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La parole à … Patrick Castel


Crise du Covid-19 :
au-delà de l’hôpital, quel rôle pour les professionnels de santé de ville ?

Par Patrick Castel, Anne Moyal et Etienne Nouguez



Le cadrage médiatique, politique, mais aussi sociologique,
de l’épidémie de Covid-19 en fait essentiellement une crise hospitalière. Comme tout cadrage, il laisse dans l’ombre d’autres dimensions du problème. En l’espèce, une focalisation sur l’hôpital risque de faire oublier les enjeux que pose cette crise pour le secteur ambulatoire (communément appelé « médecine de ville ») : quel est son rôle ? quels enjeux d’organisation au sein du secteur ambulatoire, et entre la ville et l’hôpital ? Ces deux points nous paraissent cruciaux et, pourtant, insuffisamment abordés (pour une exception, voir cet article sur la Seine-Saint-Denis ; voir aussi la tribune récente de trois médecins généralistes, dont le président du syndicat MG France). Sans nier l’importance des enjeux de cette crise sanitaire pour l’hôpital, il est aussi important de comprendre ceux qui se posent dans le secteur ambulatoire afin de mieux saisir le rôle, certainement différencié d’un territoire à un autre, des professionnels et des organisations qui le constituent, sans oublier les autres enjeux de santé publique.

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LE CLUB DES CINQ


C’était le titre de livres de mon enfance …  mais malheureusement c’est la France qui, aujourd’hui, entre dans le club et c’est “le club des mauvais élèves de l’Europe“.

Grèce, Italie, Espagne, Portugal et maintenant France. C’est le club de ceux qui ont le taux de chômage le plus élevé et le niveau de dette publique le plus haut.

La pandémie nous a fait comprendre l’intérêt du benchmarking c’est-à-dire des comparaisons institutionnelles : chômage 9,7% en France contre 3,5 en Allemagne (prévisions de la commission), déficit qui dérape de 4% en France contre 1,5% en Allemagne, production de la construction en baisse de 40% en France contre une moyenne de 14% en zone euro. Enfin, 62,7% de dépenses publiques par rapport au PIB en France contre 43% en Allemagne (et 27% en Irlande).

IRRESPONSABILITE


Le Brésil de Bolsanaro devrait nous dégoûter à jamais du populisme.

Le président brésilien s’est enfermé dans le déni de l’épidémie de Covid-19 (On prévoit 200 000 morts au Brésil qui débute l’hiver, un chômage à 18% et une dévalorisation de 40% de la monnaie) et il dit « la constitution c’est moi ». Près de la moitié des ministres sont des militaires et il divise autant qu’il peut un pays où les inégalités sociales sont majeures.

Pourtant le Brésil a une médecine gratuite, une industrie pharmaceutique et l’expérience des épidémies mais le mépris pour la science fait partie du scénario populiste.

Paradoxalement le contexte de catastrophe renforce la peur et la démarche de protection qui va avec.

L’échec du populisme ne suffit pas à sauver la démocratie qui doit trouver un nouveau combat économique, social et politique pour sortir de cette triste parenthèse.

Espérons que les américains donneront l’exemple en novembre.

Dernière intervention d’Elu



Hier, c’était mon dernier conseil métropolitain en tant qu’élu et donc ma dernière intervention après 16 années de mandat électif.

Autant dire que c’est avec une certaine émotion que j’ai siégé à cette dernière séance.

J’ai surtout soutenu une cause qui m’était chère : le rôle du sport dans la santé, un vrai symbole de tous mes combats pour imposer ce lien aujourd’hui reconnu.

Je vous laisse découvrir au travers de cette vidéo mon intervention.

Ce beau et nécessaire projet de santé nommé ARRPAC pour : Accompagnement, Réadaptation, Répit, Post-AVC et Cérébro-lésés a été voté à l’unanimité par tous les élus métropolitains.

J’en suis fier et je les remercie.

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L’Europe n’est pas à la fête ? Faites l’Europe !


