mais des réformes intelligentes du marché du travail et de l’organisation des marchés de biens et services.

Une Montebourde ?


Parmi tous les ministres du gouvernement, il y en a un que j’apprécie pour sa volonté et son enthousiasme, c’est Arnaud Montebourg. Il n’a pas eu peur de s’engager sur des voies difficiles sur le dossier Mittal-Arcelor. Il est monté au créneau ensuite avec son maillot marin pour vanter le « made in France ».  Malgré son air cabotin, et faussement aristo, il s’engage avec force pour sauver ce qui peut l’être de notre industrie nationale. Il a essayé sur la raffinerie normande et il a perdu ; idem sur Aulnay. Avec un vrai panache.

Dans l’affaire de l’achat de la perle française Dailymotion par l’américain Yahoo, il est intervenu pour s’opposer à ce rachat. Habile manœuvre ou manœuvre stupide ? Vouloir défendre les salariés de ce fleuron français est une noble cause. Vouloir éviter que notre soft national parte aux Etats Unis est également une cause juste. Mais… Nous sommes sur une planète où tout se sait très vite. Comment imaginer qu’un industriel étranger investisse désormais dans une boite française s’il sait qu’elle sera invendable ? Comment imaginer des croissances au niveau mondial sans alliés extérieurs ?

J’étais pour la nationalisation des aciéries de Lorraine pour que la France dispose d’une filière acier. En revanche, je ne comprends pas cette réaction vis-à-vis de dailymotion qui aurait pu bénéficier d’une vitrine mondiale. Est-ce une Montebourde ?

Assises de l’entreprenariat


Hasard des calendriers, mes premiers posts de la semaine du 1er mai  portaient sur l’entreprise alors que se tenaient les assises de l’entreprise. Ou plutôt de l’entrepreneur. Car c’est bien l’esprit d’entreprise qu’il faut faire évoluer en France.

Même si cela est plus marqué à gauche, le rejet de l’entreprise, du travail et des entrepreneurs est largement partagé par beaucoup de Français. Les « patrons » sont fréquemment assimilés au pire  à des voyous, au mieux, on les regarde avec scepticisme. Contrairement à d’autres pays, nous n’avons pas su développer une envie de devenir chef d’entreprise. Il y a pourtant du talent et des énergies dans notre pays. Mais outre l’état d’esprit de scepticisme, l’administration se charge de décourager les meilleures intentions.

C’est donc pour lutter contre cet état d’esprit que le gouvernement à lancer une batterie d’actions dont un programme éducatif dès la 6ème. Il faut donner envie très tôt, c’est une excellente mesure. Avant la fin de la fac, un dispositif entrepreneur étudiant sera mis en place. Excellent, il ne faut pas laisser perdre la créativité qui selon Einstein s’éteint après 30 ans.  Et puis, il faut que l’Etat montre l’exemple au plan fiscal. Après la crise des « pigeons », le gouvernement a décidé de favoriser la prise de risque par des abattements favorables  a contrario des investissements spéculatifs. Tout cela va dans le bon sens.

Je suggère cependant au gouvernement de nommer un haut-commissaire en charge de l’évaluation et de la surveillance de ces mesures : L’administration a un vrai talent pour enliser ces initiatives !

Top chef


Je reviens encore sur la discussion de ce week-end avec mon jeune chef d’entreprise.

Il m’a fait réaliser un quizz (improvisé) sur les émissions de télévision. Je ne suis pas très bon parce que je ne la regarde pas beaucoup. Mais je connais quelques émissions. Alors quelles sont les émissions qui ont le vent en poupe ? Les émissions de télé-réalité et puis depuis quelques temps, les émissions de bricolage, de cuisine et de chanson.

« Top chef » : vous prenez 3 chefs étoilés qui proposent à des jeunes cuisiniers de réaliser des plats improbables dans des temps éclairs. Il parait que c’est passionnant. Autre question, mon jeune ami m’a demandé qui était « Nabila  (orthographe incertaine) qui fait le buzz » ? J’ai séché… alors il m’a expliqué mais je n’ai toujours pas compris ! Puis ses nouvelles questions ont porté ensuite sur les entreprises  et le peu de valorisation des créateurs d’entreprises à la télévision.

C’est vrai, il a raison. Il n’y en a pas. Le chef d’entreprise est évoqué dans les actualités (conflits sociaux, liquidation, excès,..).  La proposition de François Hollande de créer des cours sur l’entreprise de la 6ème à la Terminale est excellente.

Mais si nous ne voulons pas faire seulement « du pain et des jeux (stupides) », il serait temps que nous inventions une manière de valoriser de simples mais talentueux chefs d’entreprises et leurs proches. Cela donnerait de véritables idées sur la difficulté intrinsèque de ce métier mais je suis certain que cela donnerait aussi des idées à beaucoup. Des idées pour se lancer dans l’aventure ; des suggestions aux administrations pour améliorer leur efficience ; des pistes pour les élus pour créer un tissu favorable.  Oui, la télévision pourrait essayer de valoriser cette activité.

