En janvier 2023, j’ai publié une vidéo dans laquelle j’expliquais comment croire en une entité supérieure avait littéralement changé ma vie. En quelques jours, elle a cumulé plusieurs millions de vues et des dizaines de milliers de commentaires. Certains bienveillants, d’autres beaucoup moins. Parmi ces derniers, une critique revenait sans cesse : ceux qui croient en une entité supérieure sont des fainéants qui attendent que les choses leur tombent du ciel. Cette rengaine est souvent entendue, car elle est confortée par la croyance populaire qu’elle dénonce. Pourtant, en y regardant de plus près, la réalité est bien différente — et infiniment plus riche. Et si cet acte en apparence soumis était en réalité la clé de la responsabilisation ultime ? Voici pourquoi (et comment) dans cet article.
L'"entité supérieure" décryptée : bien plus qu'une simple définition
Définition brute : que disent les dictionnaires ?
Commençons par le socle le plus froid ! Le terme "entité supérieure", selon les dictionnaires, désigne d'abord une organisation ou une institution dotée d'une autorité sur d'autres. Dans un contexte juridique ou administratif, il s'agit typiquement d'un organe central (État, institution européenne, conseil de direction) qui prend des décisions engageant tout un groupe.
C'est une définition limpide pour qui cherche la simplicité : synonyme d'autorité, de pouvoir décisionnaire, rien de plus. Certains manuels de droit mentionnent l'entité supérieure comme l'échelon ultime dans la hiérarchie – pensez à la Cour suprême ou à une holding internationale encadrant ses filiales. Sur Reverso Dictionnaire, on retrouve ce sens : « organisation ayant autorité sur plusieurs entités dépendantes ».
Première anomalie : cette lecture purement organisationnelle est rarement celle qui suscite la quête intérieure du lecteur en naturopathie ou en développement personnel.
Ce prisme légal ou commercial est fonctionnel, mais il s'avère tristement déconnecté de ce qui agite les nuits des chercheurs de sens… Quel paradoxe.
Au-delà des mots : la perception spirituelle et philosophique
Mais est-ce vraiment de cela dont nous parlons ici ? Qui vient consulter un thérapeute pour résoudre ses démêlés avec l'administration fiscale ou le conseil syndical ? Non ! Pour 99 % des personnes, l'entité supérieure incarne une force invisible, parfois appelée "Conscience Universelle", "Source", "Dieu" ou simplement "le Grand Mystère". C'est un terme tremblant d'humilité face à l'indicible.
Dans mon parcours – et je ne m'en cache pas – j'ai rencontré des individus allergiques aux dogmes religieux mais bouleversés par une intuition profonde : « Il y a quelque chose de plus vaste en jeu ». On tente alors maladroitement de nommer cette impression par des mots : force supérieure, harmonie cosmique ou intelligence sous-jacente. Ce glissement du mot technique vers la sensation vécue constitue toute la magie et toute l'ambiguïté du concept.
Entité vs entité supérieure : une différence de taille (et de conscience)
Soyons clairs : toute entité n'est pas « supérieure ». Le mot "entité" se contente d'affirmer une existence (« ceci existe »). Un rocher est une entité, tout comme un organisme ou une entreprise.
L'adjectif « supérieure » ne vise PAS à établir un classement mesquin mais introduit la notion capitale de transcendance. C'est l'idée qu'une conscience, un pouvoir d'influence ou une énergie échappe à notre individualité limitée : on passe alors du simple constat « je suis » à l'intuition « nous sommes interconnectés à quelque chose qui nous dépasse ».
Anecdote : lors d'un atelier à Lausanne, une participante me confia que pour elle, son chat était déjà une entité… Mais sa capacité à ressentir la paix dans certaines forêts relevait carrément du contact avec « quelque chose de supérieur ». Ce saut qualitatif mérite réflexion : où placer exactement le curseur entre l'ordinaire et le transcendant ? Nul dictionnaire n'y survivra sans prendre quelques rides.