Je souhaite partager avec vous cette tribune qui a été publiée par Ouest-France le 11 mai 2020, écrite conjointement par :

Yves Bertoncini, Jean-Louis Bourlanges, Jean-Marie Cavada, Anne-Marie Idrac, Pierre Moscovici et Christian Philip, Président et ancien.ne.s Président.e.s du Mouvement Européen-France.

—- °—-° —°

Le coronavirus ne doit pas occulter la nécessaire célébration du 70ème anniversaire de la déclaration Schuman, qui a permis à notre pays d’initier une « construction européenne » dont il est et demeure un acteur essentiel. Adressée à l’Allemagne et à nos voisins tout juste cinq ans après la fin d’une guerre tragique et meurtrière, cette déclaration à la fois politique et sentimentale mérite d’être saluée pour sa clairvoyance et son courage : elle doit nous inspirer en ces temps difficiles.

La terrible crise du COVID-19 a suscité une mobilisation massive des institutions européennes, ternie par quelques atermoiements initiaux et par les désaccords affichés par les Etats-membres. Pour surmonter cette crise, nous appelons nos dirigeants et ceux de tous les pays de l’UE à faire preuve de davantage de respect et de compréhension mutuels, de solidarité et de responsabilité !


Ils en auront besoin pour adopter un plan de relance et de reconstruction à la mesure des dégâts causés, comme pour restaurer aussi vite que possible le fonctionnement normal de l’espace Schengen. La solidarité déjà substantielle entre pays de l’UE doit être renforcée et hissée à la mesure du choc économique et social en cours, sur la base de nouvelles ressources : elle ne saurait se limiter à aider des pays déjà très endettés à l’être plus encore.


Les dirigeants de l’UE installés après les élections européennes de l’an dernier ont commencé à se mobiliser pour mettre en oeuvre le Pacte vert, l’agenda numérique et l’agenda social, qui constituent leurs principales priorités : ils doivent être incités à maintenir ce cap tant la crise du COVID-19 confirme la pertinence de ces choix.


Cette crise du COVID-19 ayant mis au jour nos vulnérabilités en matière sanitaire, médicale et industrielle, notamment vis-à-vis de la Chine, nous appelons aussi à renforcer notre autonomie stratégique dans un cadre continental plutôt que via un retour au prés carrés nationaux. Il est plus que jamais dans notre intérêt de promouvoir une souveraineté partagée face aux grands défis mondiaux. L’Europe initiée par la déclaration Schuman était un lieu de réconciliation entre peuples déchirés par des guerres incessantes : elle doit désormais s’affirmer comme un lieu d’affirmation de ces peuples dans une mondialisation lourde de rivalités.


Marqué par l’émergence de nombreux défis externes et le retrait des États-Unis le contexte géopolitique actuel n’a jamais été aussi en phase avec le projet français visant à construire une « Europe puissance » : il doit permettre de nouvelles avancées en matière de sécurité collective, pour peu que nos dirigeants adoptent une approche suffisamment maïeutique.


Si l’Europe ne saurait être une « France en plus grand », peu de pays l’ont autant façonné que le nôtre : avènement de la Communauté européenne du Charbon et d’Acier ; création de l’union douanière européenne et de la PAC ; élection directe des parlementaires européens et établissement du « système monétaire européen » ; mise en place du marché unique, de l’espace Schengen et de l’euro ; progrès de l’Europe de la défense ; promotion de l’Europe sociale ; réforme de la zone euro ; etc. Il nous faut aujourd’hui poursuivre cet engagement européen décisif, avec constance et résolution.


La France est aussi à l’origine de « coups d’arrêts » européens marquants, notamment le rejet parlementaire de la Communauté européenne de défense, la « crise de la chaise vide » dans les années 60 et le rejet référendaire de la « Constitution européenne » il y a 15 ans.


La nette défaite de Marine Le Pen en 2017 a clairement confirmé la volonté d’appartenance des Français à l’UE et à la zone euro. Mais la crise du COVID-19 nous rappelle aussi combien les fractures politiques et les frustrations à l’égard de la construction européenne sont vivaces dans notre pays : elles doivent être impérativement réduites.


