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L’Enseignement étant l’art de la répétition, je veux à l’occasion des articles récents sur la baisse d’espérance de vie lorsque l’on est soumis au bruit et après la délibération ZFE où une collègue a expliqué que pendant qu’elle parlait des « centaines de personnes mourraient » de la pollution (avant la fin de la séance) reprendre mes explications sur les difficultés d’interprétation des statistiques :

1/ Il a en France 31 000 morts par an liés au cancer du poumon. Il s’agit de « vrais morts » qui sont dans un cercueil.

2/ Il y a en France 40 000 morts prématurées liées à la pollution. C’est un calcul statistique et évidemment la pollution ne tue pas plus que le tabac. Il s’agit en l’occurrence d’une diminution de l’espérance de vie. Pour faire simple : A Lyon ou à Paris, au lieu de gagner 5 ans d’espérance de vie comme tous les français tous les vingt ans on perd 6 mois et donc on ne gagne que 4 ans et 4 mois d’espérance de vie.

3/ Encore plus compliqué : la mortalité peut s’exprimer en mortalité brute ((”un mort est un mort”) ou en taux de mortalité.

Prenons l’exemple du cancer : le taux de mortalité exprime le nombre de morts pour 100 000 ajusté à l’âge (ce qui revient à atténuer le vieillissement).

Un exemple : en Espagne, entre 1994 et 2004, le taux de mortalité par cancer a chuté de 20% (ce sont les progrès des traitements dont on parle à juste titre sans vous expliquer tout).

Pendant la même période, en Espagne, la mortalité par cancer a augmenté de 25%, tout simplement parce que la population a augmenté et a vieilli (la moitié des personnes atteintes de cancers a plus de 65 ans).

Donc, il faut faire attention à ce que l’on dit. La pollution ne tue pas plus que le tabac. Le problème est assez sérieux pour ne pas raconter n’importe quoi.

D’ailleurs les jeunes lycéens que j’ai vu défiler pour le climat (ils ont raison !), puis se regrouper à la porte du lycée pour fumer tous ensemble feraient bien de passer un peu plus de temps à étudier les subtilités des statistiques et devraient comprendre que si leur génération arrête de fumer, la mortalité (vous avez pigé ?) par cancer diminuera de 50% dans les 50 ans qui viennent.

Et ça ce sont de « vrais morts » dans un cercueil.

PS : pour le bruit, ce sont des qualys. C’est encore une autre subtilité statistique mais le message est le même que pour la pollution et cette fois c’est une diminution de l’espérance de vie en bonne santé mais aussi une augmentation de la mortalité par infarctus (maintenant vous savez l’interpréter !).

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