Les multiples visages de l'entité supérieure : où la rencontre-t-on ?
La dimension spirituelle et religieuse : Dieu, l'Univers, la Source...
Impossible d’ignorer que le concept d’entité supérieure traverse toutes les cultures, sous des noms multiples – parfois antagonistes, souvent complémentaires. Ce qui frappe ici, c’est l’imagination humaine pour nommer l’indicible. Voici un aperçu non exhaustif des appellations les plus courantes :
- Dieu (tradition monothéiste)
- Le Grand Esprit (cultures amérindiennes)
- L’Univers (spiritualités contemporaines)
- La Source ou l’Origine (courants new age)
- Le Tao (philosophie chinoise)
- Brahman (hindouisme)
- La Conscience collective (psychologie transpersonnelle)
- Le Grand Tout ou Cosmos ordonnateur (stoïcisme, certains physiciens)
Chaque époque et chaque tradition tente d’exprimer cette intuition : il existe une réalité plus vaste, à laquelle nous pouvons nous relier.
Vous souhaitez approfondir la nuance entre "entité supérieure" et "entité spirituelle" ? Qu'est-ce qu'une entité spirituelle ?
La perspective philosophique : peut-on être athée et y croire ?
Croire en une force supérieure relève-t-il forcément du religieux ? Voilà une question qui chatouille les rationalistes… Et pourtant : selon une étude relayée sur Reddit, environ 51 % des scientifiques déclarent croire en Dieu ou en une puissance supérieure ! Difficile de faire mieux comme paradoxe…
Certains philosophes comme Spinoza ou Einstein se revendiquaient totalement athées dans le sens classique du terme… mais reconnaissaient pourtant un ordre supérieur :
« Je crois en le Dieu de Spinoza qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, non en un Dieu qui se soucie du destin et des actions des êtres humains. » (A. Einstein)
On touche ici à une forme d’admiration quasi mystique devant la cohérence mathématique de l’univers : point n’est besoin d’imaginer un vieil homme barbu sur son nuage pour sentir qu’une force mystérieuse structure le réel… Certains parlent alors « d’élégance », « d’intelligence immanente » ou simplement de beauté fondamentale.
Petite anecdote : lors d’un colloque à Genève, j’ai vu un astrophysicien avouer que contempler le ciel nocturne lui inspirait davantage d’humilité que toutes les prières apprises enfant ! Il ne priait pas – il ressentait seulement cette stupeur face à l’immensité et – osons-le – un sentiment de connexion inexpliquée.
L'approche psychologique : un concept de notre propre esprit ?
Là encore surprise : la psychologie ne fuit pas le débat ! Pour Carl Jung, figure centrale de la psychologie des profondeurs, l’entité supérieure n’est pas forcément extérieure. Il introduit l’archétype du Soi :
- Le Soi représente la totalité psychique, consciente ET inconsciente.
- C’est le noyau organisateur qui pousse chacun vers sa complétude.
- Rencontrer "plus grand que soi" serait donc aussi rencontrer la partie la plus sage et vaste de notre psyché.
La transcendance ne serait-elle alors qu’une projection de nos potentialités inexplorées ? Cette hypothèse dérange, mais elle a le mérite de proposer une lecture holistique : peut-être cherchons-nous dehors ce qui sommeille dedans.
Se connecter à une force supérieure : un dialogue avec soi-même ?
Écouter son corps : le premier messager
Oubliez la science-fiction, l'écoute du corps est notre technologie la plus avancée – et pourtant sous-estimée ! Avant de parler d'entités ou de transcendance, il faut réapprendre à décoder les signaux physiques : ces fameux « frissons de vérité », les papillons dans le ventre, ou ce poids soudain sur les épaules lorsque tout sonne faux. Ces manifestations ne relèvent pas du folklore, mais d'une intelligence biologique subtile que la psychologie biodynamique a étudiée : notre intuition se loge dans les sensations viscérales, pas dans l'opinion.