« L’Europe » est loin d’être parfaite ou conforme à nos rêves, mais le malaise hexagonal à son égard ne saurait signifier l’exportation de nos problèmes domestiques vers Bruxelles, Berlin, La Haye ou Varsovie ! La France peut répondre aux défis économiques, sociaux, éducatifs, identitaires qui relèvent de ses propres compétences, d’abord pour le bien de ses citoyens, mais aussi pour renforcer encore son rapport à la construction européenne et ses relations avec ses partenaires. Elle en est pleinement capable !


C’est aussi il y a 70 ans que le Mouvement Européen et ses militants ont initié leurs actions de pédagogie, de débat et de plaidoyer, qui nous paraissent encore plus salutaires dans une France qui attend beaucoup de « l’Europe » autant qu’elle en doute. Nous restons plus que jamais résolus à améliorer la connaissance de l’UE et des pays qui la composent, à soumettre ses décisions et son futur à un débat pluraliste et à formuler des propositions visant à renforcer notre Union dans un monde adverse.


« L’Europe » n’est pas tous les jours à la fête dans notre pays, y compris en ces temps de crise sanitaire, économique et sociale. Elle n’a pas pu être honorée et débattue sur nos places et dans nos rues en ce 9 mai pourtant symbolique. C’est donc plus que jamais au quotidien que nous vous invitons à vous engager pour peser sur ses décisions et dessiner son avenir – faites l’Europe !

FAUT-T-IL AVOIR PEUR DE LA CHINE ?


Je souhaite une nouvelle fois donner la parole à … Christian Philip

La Chine est devenue au fil des dernières semaines un sujet majeur de préoccupation et de débat. Pour ses dirigeants, la Chine “est le monde” et elle se voit en puissance mondiale dominante. Pour le reste du monde, cette forme d’arrogance commence à interroger.

Avoir le regard tourné vers la Chine n’est pas nouveau. Le Président Trump depuis son élection n’a cessé de condamner son influence croissante aussi bien sur un plan politique qu’économique. Mais dans l’ensemble, nous nous sommes satisfaits de la situation : délocalisations en Chine pour produire moins cher et ainsi disposer de produits à bas prix comme profiter d’un marché chinois attractif, afflux de touristes chinois à fort pouvoir d’achat, venue d’étudiants chinois payant des droits d’inscription élevés… Nous avons eu tendance à passer sous silence la violation des droits fondamentaux en Chine, sa politique agressive en mer de Chine ou sa présence toujours plus importante en Afrique.

Le Covid-19 a changé la donne. Sans croire que la Chine aurait créé ce nouveau virus (elle a en souffert comme le reste du monde et ses conséquences économiques seront toutes aussi importantes en Chine qu’ailleurs), le retard pris, volontairement ou non, a alerté le reste du monde est jugé, à tort ou raison, comme responsable d’une pandémie qu’il aurait été plus facile à maîtriser si nous avions été incités à agir plus tôt. Surtout le fait de dépendre de la Chine pour l’achat de masques, d’équipements médicaux, de produits nécessaires à la fabrication de médicaments, a fait prendre conscience d’une excessive dépendance (difficulté à se faire livrer à temps, prix devenus subitement exorbitants, corruption sur certains marchés, qualité déficiente). La Chine a de plus échoué dans sa stratégie d’apparaître comme une forme de sauveur. Malgré des dons ici ou là c’est son impérialisme qui a été ressenti. Chacun aujourd’hui a conscience que nous ne pouvons plus dépendre à ce point de la Chine, qu’il va falloir relocaliser certaines productions essentielles, que nous devons veiller à ce que les grandes entreprises d’Etat chinoises ne profitent pas de la crise économique pour racheter nos entreprises, qu’il faut s’interroger sur l’entrisme chinois (exemple de l’OMS) dans les organisations internationales…Même en Afrique, on a pris conscience que les nombreux prêts de la Chine étaient synonymes d’endettement excessif et de pillage de ressources naturelles.