Et c’est promis, je regarderai alors Top chef… d’entreprise.

Temps de travail


Avec le mois de mai, reviennent les discussions sur le temps de travail, les fêtes, les 35h…

Ce week end, j’ai rencontré un jeune chef d’entreprise qui a monté sa start up il y a 16 mois. Il se débat comme un beau diable dans les méandres juridiques et administratifs françaises. Il préfèrerait passer davantage de temps sur son entreprise qu’avec la Sécurité Sociale, les Allocations familiales, les impôts, etc. Il compte désormais 7 employés motivés pour développer l’activité. Il n’a pas vraiment de problème avec les 35 heures : « pour nous, c’est vital de travailler et de gagner des contrats ».  En revanche, le mois de mai qui arrive le terrorise : comment empêcher ses collaborateurs de prendre des congés pour faire des ponts gigantesques dans les 15 jours qui arrivent. Il estive que son activité va réduire de 50% en mai mais surtout qu’il sera difficile de la relancer avant le grand sommeil de l’été.

Il a raison. Fête du 1er mai, fête du 8 mai, ascension le 9 mai. C’est trop, beaucoup trop. Avec quelques jours de RTT ou de congés, ce sont 15 jours d’arrêts légaux pour un salarié. Et au minimum de la désorganisation.

Attention, je ne suis pas contre les congés. Mais nous sommes en pleine période de crise. Ne pourrait-on pas supprimer l’ascension (que signifie cette fête pour les Français ?) et regrouper le 8 mai avec le 11 novembre comme l’avait proposé Giscard en son temps ?

Nous ne sommes plus en période économiquement faste. Arrêtons de nous voiler la face. Il faut améliorer la performance de notre pays. Commençons par de mesures qui sont encore relativement indolores. Avant qu’on nous en impose de plus douloureuses !

La panne


Dans l’avion qui me ramène de Toulouse , je lis le numéro commun au monde, el païs, la stampa, the guardian, la gazetta, wyborcza, sur l’Europe.

Malgré les efforts de bons journalistes, on voit bien qu’ils partagent le diagnostic d’euro scepticisme et qu’ils ne sont même pas opposés sur les solutions car ils n’en proposent pas.
Le diagnostic est clair : c’est la panne de confiance.
Les anglais n’y ont jamais cru mais ils y croient encore moins, le couple franco allemand est en panne, l’euro qui a été présenté comme la solution est devenu un problème, et plus personne ne croit que la rigueur va régler les problèmes sauf à considérer qu’on peut se satisfaire des malades qui vont mourir guéris.

Qu’elles sont les solutions ?
Pour les uns, ça passe par une grande réforme pour supprimer la bureaucratie européenne (il y a du boulot), pour d’autres par une armée commune, par des grands travaux d’investissements, par une priorité donnée à la recherche et à l’innovation,…
Moi, je crois qu’il faut retrouver le langage de Jacques DELORS, susciter l’émotion, tracer un chemin, remettre de l’humain (un grand plan cancer européen ?), de la solidarité, réfléchir à la place respective des régions et des grandes agglomérations (les métropoles, travailler sur notre culture commune, capitaliser sur notre prix Nobel de la paix …
Le problème, c’est que madame MERKEL n’a pas de vision mais une doctrine et qu’elle est prête à mourir avec ses idées ou plutôt de laisser mourir les autres pour ses idées.
L’Europe est en panne d’idées, en panne de vision, en panne d’émotion !

Gaz de schistes


La patronne du MEDEF vient de lancer un cri d’alarme sur la position de la France concernant le gaz de schiste. En quelques mots, son propos est le suivant : 1/le coût des énergies alternatives en Allemagne est colossal et personne ne sait vraiment si cet investissement sera suffisant, 2/l’investissement dans les gaz de schiste est très rentable aux Etats Unis, créateurs de richesse en baissant le coût de l’énergie, et 3/nous ne pourrons pas durablement financer notre modèle social avec une telle position de renoncement.

Personne effectivement ne peut parier sur le succès des énergies propres en Allemagne, mais est-ce une raison pour reculer sur ce dossier ? Ce serait stupide, il faut aller vers les 20% d’énergie propre et en parallèle lutter contre les gaspillages. Le second argument est plus intéressant. C’est vrai que l’énergie est peu chère aux Etats Unis et le gaz de schiste va contribuer de plus en plus à réduire les coûts ; c’est évidemment rentable pour les entreprises ; c’est bon pour les emplois. Mais pour l’environnement, c’est une catastrophe. Le 3ème argument est carrément une menace. Mais aussi un avertissement. Le MEDEF nous demande de choisir entre la mort du modèle social ou l’exploitation du gaz de schiste+nucléaire !

Excitant comme avenir !

La loi est votée, elle doit être appliquée


Intégration ratée ou fait divers


Le jeune tchétchène de 19 ans, Djokhar Tsarnaev, vient d’être officiellement inculpé. Il risque la peine de de mort, lui qui a tenté de se suicider pour ne pas se faire prendre.