À Lausanne, lors d'une séance, un patient m'a dit : « Quand je prends une décision qui va contre mon ressenti profond, c'est comme si mon estomac se tordait – c'est là que je sais que je me trompe. » Rien de mystique ici, juste une interface corporelle sensible, capable de détecter l'alignement ou le désalignement avec notre trajectoire.
Les recherches récentes insistent sur cette écoute : apaiser son mental (méditation, respiration) permet aux évidences enfouies de remonter à la surface (source). Le corps n'est pas une machine qui obéit à l'esprit — il est une boussole. Il capte souvent bien avant nous ce qui fait sens ou non sur notre chemin.
Mythe ou réalité : faut-il un rituel pour se connecter ?
On s’imagine souvent qu’accéder à une force supérieure exigerait des rituels ésotériques ou des postures exotiques. Erreur classique. La connexion n’est ni performance ni spectacle. Elle peut naître dans la banalité – oui, même en buvant un café en silence face au soleil levant.
Les pratiques efficaces sont toujours d’une simplicité désarmante : marcher en forêt sans musique (la fameuse "marche consciente"), écrire librement ses ressentis (journal intuitif), contempler longuement une œuvre d’art ou une étoile filante… Ces actes ordinaires deviennent des portails insoupçonnés vers l’écoute profonde.
Certains utilisent des applications modernes pour méditer (App Store, Play Store), pourquoi pas… Mais aucun outil numérique ne remplacera l’attention nue qu’on s’accorde. Ce n’est pas l’outil qui fait la connexion ; c’est votre disposition intérieure. Ceux qui prétendent le contraire vendent du mythe, pas du vécu !
L’accès au subtil ne se mesure ni au nombre de rituels accomplis ni aux heures passées assis en tailleur. C’est la qualité de présence à soi qui ouvre la porte.
De la soumission à la co-création : changer de regard
On entend trop souvent que croire en une force supérieure revient à déposer ses responsabilités et attendre un miracle… Cette caricature ferait sourire si elle n’était pas aussi répandue.
S’aligner avec quelque chose de « plus vaste » — appelez-le Univers, Tao, Flux — ce n’est PAS abdiquer sa volonté, mais choisir d’agir avec discernement et réceptivité. Croire en une entité supérieure implique d’écouter ce courant invisible pour mieux orienter nos propres actions.
La vraie transcendance n’est pas soumission, mais co-création ! C’est accepter que nos décisions prennent puissance lorsqu’elles épousent le sens général de notre vie — plutôt que lutter vainement contre lui. On cesse alors d’être victime du hasard pour devenir partenaire actif du mouvement global.
Ceux qui vivent cela témoignent qu’ils agissent moins… mais agissent mieux, avec une justesse déconcertante. La croyance n’est jamais paresseuse quand elle devient engagement personnel.
Alors, l'entité supérieure : béquille ou boussole ?
À force de vouloir trancher entre superstition et rationalité, on oublie la fonction première de cette idée : servir de repère dans le chaos du quotidien, pas de fuite devant lui. Les dernières recherches et témoignages (voir certains forums ou études existentielles) montrent que croire – ou simplement sentir – une "force supérieure" peut stimuler la résilience, accroître l'autonomie psychique et aider à traverser les périodes d'incertitude. Mais attention au mirage : ce n'est pas la croyance en soi qui fait grandir, c’est ce qu’elle nous pousse à affronter, à transformer.
Loin d'être une simple béquille, cette notion agit comme une boussole intérieure : elle invite chacun à s'interroger sur sa propre trajectoire plutôt que de se reposer sur un destin tout tracé. C’est là toute la nuance : il ne s’agit pas d’attendre que tout tombe du ciel, mais de questionner sans relâche ce qui nous relie à plus vaste que soi — et ce que nous faisons concrètement pour incarner cette connexion.
Et pour vous, si cette entité supérieure n'était ni au-dessus, ni à l'extérieur, mais profondément en vous ? C'est peut-être là qu'il faut commencer à creuser.