La Chine sera avec les États Unis l’une des deux puissances mondiales dans les prochaines années. Rompre avec elle serait une grave erreur. Il faut dialoguer avec elle. Son marché de plus d’un milliard d’habitants ne peut être négligé. Mais il faut cesser d’apparaître comme demandeur et de céder à diverses formes de chantage. Il convient d’exercer une pression sur la Chine pour qu’elle respecte les règles internationales, savoir protéger nos entreprises, résister à son agressivité diplomatique. Nous avons des arguments à opposer : la Chine a besoin de venir sur nos marchés (exemple de Huawei), les jeunes chinois ont soif de voyages.

Depuis la prise de pouvoir par Xi, la Chine s’est incontestablement refermée. Je l’ai personnellement constaté. Invité comme Recteur de l’académie de Montpellier en 2010 à développer des échanges éducatifs entre les villes jumelles de Montpellier et Chengdu, à créer une école française sur place, j’ai observé depuis 2/3 ans un retournement de cette politique. Les engagements pris ne sont plus tenus, les étrangers dans leur ensemble sont mal vus et les relations s’étiolent. Ceci dit, même autodésigné président à vie Xi ne sera pas éternel et il faut compter sur une opinion publique chinoise, certes muselée, qui ne supportera pas à terme un tel autoritarisme surtout dans un contexte de moindre croissance économique.

Respectons la Chine mais sachons être un partenaire exigeant. Pour être respecté en retour des Chinois, il faut savoir résister et ne pas céder à certaines pressions. Pour réussir ce défi, il ne faut pas affronter la Chine en ordre dispersé mais collectivement. Les Etats-Unis joueront toujours à part. Aussi voilà un nouvel exemple de la nécessité de plus d’Europe. Seule une stratégie commune européenne peut nous permettre de nous faire respecter par la Chine. Cette dernière l’a bien compris qui cherche, non sans succès, à travers sa politique dite des routes de la soie, de nouer des liens particuliers avec certains membres de l’Union européenne. Il y a urgence. Saurons-nous entre Européens prendre conscience qu’il y va de notre intérêt national de chacun ?

LE DROIT ELECTORAL


Je donne la parole ce matin à …. Romain Rambaud

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Promenade Moncey - Plaisir


Quel plaisir par cette belle fin de mois de mai de voir la promenade Moncey prendre sa forme définitive.

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Avec Lucie Briatte et Catherine Panassier nous avons rêvé, puis travaillé sur ce projet.

Le voir dans la réalité et sous le soleil est un plaisir immense

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Irèna Sendler, 1942


En son souvenir …Pour son courage de se battre

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Irèna Sendler, 1942

Récemment décédée à 98 ans, elle demanda pendant la 2ème guerre mondiale à aller travailler dans le Ghetto de Varsovie, comme plombier serrurier. Elle avait une motivation bien particulière, elle connaissait les plans d’extermination des nazis envers les juifs, elle était Allemande.

Irène a caché des enfants dans le fond de sa boite à outils qu’elle transportait à l’arrière de son véhicule ainsi qu’un grand sac (pour les enfants plus grands).

Elle avait aussi un chien à l’arrière qu’elle a entrainé à aboyer quand les soldats allemands la contrôlaient à l’entrée à la sortie du ghetto. Les soldats ne pouvaient rien contre le chien qui couvrit en fait le bruit que pouvaient faire les enfants.

Elle sauva 2500 enfants en les cachant ainsi.

Elle fut arrêtée et les nazis lui brisèrent les jambes, les bras et la torturèrent très sévèrement.

Irena garda tous les noms des enfants qu’elle avait sortis du Ghetto et garda ces noms dans une jarre en verre enterrée derrière un arbre, au fond e son jardin derrière sa maison.

Après la guerre, elle essaya de localiser tous les parents qui avaient pu survivre et tenta de réunir les familles, mais la plupart avaient été gazés.

Les enfants qui avaient été sauvés ont été placés dans des familles d’accueil et ont été adoptés.

L’année dernière, elle a été proposée pour le « Le prix Nobel de la Paix », mais n’a pas été retenue (C’est Al Gore qui fut primé pour son film ‘sur le réchauffement de la planète » !!!).