J’ai été choqué par les manifestations de joie et de liesse des habitants de Boston après son arrestation. Les policiers et les militaires ont été acclamés comme les soldats de retour d’Europe ou du Japon après la seconde guerre mondiale. Pour avoir arrêté un gamin de 19 ans, blessé grièvement… Il n’y a pas si longtemps, un déséquilibré a fusillé près de 30 gamins dans une école maternelle. Et après la tristesse, et un peu de révolte, que s’est-il passé réellement ? Une loi rejetée sur le contrôle de la vente des armes…

Alors, pourquoi un tel contraste entre ces manifestations de joie et cette acceptation de massacres répétés ? Je ne vois qu’une explication, la population américaine est toujours choquée par les attentats du 11 septembre 2001. Et donc la vigilance contre les ennemis extérieurs est vivace. C’est certain. Mais en l’occurrence, ce jeune tchétchène vivait aux Etats Unis depuis 8 ans, autant dire qu’il y a passé sa vie d’adolescent comme d’autres adolescents américains.

Et nous ? Il y a un an, Mohammed Merah était tué par la police après avoir assassiné plusieurs personnes. Nous apprendrons plus tard que Merah avait été approché puis embrigadé dans les colonnes djihadistes. Parce qu’il avait rejeté la France. Comme les frères Tsarnaev ont rejeté les Etats Unis.

Est-ce la fin d’un autre modèle d’intégration ? Ou un fait divers ?

Yeeeeeesss !


Je suis un inconditionnel des Verts depuis 40 ans et cela faisait 32 ans que j’attendais le moment que j’ai vécu samedi au stade de France. Hier soir, le stade de France était aux trois quart vert avec un virage nord rennais tout de rouge vêtu. L’ambiance était bon enfant, parfois chaude mais sans aucun débordement.

Le match? C’était typiquement une finale de coupe de la ligue : 1 à 0 pour l’ASSE,  but de Brandao, comme d’habitude !

Au coup de sifflet de l’arbitre, j’ai pensé aux matchs de ligue 2, avec 3000 spectateurs par -10 degrés, j’ai pensé à l’arrêt de Jérémie Janot, qui un après-midi de mai, nous a sauvés d’une descente en National. J’ai pensé à mes enfants, tous supporters des Verts, qui n’avaient jamais connu un titre de leur club favori. J’ai pensé à Glasgow à ce stade vert, à ces poteaux carrés, où nous avions perdu contre le Bayern la finale de 76.

J’aipensé À Salif Keita, à Georges Beretta, à Ivan Curkovic, Patrick Revelli, Johnny Repp, Michel Platini, Jean Castaneda, Greg Coupet, LuboMoravchick, Blaise Matuidi, à tous ceux qui nous ont enchantés si souvent dans le chaudron de Geoffroy Guichard.

Nous étions au milieu du « peuple vert », dont Henri Grange, ancien président de l’ASSE, mon ami. Par grand bonheur, j’ai pu être en tribune officielle et j’ai pu toucher la coupe quand les joueurs sont passés devant moi.

La fête s’est terminée tard dans la nuit, devant une bière, avec Jean François Débat, le maire de Bourg, mes enfants et mon ami Carlos. Une ambiance très… rugby !
Maintenant la page de la « grande équipe » est enfin tournée et un nouveau chapitre de l’histoire des Verts s’ouvre.
Les grands clubs ne meurent jamais !

Homophobe, moi pas du tout…


Qui est homophobe en France ? Copé ? Boutin ? Certainement pas, d’ailleurs ils ont des amis homosexuels « des gens très bien ». Alors qui ?

Hier, des bars gay ont été attaqués et vandalisés, à Lille et à Bordeaux. Attaques également à Lyon, comme si tout cela était parfaitement orchestré. Ces violences ne sont que les « points d’orgue »  de manifestations dans lesquelles sont tenus des propos surréalistes. Et il y en aura d’autres, car la droite unie (UMP et FN) a trouvé un terrain de jeu pour rapprocher leurs pratiques de haine. Et des violences aussi. Car tout le jeu de la droite est de faire monter la tension en visant la président, tout en se « désolidarisant avec les violences ». C’est du grand classique. Et du déjà vu dans toutes les périodes du XXème siècle durant lesquelles la droite a été dans l’opposition haineuse faute de grand chef.

Mais la violence est « condamnée » par le droite qui continue à manifester « sans violence pour protéger la démocratie ». Mais quelle démocratie ? Les deux chambres ont voté. Est-ce que les représentations nationales n’ont pas de légitimité ? Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi ce tintamarre ? La droite deviendrait-elle décomplexée sur l’homophobie ? Elle s’en rapproche. Mais il y a la loi et les condamnations pour homophobie.

Il faut donc commencer petit, par des violences lâches. En attendant qu’un petit homme se sente autorisé à remettre la loi en question.  Il sera condamné et deviendra un grand homme pour la droite. Un « résistant » qui pourra même accéder au pouvoir un jour. Avant de distribuer des étoiles…

Roses, jaunes… vraiment ?