En sa mémoire, 63 ans plus tard, je participe à cet anniversaire, très modestement en publiant ce texte.

Sanofi : un autre regard


Je donne la parole à …  Loic Le Floch-Prégent


Décidément le confinement va conduire une grande partie des politiciens et des commentateurs dans ce qu’il reste d’hôpitaux psychiatriques : une polémique inouïe s’est développée à l’encontre du propos du Président de Sanofi sur la mise sur le marché d’un éventuel vaccin étudié en co-développement avec leur collègue GSK, autre géant pharmaceutique, d’origine, lui, britannique. Cette association a reçu l’appui de l’administration américaine pour 30 millions de dollars immédiatement, et d’une précommande importante qui, si le vaccin parait prometteur, sera prioritaire.

Ces deux entreprises sont privées, Sanofi, développée dans le giron d’Elf-Aquitaine, a fini par être entièrement privatisée. Comme les autres grandes entreprises de santé elle se développe sur le marché mondial et les USA représentent le pilier le plus important de tout développement de nouveau produit. Les ossatures des Sanofi et GSK sont encore françaises et britanniques, mais ces entités sont mondiales et dirigées comme telles. Si la France avait désiré garder une entreprise « nationale » pharmaceutique, il suffisait, soit d’y garder une participation publique, soit d’inciter les épargnants français à conserver une part importante du capital de façon à assurer la permanence d’un caractère national à cette entreprise. Cela n’a pas été le cas et aucun politicien, je dis bien aucun, n’a daigné s’en préoccuper. Lorsqu’en 2015 Sanofi a effectué la cession de sa filiale Mérial (vaccins vétérinaires) à Boehringer (Allemagne), illustrant ainsi sa mondialisation intégrale, aucune protestation non plus. Sanofi est donc une entreprise mondiale d’origine française (et même nationalisée), dont les capitaux sont détenus par une large majorité d’américains, la famille Bettencourt conservant une dizaine de pour cents obtenus lorsque la filiale de l’Oréal, Synthélabo, a été absorbée en 1999.

Politiciens et commentateurs n’ont donc aucune raison de pousser des cris d’orfraie. Les dirigeants de Sanofi gèrent leur entreprise et en répondront devant leurs actionnaires.

Sur le fonds du dossier, maintenant, l’hypothèse d’un vaccin à développement rapide est aléatoire. Les prophètes qui savent tout de l’avenir émettent des vœux, d’autres font des chèques, mais la réalité c’est que l’on ne sait pas encore tout du Covid-19 et qu’en conséquence on ne sait toujours pas si l’existence d’un vaccin dont l’action serait durable est vraisemblable. Deux risques, au moins, celle d’un virus mutant et celui d’une «séropositivité» courte, trop courte. A côté de ces risques, bien connus des spécialistes mondiaux de premier plan que sont les équipes de Sanofi issues, en particulier des Instituts Pasteur et Mérieux, il y a des sommes colossales en jeu de dépenses, en particulier les essais préalables à la mise sur le marché. Enfin, la pandémie ayant mis à plat l’économie mondiale, si un vaccin est « homologué», le monde entier en voudra, et il sera difficile de le lui refuser, alors que le monde solvable est beaucoup plus étroit, donc ces dépenses colossales risquent aussi de conduire, en cas de succès, à une rentabilité faible pour la ou les entreprises sélectionnées.

Ces prises de risques, les entreprises pharmaceutiques y sont habituées, et c’est la forêt de normes et règlements qui ont conduit aux grandes concentrations que nous connaissons : pour pouvoir « encaisser » un échec, il faut avoir les reins solides, car on parle de milliards, d’où la recherche d’un partenaire pour limiter les risques.  Par ailleurs, si l’on passe les obstacles américains, il est rare que l’on ne passe pas tous les autres, tandis qu’en Europe, et plus particulièrement en France le sentiment partagé par le monde de la santé c’est que nous sommes lents, procéduriers, et qu’un avis positif n’a pas de poids vis-à-vis de l’administration américaine. Tous les laboratoires en ont donc conclu à la nécessité de toujours commencer par les USA. Ce n’est pas nouveau, c’est connu, comme est reconnu par tous le caractère tatillon des administrations nationales en ce qui concerne les normes et règlements qui handicapent depuis des années l’ensemble du secteur de production français.

Le marché essentiel est donc celui des USA, c’est le passage obligé pour inonder le marché mondial, les américains sont, en grande partie, propriétaires des entreprises, l’administration américaine finance la première phase de mise au point et se dit prête à multiplier par 10 ou 100 cette première mise de fonds, dans quel monde les « ex-confinés » français vivent-ils ? La Commission Européenne veut-elle jouer la partie ? Il fallait se réveiller plus tôt aussi bien sur les règles que sur l’argent à engager. Elle en a toujours la possibilité, mais GSK est en plein Brexit, cela ne va pas être facile !  Et la France ? Elle a perdu la partie définitivement dans les années 2010/2015, elle n’a pas drainé l’épargne des Français vers Sanofi, elle a laissé les fonds de pension et autres fonds de toute nature s’emparer de sa pépite pharmaceutique, comme pendant la même période elle a laissé aller un grand nombre de ses fleurons, gros ou petits. Elle peut s’interroger sur le départ de fabrications de produits essentiels, les principes actifs, vers l’Asie, Chine et Inde en particulier. Elle verra qu’elle a été insouciante et que l’application absurde des normes pesant sur la chimie nationale (principe de précaution mal digéré) a accéléré le processus.

Ça y est, le déconfinement arrive, remettez -vous la tête à l’endroit.

L’avis du conseil constitutionnel



Le conseil a validé la loi qui prolonge l’état d’urgence sanitaire jusqu’en Juillet mais a associé des éléments liés à l’isolement et aux traçages des malades et de leurs contacts.

Il a notamment :

- Limité le nombre de personnes pouvant accéder aux dossiers ;

- Ordonné qu’un juge des libertés puisse effectuer un contrôle si le malade ne peut pas sortir (plus de 12h) de son lieu de confinement (donc dans tous les cas) ;

- Censuré l’isolement complet ;

- Censuré l’accès aux listes des malades et des contacts pour les CCAS ;

- Emis des réserves sur la collecte et la traçabilité des dossiers et renforcé le rôle de la CNIL.

Le conseil constitutionnel est un fleuron de la démocratie. Il faut en être conscient.



Qui surveille qui ?


« Contact tracing » est le nouveau mot d’un gouvernement qui n’a pas encore perdu sa fascination pour l’anglais.

Il s’agit d’un fichier de patients Covid+ et de leurs contacts qui associe 51 – DEP (pour les tests) et contacts Covid (pour le suivi).

Ces fichiers posent la question du secret médical, du consentement éclairé et des atteintes à la liberté individuelle.

L’Assemblée nationale, les syndicats de médecins, le comité d’éthique, la CNIL et le conseil constitutionnelle ont participé à un débat qui a allègrement confondu ce qui existe (maladies à déclaration obligatoire comme la tuberculose) et ce qui n’existe pas (croisement de fichiers nominatifs).

Demain, je résumerai l’avis du conseil constitutionnel.

Précautions excessives dans une période spéciale ? L’avenir le dira mais, à mon avis, dans ce domaine vaut mieux trop que pas assez.


Le virus n’est pas populiste


Les régimes autoritaires et populistes n’ont pas marqué de points pendant la crise sanitaire.

Pekin a soutenu l’efficacité de son régime mais le temps a montré que cela reposait sur un tissu de mensonges et de désinformation.

Vladimir Poutine est au plus bas dans les sondages en Russie où la désorganisation et l’Etat déplorable du système de santé ont été mis en évidence.

Trump s’est ridiculisé plusieurs fois mais la prime revient à l’ingestion de détergents dont on n’a pas compris si c’était in-situ ou par la bouche.

Bolsanaro vient de voir son 3ème ministre de la santé démissionner et sauf à supprimer les élections, son sort est déjà scellé dans un pays dévasté par le virus.

Et à part ca la baisse du prix du pétrole destabilise le gaz de schiste américain, la Russie, mais aussi et surtout l’Iran et les monarchies du golfe.

Marine Le Pen est inaudible et le FDP est passé pour la première fois depuis 5 ans sous la barre des 10% en Allemagne.

Le virus est démocrate !

La parole à … Christian Philip


CONFINEMENT, DÉCONFINEMENT ? !

Nous voici “déconfinés “, mais évidemment ce n’est pas un retour à la vie normale. Il va falloir pendant plusieurs mois apprendre à vivre avec le virus. La sécurité sanitaire est primordiale. Elle ne pouvait cependant pas imposer un confinement prolongé vu le choc économique qu’entraîne cette pandémie.

Les Français ont-ils vraiment conscience des conséquences économiques de ces deux mois de confinement ? Le Président Macron ayant dit qu’on ne compte plus, notre habitude nationale à tout attendre de l’Etat étant bien connue, la France ayant institué depuis mars le système de droit de garde et de chômage partiel le plus favorable au monde, je doute que chacun mesure les effets de ce temps d’arrêt de notre économie.

Il est vraiment urgent de repartir, peut-être même le faisons nous trop lentement et avec trop de restrictions. Un seul exemple : pourquoi ne pas autoriser l’ouverture des bars et restaurants disposant d’une terrasse et seulement l’exploitation de cette dernière en y respectant le mètre de distanciation physique ?

L’équilibre entre sécurité sanitaire et reprise économique n’est pas facile à établir. Je comprends la peur de beaucoup. Le déconfinement entraînera nécessairement ici ou là une reprise des contaminations. Il faudra peut-être accepter des périodes dites de ” stop and go ” pouvant conduire à un nouveau confinement temporaire pour un territoire déterminé, et ce jusqu’à la disposition d’un vaccin (si vaccin il y a) ou l’extinction de la pandémie. Mais il faut bien vivre et la vie est synonyme de risques. Bien-entendu il faut ne pas prendre le Covid-19 à la légère. Sa contagiosité et la surcharge des hôpitaux en capacités de réanimation entraînent des contraintes spécifiques. Aussi, l’Etat et les collectivités locales doivent édicter des règles exceptionnelles à cet effet. Cependant le risque zéro n’existe pas. On peut mourir d’un cancer ou d’un accident, de la grippe, d’un AVC ou d’un infarctus, toutes causes représentant bien plus que les décès enregistrés par ce coronavirus (plus de 600000 décès par an en France).

Il est temps que la France redémarre.

Attention à ne pas prendre de retard par rapport aux autres pays. Déjà au premier trimestre, le recul de notre PIB est le plus important de la zone euro (5,8/100 contre 3,8 en moyenne et 2/100 en Allemagne ; l’Espagne et l’Italie reculent moins que nous) et pour l’ensemble de l’année les prévisions sont identiques.

Attention également à ne pas ajouter une crise sociale à la crise économique ce qui ne serait pas une surprise chez nous ! Les sondages montrent que le Gouvernement français est celui en Europe dont la gestion de la crise est le plus contesté (les cafouillages permanents n’ont pas aidé à instaurer la confiance !).

Attention à ne pas céder à une démagogie pré-électorale jusqu’en 2022.

Au contraire, serons-nous capables de nous déconfiner idéologiquement et de prendre des initiatives pour un vrai nouveau départ ? Capables de miser sur une économie decarbonée et de prendre de l’avance sur d’autres États ? Capables de réindustrialiser en France certaines productions nécessaires à notre indépendance ? Capables de convaincre l’Union européenne de se réformer quitte à accepter d’avancer, au moins dans une première étape, qu’avec ceux de nos partenaires volontaires (l’unanimité à 27 est impossible et synonyme de paralysie) ? …

Jamais nous n’avions connu un moment comme celui que nous vivons. La France peut décrocher, si elle se replie sur elle-même, se reconfine en sorte… et ainsi se condamne. Sachons relever le défi et nous déconfiner vraiment.